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La Piazza San Carlo fut construite au début du XVIIe siècle suite à l’expansion de la ville ordonnée par les ducs de Savoie. En effet, lorsque Turin devint la capitale des Etats de Savoie en 1563, elle était encore enserrée dans ses anciennes murailles.

Charles-Emmanuel Ier de Savoie demanda à l’architecte Ascanio Vittozzi, puis, à la mort de ce dernier, à l’architecte Carlo di Castellamonte la percée d’un axe large de 10 mètres pour desservir les nouveaux quartiers. Cet axe fut baptisé Via Nuova (rebaptisé Via Roma en 1871). Le projet comprenait également la création d’une place le long de cette nouvelle rue. Carlo di Castellamonte dessina une place de forme rectangulaire semblable aux places royales de Henri IV, et Christine de France, la veuve de Victor-Amédée Ier, ordonna la construction d’arcades monumentales pour l’entourer. En 1638, la place fut inaugurée et baptisée la Piazza Reale. Plus tard, elle prit le nom de Piazza d’Armi; sous l’occupation française, elle est devenue Place Napoléon, pour finalement acquérir son nom actuel: la Piazza San Carlo en l’honneur de San Carlo Borromeo.

Les deux églises, aujourd’hui jumelles, qui la bordent à une de ses extrémités ont eu pendant longtemps des façades bien différentes. La première, Santa Cristina, construite à la demande de Christine de France par Carlo et Amedeo di Castellamonte en 1640, reçut sa façade en 1718, sous Victor-Amédée II de Savoie. L’autre église, San Carlo Borromeo, construite à la demande de Charles-Emmanuel Ier qui avait connu le saint dans sa jeunesse, ne reçut sa façade qu’en 1834, sur le modèle de Santa Cristina.

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En 1831, le roi Charles-Albert de Savoie commanda à Carlo Marochetti une statue équestre pour célébrer le duc de Savoie Emmanuel-Philibert. Le Caval ëd Brons fut inauguré en 1838 au centre de la place et représente le duc en train de rengainer son épée après sa victoire sur la France à la bataille de Saint-Quentin en 1557.

En 1851, le célèbre café San Carlo ouvrit ses salles sous les arcades. Il deviendra le premier café en Europe à s’équiper de l’éclairage au gaz et sera le lieu de rassemblement des artistes et des intellectuels. C’est là que le prince des solitudes, le duc des Abruzzes Louis-Amédée de Savoie, planifia l’équipée italienne vers la latitude la plus septentrionale de la planète jamais franchie par l’homme en 1899; qu’Antonio Gramsci conçut le journal L’Ordine Nuovo; et qu’Alexandre Dumas but son premier bicerin.

En 1864, la Piazza San Carlo fut un des théâtres du tragique massacre de Turin, lorsque les Turinois se rassemblèrent pour manifester contre la décision de transférer la capitale du nouvel état italien de Turin à Florence. Des erreurs de communication chez les militaires provoquèrent les premiers tirs sur la foule qui se trouvait encerclée. Il y eut plusieurs dizaines de morts et les traces des balles sont encore visibles au pied du caval ‘d brons.

Depuis 2004, la circulation y est interdite et elle est devenue un des lieux de choix pour les manifestations culturelles organisées par la ville. Pendant la journée, il est possible maintenant de s’y promener en toute quiétude et d’en admirer les élégantes proportions, alors que le soir, la place est bondée de garçons qui regardent les filles pendant que les filles regardent les garçons regarder les filles qui passent… comme le chante si bien Andy Williams.

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