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Dans mes jeunes années, je prenais régulièrement ma voiture le vendredi soir pour aller passer le week-end en Italie. Je n’avais jamais de plan précis, mais me dirigeais souvent vers les petites villes lombardes que j’affectionne toujours autant. Mon seul souci était d’éviter Milan que je considérais, sans jamais y être allée, comme un monstre tentaculaire où ma Renault 5 et moi allions irrémédiablement nous perdre. Un jour pourtant, j’ai pris mon courage à deux mains et me suis lancée à la conquête de la ville. C’était un samedi de printemps, j’avais dormi la veille à Turin où j’avais dîné sur la piazza San Carlo, et je me sentais assez forte pour affronter les méandres de ce labyrinthe, même sans fil d’Ariane. Je dois dire qu’il était à l’époque plus facile de circuler en voiture dans les villes italiennes et je ne craignais pas de prendre quelques sens interdits ou rues piétonnes pour arriver à ma destination. Je m’étais munie d’un plan à petite échelle, donc parfaitement inutile, mais j’avais une vague idée des directions à prendre pour arriver au centre. Après quelques difficultés (déjà!), j’ai enfin atteint ce qui m’a semblé être le coeur de Milan. Alors que je longeais les contreforts d’une église, je suis parvenue sur une grande place où j’ai trouvé un coin de trottoir pour me garer. C’est alors que je l’ai vue…

J’en ai eu le souffle coupé. Jamais je n’avais vu une cathédrale aussi belle, aussi majestueuse, aussi spectaculaire. Elle était massive et imposante, mais ses dentelles de pierre la rendaient aussi fragile qu’une construction de verre. Il se dégageait une lumière vibrante de sa façade et ses flèches semblait bruisser comme mille rameaux au vent. J’avais devant moi ce qui me semblait être une forêt enchantée qui s’élançait vers le ciel. J’ai été tellement impressionnée que je n’ai pas remarqué tout de suite les statues, les bas-reliefs ou les vitraux, je ne voyais qu’une magnifique architecture qui invitait à l’élévation spirituelle et au respect de la foi des hommes en Dieu. Lorsque je suis entrée, je me suis retrouvée dans la pénombre d’un sous-bois. Autour de moi, les piliers, tels des troncs d’arbres séculaires, supportaient une cime d’entrelacs d’ogives gothiques et la sobriété apparente de l’intérieur suggérait le recueillement et la prière. Sobriété apparente, car la cathédrale contenait tellement de richesses que je suis restée plusieurs heures à parcourir les travées, à admirer les vitraux et à découvrir les chapelles. J’ai fini ma visite en montant sur le toit pareil à une forêt suspendue avec ses centaines de flèches et statues magnifiquement sculptées qui se détachaient dans le bleu du ciel. Alors que je contemplais Milan et la gigantesque toile d’araignée que formaient ses rues, j’ai aperçu en bas une minuscule tache verte, ma Renault 5, seule voiture garée sur l’immense place. J’ai dévalé les quelque mille marches pour la récupérer avant que la fourrière ne l’embarque et ai quitté la ville avec le souvenir d’un joyau merveilleux dont jamais je n’oublierai l’éclat.

L’histoire de la cathédrale est tellement riche que je ne vois pas comment je pourrais la résumer en un article. Je vous laisse la lire sur l’article de Wikipédia (lien ci-dessous) qui est excellent et je vais simplement mettre les photos qui me touchent le plus. Bonne visite!

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