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En 1930, l’aviation civile italienne comptait cinq compagnies aériennes et, avec ses 10 000 passagers transportés par année, l’Italie était troisième en Europe, après l’Allemagne et la France, devant la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. A cette époque, Mussolini décida d’aller plus loin et d’établir des liaisons intercontinentales régulières pour le transport de passagers, de marchandises et de courrier, avec l’Afrique où se trouvaient les colonies italiennes et avec l’Amérique du Sud où s’étaient établis beaucoup d’Italiens.

Pendant l’hiver 1930-1931, deux expéditions furent organisées en parallèle: la première, du 28 octobre au 9 janvier, était le tour du continent africain de Rome au Cap et retour, menée par les aviateurs Francis Lombardi, Franco Mazzotti Biancinelli et Mario Rasini, sur trois Fiat AS.2; la seconde, du 18 décembre au 15 janvier, était la traversée de l’Atlantique Sud, d’Orbetello à Rio de Janeiro, dirigée par le ministre de l’Aéronautique, Italo Balbo, avec 14 Savoia-Marchetti S-55.

Trois ans plus tard, la liaison avec l’Amérique latine était prête, avec Buenos Aires comme destination finale, et le vol inaugural fut planifié pour janvier 1934. Les pilotes sélectionnés furent les héros du tour africain de 1930, Lombardi et Mazzotti et l’avion choisi le Savoia-Marchetti S-71, un trimoteur de 14 mètres de long et 21 mètres d’envergure, pouvant atteindre une vitesse de pointe de 235 km/h, avec une autonomie de 1 600 km. L’équipage était de quatre personnes et l’avion pouvait accueillir huit passagers. Il avait été en service depuis 1931 avec la compagnie aérienne SAM (Società Aerea Mediterranea) et était parfaitement adéquat pour affronter ce vol inaugural longue distance.

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Le départ eut lieu le 27 janvier 1934, sans passagers, mais avec le courrier, timbré de timbres spéciaux pour l’événement, à destination de l’Argentine et du Brésil. Le trajet était de 8 000 km, soit environ 41 heures de vol, avec des arrêts prévus à Casablanca, puis à Thiès (Sénégal) avant la traversée de l’Atlantique. Tout se passa bien jusqu’à l’arrivée sur le continent sud-américain le 29 janvier, où l’équipage se trompa de route et fut forcé d’atterrir, par manque de carburant, sur une plage près de Fortaleza, au nord-est du Brésil. L’avion fut endommagé en heurtant des rochers et ne put reprendre sa route. Les étapes brésiliennes de Natal, Bahia et Rio de Janeiro furent annulées et le courrier acheminé directement à Buenos Aires par la compagnie Pan American Airways, avec l’ajout d’une nouvelle estampille: trasportado por cortesia Pan American Fortaleza-Buenos Aires.

Même si la première liaison rapide Rome-Buenos Aires fut un échec, Mussolini persévéra dans son idée d’établir des liaisons intercontinentales régulières et il fonda la première compagnie aérienne nationale italienne, l’Ala Littoria, en fusionnant trois des compagnies privées existantes. La fusion fut annoncée officiellement le 28 octobre 1934, lors du douzième anniversaire de la Marche sur Rome. Deux semaines plus tard, pour l’anniversaire du roi Victor-Emmanuel III, la ligne Rome-Mogadiscio fut inaugurée.

NB: le timbre comporte une erreur. Amusez-vous à la trouver 🙂

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