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A la suite de la chute de l’Empire romain, la ville de Parme et sa région furent soumises à divers seigneurs, tantôt germains, tantôt byzantins, jusqu’en 779 où l’empereur Charlemagne accorda aux évêques le pouvoir sur la cité. Au XIIe siècle, lorsqu’éclata le conflit entre l’empereur Frédéric Ier Barberousse et le pape Alexandre III, Parme rejoignit la ligue lombarde contre l’empereur et devint une commune libre en 1183, après le traité de paix de Constance.

Au XIVe siècle, elle fut l’un des enjeux de la guerre entre les d’Este de Modène et les Visconti de Milan, auxquels elle fut finalement cédée en 1346. Pendant les guerres d’Italie de la fin du XVe siècle et du début du XVIe, le duché de Milan passa périodiquement sous domination française, mais le territoire milanais au sud du Pô, dont Parme et Piacenza, fut conquis définitivement par les forces pontificales en 1521.

Pour consolider son pouvoir sur Parme et Piacenza, le pape Paul III créa en 1545 le duché de Parme et Piacenza et l’offrit à son fils, Pierre-Louis Farnese. Malheureusement, ce dernier fut assassiné deux ans plus tard, et son successeur, son fils Octave, ne trouva l’approbation ni de Paul III (son grand-père), ni de l’empereur Charles Quint (son beau-père) qui se méfiaient l’un de l’autre. Octave se tourna alors vers les Français qui s’engagèrent, en 1551, dans une guerre contre les forces impériales et pontificales et imposèrent les Farnese sur le trône ducal.

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Les Farnese régnèrent pendant presque deux siècles et donnèrent huit ducs au duché. Le premier, Pierre-Louis, oeuvra immédiatement à la prospérité de son territoire. Il ordonna la construction de nouvelles voies de communication pour favoriser le commerce et développa le service postal. Il réforma le système administratif et judiciaire et décida l’ouverture de collèges universitaires enseignant la médecine, le droit et la littérature grecque et latine. Afin d’assainir et de rationaliser la gestion les finances, il assujettit tous les habitants aux paiements de taxes et supprima les exemptions injustifiées. Par contre, il supprima l’impôt sur le bétail, afin de donner une plus forte impulsion à l’agriculture.

Son duché ayant été fondé au détriment du duché de Milan, Pierre-Louis se savait menacé. Il s’entoura d’une garde personnelle, créa des légions de fantassins et fit édifier la forteresse de Piacenza. Il fut néanmoins assassiné en 1547, par un noble de Piacenza, sur ordre de Ferdinand Ier Gonzague, gouverneur de Milan et allié de Charles Quint. Son fils, Octave, poursuivit sa politique économique.

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Le quatrième duc, Ranuce Ier, régna pendant 30 ans, de 1592 à 1622. Il fut le premier à ne pas engager le duché dans une guerre et il réorganisa les structures administratives du gouvernement, s’assurant un pouvoir sans partage avec l’ancienne aristocratie féodale. Il encouragea le commerce et les industries de la soie et de la faïence et agrandit Parme, en faisant réaménager les remparts de la ville. Il interdit la culture du riz, à cause des risques de malaria, et fit construire des berges le long des fleuves pour assainir les marécages.

Son fils, le duc Edouard, reprit la politique militaire de ses aïeux et hypothéqua fortement les avoirs des Farnese pour financer son armée. A tel point qu’à sa mort, en 1646, son fils Ranuce II, ne put faire face aux exigences de remboursement du pape et perdit le duché de Castro, au nord de Rome, en possession de la famille depuis 1537. Toutes les possessions des Farnese furent saisies, sauf le palais Farnese de Rome, celui de Caprarola et le duché de Parme.

Le septième duc, François, hérita en 1694 d’une situation financière désastreuse. Il suspendit toutes les dépenses inutiles, licencia une grande partie des serviteurs et mit fin aux spectacles et banquets de la cour. Il évita à tout prix la guerre, lui préférant la diplomatie et, afin de ne pas perdre la dot, il se maria avec Dorothée Sophie de Neubourg, la veuve richissime de son frère aîné mort avant leur père. Son règne est considéré comme éclairé, car il distribua plus équitablement la charge fiscale soumise à son peuple, fit réaliser une construction hydraulique pour défendre la ville de Piacenza de l’érosion du Pô, favorisa le développement de l’université de Parme et du collège des Nobles, encouragea l’étude du droit public, de l’histoire, des langues et de la géographie et protégea les artistes, les écrivains, les musiciens et les dramaturges.

Il n’eut pas d’enfant avec sa femme et, à sa mort, son frère Antoine, le dernier duc Farnese, lui succéda. Ce dernier mourut également sans descendance et le trône ducal passa aux mains des Bourbons d’Espagne en 1731. En effet, Dorothée Sophie de Neubourg, la femme du duc François, avait eu une fille, Elisabeth, avec son premier mari, Edouard Farnese. Cette dernière avait épousé le roi Philippe V d’Espagne et c’est leur fils, Charles, qui reçut en héritage le duché de Parme.

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En 1735, lors des préliminaires du traité de Vienne qui mit fin à la guerre de succession de Pologne, le duché fut cédé aux Habsbourg, mais revint, à la fin de la guerre de succession d’Autriche en 1748, à la maison Bourbon-Parme. Il y resta jusqu’à l’arrivée des troupes napoléoniennes qui l’occupèrent en 1802.

Au Congrès de Vienne de 1815, le duché fut attribué à l’épouse de Napoléon, Marie-Louise d’Autriche, mais sans le droit de le transmettre à ses descendants. La « bonne duchesse », comme l’appelaient ses sujets, n’avait pas de pouvoir réel, car c’était le gouverneur mis en place par Vienne qui prenait toutes les décisions, mais elle réussit néanmoins à empêcher la mise en place d’une politique répressive contre les patriotes et révolutionnaires des années 1830. Par ailleurs, elle s’intéressa de près au sort de ses sujets, faisant construire des hôpitaux et des écoles de formation pour les femmes. On lui doit aussi l’aménagement néo-classique de sa capitale, la construction d’un nouveau pont et la fondation de théâtres, de conservatoires, de bibliothèques et de musées.

A sa mort, en 1847, les Bourbon-Parme revinrent au pouvoir. Ils furent obligés de s’exiler pendant quelques mois lors de la première guerre d’indépendance en 1848, et à nouveau lors de la seconde en 1859,  La dynastie des Bourbon-Parme fut déchue de ses droits sur le duché qui fut dissous le 15 septembre 1859. Le territoire de Parme et Piacenza entra dans la nouvelle province de l’Emilie, présidée par Luigi Carlo Farini qui organisa le plébiscite pour son rattachement au royaume de Sardaigne, puis, en 1860, à celui d’Italie.

Modena - Author: MapMaster

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