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Taormina

Les événements qui entourent la fondation de Taormina sont relativement flous. Elle fut vraisemblablement construite en 394 av. J.-C. après la destruction, par Denys l’Ancien, de la ville de Naxos située à quelques kilomètres plus au sud. Dès le milieu du IVe siècle av. J.-C., Tauromenium (comme elle s’appelait à son origine) devint une ville florissante sous le règne du grec Andromachus, pour ainsi dire le seul seigneur de cette époque en Sicile qui ne fut pas un tyran.

A la fin de la première guerre punique, en 241 av. J.-C., elle passa sous le contrôle romain. Lors de la deuxième guerre punique, trente ans plus tard, elle resta alliée aux Romains, ce qui lui valut le statut spécial de civitas foederata qui lui garantissait une large autonomie. En Sicile, seules les villes de Noto et de Messine bénéficièrent du même statut.

Ces années de prospérité et de paix cessèrent brutalement lors de la première guerre servile, en 139 av. J.-C. Les esclaves révoltés envahirent Taormina et en firent l’un de leurs bastions. La ville fut assiégée et affamée, et lorsque les Romains la reprirent, les esclaves, ainsi que les habitants, furent massacrés. Cent ans plus tard, elle se retrouva à nouveau dans une guerre qui ne la concernait pas, celle entre Sextus Pompée et les héritiers de César, Octave et Marc Antoine. En raison de sa situation stratégique, elle fut l’enjeu d’une bataille entre les deux armées en 36 av. J.-C. où Octave fut blessé. Lorsqu’enfin ce dernier défit Sextus, il fit de Taormina une colonie romaine, lui enlevant son autonomie, et chassa les habitants qui avaient soutenu son adversaire pour les remplacer par ses propres partisans venus de la péninsule.

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Après la chute de l’Empire romain, Taormina fut envahie par les Vandales et les Ostrogoths, puis fut soumise à l’autorité byzantine en 551. De par sa situation géographie sur un plateau entre le mont Tauro et la mer, elle fut l’une des dernières villes de Sicile à tomber entre les mains des Sarrasins qui la rasèrent en 902.

Ce sont les Normands qui la reconstruisirent après leur conquête de l’île en 1078 et elle connut plusieurs siècles de prospérité. Comme le reste de la Sicile, elle passa des Normands aux Hohenstaufen, puis aux Aragonais, aux Habsbourg et finalement aux Bourbons, avant d’être unifiée au royaume d’Italie en 1860.

Au XIXe siècle, grâce à de riches étrangers comme le baron allemand Wilhelm von Gloeden ou Lady Florence Trevelyan, elle devint une destination prisée de l’aristocratie et de l’intelligentsia européennes. Actuellement, Taormina fait partie de ces petits villages exclusifs de la Méditerranée, réservés à ceux qui ont les moyens de se les payer, comme Portofino ou Saint-Tropez, ce qui n’est malheureusement plus forcément un label de qualité.

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Taormina attire les touristes pour la beauté de sa situation géographique. Construit sur une terrasse du mont Tauro à 200 m. d’altitude, le village fait face à la mer ionienne avec une vue splendide sur le golfe de Naxos et l’Etna en arrière-plan. Le village médiéval a été particulièrement bien rénové et l’on peut y admirer plusieurs palais et églises, d’influence étrangère, construits par les colonisateurs qui l’ont dominé.

Les ruines romaines ont été remarquablement conservées, surtout l’amphithéâtre greco-romain qui offre une acoustique exceptionnelle. Le mur de scène tourne le dos à la mer, ce qui permettait, et permet encore, aux spectateurs sur les gradins d’assister à une représentation avec le panorama comme décor naturel. Actuellement, le théâtre accueille chaque été diverses manifestations culturelles, telles que le Taormina Film Fest, le Taormina Art ou, conjointement avec le théâtre de Tindari, le festival du Théâtre des Deux-Mers.

Taormina - Author: NordNordWest

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