Mots-clefs

verra1_big

Giovanni da Verrazzano est né en 1485 au château de Verrazzano à Greve in Chianti, d’une riche famille toscane. Peu est connu de son enfance et de son éducation. En 1506, à l’âge de 21 ans, il s’installa à Dieppe, en France, pour apprendre le métier de marin et effectua de nombreux voyages en Méditerranée orientale, ainsi que sa première traversée de l’Atlantique, en 1508, à bord d’un navire français affrété par l’armateur normand, Jean Ango. Lors de ce voyage, il explora les côtes de Terre-Neuve-et-Labrador, puis l’embouchure du Saint-Laurent.

A partir des années 1520, suite à la prise par la flotte française des caravelles espagnoles envoyées par Cortés à Charles Quint et chargées du somptueux trésor de Cuauhtémoc, le dernier empereur aztéque, la France prit conscience des richesses du Nouveau Monde et entreprit de briser le contrôle de l’Espagne et du Portugal sur les nouveaux territoires.

Ainsi, en 1523, le roi François 1er demanda à Verrazzano d’organiser une expédition pour explorer les terres entre la Floride et Terre-Neuve, afin d’y découvrir une nouvelle route maritime qui conduirait à l’océan Pacifique.

Wpdms_verrazano_voyage_map_2

Après deux départs ratés et la perte de trois navires, Verrazzano partit le 24 janvier 1524 de Madère, avec une seule caravelle et une cinquantaine d’hommes. Il arriva au Cap Fear, dans l’actuelle Caroline du Nord, le 1er mars et entreprit de longer la côte en direction du nord. Très vite, il arriva à la hauteur de l’immense baie de Pamlico, séparée de l’Atlantique par une barrière d’îles basses, qu’il crut être le début d’un passage sur le Pacifique. Dans sa lettre à François Ier, à son retour en France le 8 juillet 1524, Verrazzano décrivit ainsi sa découverte:

« Nous appelâmes cette terre Annunziata en souvenir du jour de notre arrivée. Il s’y trouve un isthme large d’un mille et long de 200 dans lequel on apercevait, du navire, la mer orientale entre l’ouest et le nord. Cette mer est sans doute celle qui environne l’extrémité de l’Inde, la Chine et le Cathay. Nous naviguâmes la longueur de cet isthme avec l’espoir tenace de trouver quelque détroit ou un vrai promontoire où s’achèverait cette terre vers le Nord, afin de pouvoir atteindre les rivages bénis du Cathay. Cet isthme fut nommé Veraziano par son découvreur; toute la terre découverte fut appelée Francesca en l’honneur de notre François. »

Map-1582-Loks-North-AmericaClose

Dès réception de cette lettre, qui détaille minutieusement tout le voyage de 1524, les cartographes dessinèrent la côte selon les indications du navigateur et reportèrent ainsi cette erreur qui coupait le continent nord américain en deux. Il fallut près d’un siècle pour la corriger.

Verrazzano continua son exploration vers le nord, relativement loin des côtes, ce qui fait qu’il rata les baies de Chesapeake et du Delaware, mais il se rapprocha à la hauteur de l’actuel New Jersey et, après avoir franchi The Narrows, le détroit qui relie l’Atlantique à la baie de New York, devint le premier Européen à poser le pied sur le territoire de l’actuelle ville de New York. Voici la description qu’il en fit dans sa lettre au roi:

« Au bout de cent lieues, nous trouvâmes un site très agréable situé entre deux petites collines qui le dominaient. Au milieu, une très grande rivière courait jusqu’à la mer. Son embouchure était profonde; à marée montante, nous y avons trouvé huit pieds, et n’importe quel navire à pleine charge remonterait jusqu’au fond de l’estuaire. Ayant mouillé près de la côte en lieu bien abrité, nous ne voulions pas nous aventurer dans cette embouchure sans l’avoir reconnue. Remontant la rivière avec le petit bateau, nous pénétrâmes dans le pays que nous trouvâmes fort peuplé. Les gens sont presque semblables aux autres, vêtus de plumes d’oiseaux de couleurs variées. Ils venaient à nous gaiement, en poussant de grands cris d’admiration et en nous montrant l’endroit le plus sûr pour aborder. Nous remontâmes cette rivière jusqu’à une demi-lieue à l’intérieur des terres, endroit où nous vîmes qu’elle formait un très beau lac d’environ trois lieues de tour. Sur le lac allaient et venaient sans cesse de tous côtés environ XXX petites barques montées par une foule de gens, passant des deux rives pour nous voir. Tout à coup, comme il est fréquent dans les navigations, un coup de vent contraire se leva de la mer et nous contraignit à regagner le bord. Nous quittions cette terre à regret, en raison de ses avantages et de sa beauté, songeant qu’elle n’était pas dépourvue de ressources appréciables, car toutes les hauteurs semblaient pourvues de minéraux. Cette terre fut appelée Angoulême, à cause de l’apanage que Votre Majesté reçut lorsqu’elle était en moindre fortune, et le golfe formé par cette terre, Sainte Marguerite, du nom de votre soeur, qui l’emporte sur les autres dames par sa discrétion et son esprit. »

Après avoir longé Long Island, Verrazzano découvrit les baies de Narragansett et de Cape Cod, puis remonta le long de l’actuel Maine et de la Nouvelle-Ecosse jusqu’à Terre-Neuve d’où il repartit en direction de la France.

Verrazzano dut attendre quelques années pour repartir, François Ier ayant été fait prisonnier après la défaite de Pavie en 1525, mais dès la libération du roi, un nouveau projet fut organisé avec pour mission de contourner le cap de Bonne-Espérance et poursuivre vers l’est. Le navire sur lequel se trouvait Verrazzano ne réussit pas à passer le cap. Il remonta donc le long des côtes africaines, puis traversa l’Atlantique pour atteindre le Brésil d’où il revint chargé de bois de Pernambouc, très recherché en Europe pour la teinture rouge vif qu’on en extrayait.

En 1528, il repartit en direction du continent américain, mais arrivé à la hauteur des Antilles, il fut capturé par des indigènes, tué et vraisemblablement mangé, selon la narration de son frère Girolamo qui était également du voyage.

verrazano-bridge-04-645x290

Pendant très longtemps, Verrazzano fut ignoré à New York, les Américains lui préférant l’explorateur anglais Henry Hudson qui remonta en 1609 la rivière Hudson beaucoup plus profondément et explora la côte est américaine de manière plus détaillée que ne l’avait fait Verrazzano. Ce n’est que dans les années 1950 que la découverte de l’Italien commença à être reconnue, principalement grâce à l’Italian Historical Society of America. A partir de 1954, le 17 avril fut proclamé Verrazzano Day et, après de longues transactions menées par le directeur de l’IHSA, John N. LaCorte, le gouverneur de l’état de New York accepta que le nouveau pont suspendu reliant Staten Island à Brooklyn soit nommé Verrazano-Narrows Bridge. Jusqu’au dernier moment, LaCorte dut se battre, puisque peu de temps avant l’inauguration du pont en novembre 1964, le nom de Verrazzano faillit être remplacé par celui de Kennedy, en mémoire au président américain assassiné.

De nos jours, une pétition soutenue par certains membres prestigieux de la communauté italo-américaine circule pour que le nom de Verrazzano soit correctement orthographié dans l’appellation du pont.

verra2_big

Lien externe

Publicités