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Alessandro Volta naquit en 1745 à Côme, dans une famille noble profondément religieuse dont la tradition était soit d’entrer dans les ordres, soit de faire une carrière de juriste. Le jeune Alessandro fit donc des études classiques de rhétorique et de philosophie chez les Jésuites de Côme, puis entra, en 1761, au séminaire. Mais son intérêt prononcé pour les sciences l’amenèrent à rompre avec la tradition familiale et à étudier par lui-même la physique et la chimie, encouragé par le chanoine Giulio Cesare Gattoni qui mit à sa disposition des ouvrages scientifiques.

Volta se passionna en particulier pour les études alors débutantes sur l’électricité et, en 1763 déjà, il commença à correspondre avec deux grands spécialistes de l’électrologie de l’époque, Jean Antoine Nollet et Giovanni Battista Beccaria. En 1769, il publia son premier mémoire, adressé à Beccaria, De vi attractiva ignis electrici ac phaenomenis inde pendentibus, sur les phénomènes électrostatiques, qui introduisait de manière encore vague la notion d’électricité statique des corps. Il corroborait sa théorie par les travaux expérimentaux qu’il avait effectués dans l’atelier de Gattoni.

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Il continua ses expérimentations sur l’électrostatique et parvint, en 1775, à mettre au point l’électrophore (générateur capacitif utilisé pour produire une charge électrostatique). La même année, il fut nommé professeur de physique à l’université de Côme et, à partir de 1778, il occupa pendant plus de 35 ans la chaire de physique expérimentale de l’université de Pavie.

Volta continua ses travaux sur l’électrostatique: il découvrit les principes fondamentaux de l’électricité (la charge, la tension et la capacité) et, afin de pratiquer des mesures plus précises, il développa l’électromètre. A l’automne 1776, son ancien professeur, Carlo Giuseppe Ciampi, l’informa de la découverte d’un gaz inflammable qui sortait naturellement de terre. Volta entreprit alors des recherches et en trouva près du lac Majeur. Le gaz qu’il réussit à isoler en 1778 et qu’il nomma « aria infiammabile nativa delle paludi » sera appelé plus tard « méthane » par les chimistes. Ces recherches sur les gaz des marais l’amenèrent à inventer le pistolet de Volta (tube solide fermé par un bouchon de liège, muni de deux électrodes et rempli de méthane et d’oxygène, qui montre l’effet d’une étincelle électrique sur un gaz détonnant), puis à perfectionner l’eudiomètre (tube de verre similaire à une éprouvette graduée qui permet de mesurer la variation de volume d’un mélange gazeux suite à une réaction chimique).

En 1778, il publia ses résultats dans un mémoire Osservazioni sulla capacità de’ conduttori elettrici, adressé au physicien suisse Horace-Bénédict de Saussure. En 1781, il parcourut l’Europe pour présenter personnellement ses résultats et ses inventions aux plus grands scientifiques et collaborer avec certains d’entre eux.

A son retour, il étudia la thermodynamique et énonça plusieurs théorèmes qui furent repris et confirmés quelques années plus tard par d’autres scientifiques, comme le physicien et chimiste britannique John Dalton ou le Français Louis Joseph Gay-Lussac. Mais tous ces mérites scientifiques furent occultés par sa plus grande invention: la première pile électrique, appelée pile voltaïque.

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Pour comprendre l’histoire de cette invention, il faut remonter à 1780 lorsqu’un anatomiste de Bologne, Luigi Galvani, s’intéressa à l’électricité animale lors de la découverte de l’excitation des muscles d’une grenouille au voisinage d’une machine électrique. Il formula alors l’hypothèse d’une électricité animale qui serait sécrétée par le cerveau et se déchargerait lorsque les nerfs et les muscles étaient reliés par des métaux. En 1791, il publia ses résultats dans un mémoire, De viribus electricitatis in motu musculari, Commentarius.

D’abord convaincu par les travaux de Galvani, Volta répéta les expériences de ce dernier, puis les développa en utilisant d’autres animaux ou certaines parties de son propre corps. Mais il devint rapidement sceptique et, dès la fin 1792, il affirma clairement son refus de l’électricité animale. Pour lui, les tissus musculaires ne jouaient qu’un rôle passif et c’était le contact de deux métaux différents qui mettait en mouvement l’électricité.

Ce fut le début de la controverse qui sépara les galvanistes des voltaïstes, d’abord limitée entre l’école de Bologne et celle de Pavie, mais qui se répandit bientôt dans toute l’Europe, chaque camp menant expériences et contre-expériences. Ce fut dans le cadre d’une riposte aux galvanistes que Volta mit au point, en 1799, le dispositif qui le rendit célèbre et qui prouva aux yeux de tous la production d’une électricité qui ne devait rien à l’organisme vivant. Ainsi, paradoxalement, ce fut l’électricité animale qui provoqua l’invention de la pile électrique destinée à la combattre.

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En mars 1800, Volta fit part à la Royal Society, dont il était membre depuis 1791, son invention, un empilement de couples de disques zinc-cuivre en contact direct, chaque couple étant séparé du suivant par un carton humide. En novembre 1801, il la présenta, devant Napoléon Bonaparte, à l’Institut de France et y énonça la loi des tensions, ainsi que la valeur des tensions de contact des métaux classés par ordre d’électropositivité décroissante, du zinc à l’argent. Bonaparte lui décerna une médaille d’or et une forte somme d’argent, et le convia comme député italien à la consulte de Lyon de 1802. En 1805, il lui accorda une pension; en 1809, il le nomma sénateur du royaume d’Italie; et en 1810, il le fit comte. L’activité scientifique de Volta diminua au XIXe siècle. Il se retira à Côme en 1819 où il mourut en 1827.

Ses travaux furent rassemblés dans une première édition incomplète en cinq volumes en 1816, puis réorganisés en sept volumes entre 1918 et 1929, suivis par six volumes de correspondance entre 1949 et 1966.

Les anniversaires de sa naissance, de sa mort et de l’invention de la pile sont régulièrement célébrés à Côme qui lui a consacré le temple Volta où sont présentés ses instruments et ses notes. En 1881, le Congrès international d’électricité nomma l’unité de force électromotrice « volt » en son honneur.

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