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Anita Garibaldi

Giuseppe Garibaldi aima plusieurs femmes – légitimes ou non – dans sa vie, mais une seulement exerça une influence marquante sur lui. Ils se connurent en 1839, elle avait dix-huit, lui 32, et seule la mort les sépara.

Ana Maria de Jesus Ribeiro da Silva naquit le 30 août 1821 dans un petit village de pêcheurs près de Laguna, au Brésil. Ses parents eurent six enfants, trois filles et trois garçons. En 1834, le père et les trois frères moururent de la typhoïde et le reste de la famille déménagea à Laguna. En grandissant, la jeune fille montra un caractère résolument indépendant et émancipé et, pour apaiser les rumeurs et essayer de calmer son tempérament, sa mère la força à épouser un cordonnier de Laguna, Manuel Duarte de Aguiar, le jour de ses quatorze ans.

Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, Garibaldi était contraint de quitter le royaume de Sardaigne après avoir été condamné à mort par contumace comme ennemi de la patrie pour sa participation à une tentative d’insurrection destinée à renverser la royauté. Il s’embarqua de Marseille le 8 septembre 1835 en direction du Brésil et prit contact dès son arrivée avec les patriotes brésiliens qui luttaient pour l’indépendance du pays. De 1836 à 1839, il participa en tant que corsaire au conflit indépendantiste qui déchirait l’actuel état de Rio Grande do Sul et, dans ce contexte, il prit part, en juillet 1839, à la prise du port de Laguna.

Garibaldi et Anita

Pour célébrer l’événement, les habitants se réunirent pour célébrer un Te Deum lors duquel les futurs amants se rencontrèrent. A partir de ce jour, ils ne se quittèrent plus et Anita devint la compagne, la mère des enfants et le compagnon d’armes de Garibaldi. Remarquable cavalière, elle lui apprit à monter à cheval, tandis qu’il la formait dans l’art de la guerre. Anita reçut son baptême du feu en novembre 1839, lors des batailles d’Imbituba et Laguna, combattant aux côtés des hommes ou assignée à la défense des munitions.

Début 1840, lors de la bataille de Curibitanos, Anita fut faite prisonnière par les troupes impériales brésiliennes, mais sous le prétexte de rechercher le corps de Garibaldi parmi les morts sur le champ de bataille, elle réussit s’évader à cheval et rejoignit son amant à Vacaria, dans le Rio Grande do Sul.

Le 16 septembre 1840, Anita donna naissance à leur premier-né, Domenico, que Garibaldi surnomma Menotti en l’honneur du patriote de Modène, Ciro Menotti. Douze jours plus tard, la maison dans laquelle Anita se trouvait fut encerclée par l’armée impériale et les hommes assignés à sa défense furent tués lors de l’affrontement. La jeune mère réussit néanmoins à s’échapper avec le bébé et à s’enfuir à cheval dans les bois. Cet épisode inspira le monument funéraire qui lui fut consacré sur le Janicule à Rome en 1832.

Anita Garibaldi - Author: Alvaro de Alvariis

En 1841, le couple partit vivre à Montevideo en Uruguay. Garibaldi s’engagea dans la guerre civile qui déchirait le pays, alors qu’Anita donnait naissance à trois autres enfants. Le 26 mars 1842, ils se marièrent à l’église, après avoir appris la mort du mari d’Anita.

Garibaldi était resté en contact avec ses amis patriotes en Italie et, fin 1847, il apprit les bouleversements qui se préparaient en Italie, tant dans les Etats pontificaux avec l’investiture du pape Pie IX que dans les royaumes des Deux-Siciles et de Lombardie-Vénétie. Il décida de revenir au pays. Anita arriva la première avec les enfants et s’installa chez la mère de Garibaldi à Nice. Garibaldi les rejoignit en avril 1848.

Anita suivit Garibaldi à Rome lorsqu’il fut élu, le 21 janvier 1849, à l’Assemblée constituante qui allait définir la nouvelle république romaine de 1849 et l’accompagna dans sa fuite lorsque Pie IX revint de son exil en juillet 1849 après la défaite des révolutionnaires face aux forces françaises du général Nicolas Oudinot. Garibaldi et Anita, avec 4 700 volontaires, partirent en direction de Venise qui résistait encore au siège des Autrichiens mais, poursuivis, ils se réfugièrent le 31 juillet dans la république de Saint-Marin. Les volontaires se dispersèrent et, deux jours plus tard, Garibaldi et Anita, accompagnés de 200 hommes, réussirent à passer entre les mailles du filet ennemi et se rendirent à Cesenatico, au sud de Ravenna, où ils embarquèrent pour Venise.

Les navires autrichiens les empêchèrent de passer et ils durent revenir à terre, dans les marais de Comacchio, au nord de Ravenna. Anita, enceinte de sept mois et atteinte de fièvres, fut emmenée dans une ferme de Mandriole, où Garibaldi fit quérir un médecin. Mais c’était trop tard et Anita mourut le 4 août à l’âge de vingt-huit ans.

Anita Garibaldi Morte

Garibaldi dut l’enterrer en urgence dans le sable, avant de se réfugier un peu plus au sud, au Capanno del Pontaccio. Devant l’impossibilité de rejoindre Venise, il partit quelques jours plus tard en Sardaigne, sur l’île de Caprera. Le corps d’Anita fut découvert six jours plus tard par des habitants et enterré dans l’église de Mandriole. En 1859, Garibaldi le fit transférer dans la chapelle du château de Nice. En 1931, le corps fut à nouveau exhumé pour être enterré dans le cimetière monumental de Gênes et, une année plus tard, le 2 décembre 1932, il fut transporté à Rome pour reposer sous la statue équestre qui rappelle l’évasion d’Anita avec Menotti. Le transfert se fit par train spécial et la cérémonie fut suivie par des milliers de personnes, ainsi que par les délégations de nombreux pays, dont le Brésil et l’Uruguay.

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