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Luigi Carlo Farini

Luigi Carlo Farini naquit en 1812 à Russi dans la province de Ravenna. Son père était le pharmacien du village et son oncle maternel un médecin réputé à Faenza. Le jeune garçon fit ses écoles à Russi où le curé lui apprit la grammaire et la rhétorique, alors que son oncle paternel lui enseignait la philosophie, les mathématiques et les sciences naturelles. Particulièrement doué, Luigi Carlo passa l’examen d’entrée de la faculté de médecine de l’université de Bologne à 16 ans, mais deux ans plus tard, il fut renvoyé pour avoir participé à une manifestation patriotique pour l’unification d’Italie. Pardonné, il réintégra l’université et passa son examen de diplôme en juin 1832.

Il s’installa comme médecin à Russi et se fit rapidement connaître grâce à ses publications scientifiques. Après une année passée près de Rimini, il s’installa en 1835 à Ravenna où il fut très actif dans la luttre contre les fièvres intermittentes provoquées par les moustiques.

En 1843, Farini participa aux émeutes organisées à Bologne par Giuseppe Mazzini contre le pouvoir du pape Grégoire XVI et il dut s’exiler, d’abord en Toscane et en France, puis à partir de 1844 à Lucca, où il écrivit le Manifeste de Rimini dans lequel il faisait appel aux gouvernements européens pour demander une plus grande liberté d’action politique des habitants de la Romagne.

A la mort de Grégoire XVI et l’amnistie de 1846, il revint dans les Etats pontificaux et fut nommé médecin chef de l’hôpital d’Osimo dans les Marches. A partir de 1848, ses activités politiques prirent le pas sur celles de médecin. Aux élections du premier parlement des Etats pontificaux, il fut élu pour la circonscription de Faenza-Lugo. Le premier ministre Pellegrino Rossi le nomma directeur général de la Santé et Farini profita de son mandat pour renforcer les normes de santé publique en imposant une limite de densité de population, un contrôle plus strict de la gestion des déchets municiaux – souvent jetés par les fenêtres sur la voie publique – et une hygiène plus efficace des lieux publics par un nettoyage régulier des rues.

A la proclamation de la République romaine en février 1849, il fut destitué de son poste par Mazzini et il partit en exil à Florence, puis à Turin. Lorsque le pape Pie IX revint à Rome en juillet 1849, Farini retrouva son poste, mais il fut renvoyé en octobre 1849 et il partit s’installer à Turin où il acquit la nationalité piémontaise et devint député au parlement.

Il fonda le journal La Frusta pour soutenir le gouvernement de Massimo d’Azeglio et, dans le même temps, dirigea le journal Il Piemonte. En 1850, il devint le nouveau directeur du Risorgimento, le quotidien fondé par Camillo Cavour en 1847, dans lequel il exposa ses vues selon lesquelles l’unification d’Italie ne pouvait se faire que par la Maison de Savoie. En 1850, il termina la deuxième partie de la Storia dello Stato Romano, dont il avait publié la première partie lors de son exil à Florence en 1849.

En 1851 et jusqu’en mai 1852, il fut ministre de l’Education publique dans le cabinet d’Azeglio. En tant que député au parlement et journaliste, Farini défendit ardemment le traité d’alliance avec la France, l’Angleterre et l’Empire ottoman et la participation du royaume de Sardaigne dans la guerre de Crimée. Après la guerre, il s’efforça de préparer l’opinion publique à l’inévitabilité d’une guerre contre l’Empire d’Autriche.

En 1859, lorsque le duc de Modène, François V, partit définitivement en exil, Farini fut nommé commissaire royal de l’ex-duché. Au traité de paix de Villafranca en juillet 1859, il fut rappelé, mais il réussit à convaincre Turin de le laisser en poste et il fut nommé gouverneur. Sous son mandat, il rassembla les états de Piacenza, Parme, Reggio, Modène, Bologne et Ferrare dans un seul état qu’il nomma Emilia, en souvenir de la grande voie romaine qui partait de Piacenza à Rimini, et organisa, en mars 1860, le plébiscite qui rattacha la région au royaume de Sardaigne.

Lors de l’expédition des Mille au printemps 1860, Farini suivi le roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II à la rencontre de Teano avec Giuseppe Garibaldi et entra avec eux dans Naples. Le choc avec la culture du sud fut tel que sa première impression du Mezzogiorno est restée célèbre: « Altro che Italia! Questa è Affrica [sic]. I beduini, a riscontro di questi cafoni, sono fior di virtù civile. » (Ce n’est pas l’Italie! C’est l’Afrique! Les Bédouins, en comparaison de ces manants, sont des exemples de vertu civile.) Il fut néanmoins nommé par le roi lieutenant-général des provinces napolitaines afin d’organiser le plébiscite de rattachement au royaume de Sardaigne. Cependant, en désaccord avec la politique de Turin, il fut remplacé après quelques mois par le prince Eugenio di Savoia-Carignano.

Le 8 décembre 1862, il fut élu président du Conseil des ministres du royaume d’Italie. Agé seulement de cinquante ans, il montra, après quelques semaines au pouvoir, des signes d’une grave maladie mentale. Il fut contraint de démissionner le 24 mars 1863 après un conseil des ministres lors duquel il menaça le roi avec un couteau pour le forcer à prendre parti pour des insurgés polonais contre le tsar de Russie et à déclarer la guerre à l’Empire russe.

Il mourut dans la misère trois ans plus tard, à Quarto près de Gênes, après avoir été hospitalisé dans un asile. Il fut enterré à Turin, mais en 1878, sa dépouille fut déplacée dans son village natal.

luigi carlo farini - Author: sailko

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