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Garibaldi et Nizza

Giuseppe Garibaldi naquit le 4 juillet 1807 à Nice. Il y passa sa jeunesse jusqu’à l’âge de 17 ans, lorsqu’il s’engagea dans la carrière maritime.

Sa maison se trouvait sur le vieux port qui fut remplacé par le port Lympia, construit au milieu du XIXe siècle. La maison de Garibaldi, directement sur la grève, fut démolie en 1814 et seule une plaque commémorative sur la façade d’un des nouveaux immeubles du port rappelle son ancien emplacement. Les deux timbres qui illustrent cet article sont des reproductions de vieilles gravures qui dépeignent le vieux port avant sa destruction. Je n’ai malheureusement pas trouvé d’autres informations sur cette maison.

Garibaldi e Nizza

Garibaldi resta toujours attaché à sa ville natale. Avant d’acheter une partie de l’île Caprera dans l’archipel de La Maddalena, il retourna régulièrement à Nice, soit entre deux actions, soit pour y trouver refuge. Il en voulut au gouvernement du royaume de Sardaigne, particulièrement au premier ministre Camillo Cavour, d’avoir cédé la Savoie et Nice à la France, affirmant avec force « qu’il ne pourrait serrer la main à ceux qui l’avaient fait étranger dans sa patrie ». Lorsque le 15 avril 1860, Nice devint française, Garibaldi démissionna de son mandat de député.

Les relations de Garibaldi avec la France furent dès lors toujours plus ou moins tendues en raison de sa nationalité italienne. Durant la guerre franco-prussienne, après la défaite de Sédan le 1er septembre 1870 qui provoqua la chute de l’empereur Napoléon III et la proclamation de la Troisième République, il offrit son soutien à la France. « Je viens donner à la France ce qui reste de moi. La France est une patrie que j’aime », dira-t-il. D’abord confiné dans un poste subalterne – car aucun officier français ne voulait combattre sous les ordres d’un étranger, il reçut finalement du ministre de l’intérieur, Léon Gambetta, le commandement de la défense des Vosges, de Strasbourg à Paris, et il se comporta en héros, offrant à la France le seul drapeau pris à l’ennemi pendant la durée du conflit.

En février 1871, il fut élu à l’Assemblée nationale française, comme deuxième député d’Alger derrière Gambetta. Lors de la séance de l’Assemblée du 8 mars, le troisième candidat, Auguste Warnier, évincé, fit opposition en déclarant: « Je demande à l’Assemblée nationale de déclarer le général Garibaldi inéligible, attendu qu’il n’est pas citoyen français. Par cette décision, je suis le second député du département d’Alger sans nouvelle élection. » Un homme s’éleva pour prendre la défense de Garibaldi: Victor Hugo.

Voici ce qu’il dit ce jour-là devant ses pairs:

« Je ne dirai qu’un mot. La France vient de traverser une épreuve terrible, d’où elle est sortie sanglante et vaincue. On peut être vaincu et rester grand. La France le prouve. La France, accablée en présence des nations, a rencontré la lâcheté de l’Europe. De toutes ces puissances européennes, aucune ne s’est levée pour défendre cette France qui, tant de fois, avait pris en main la cause de l’Europe… Pas un roi, pas un État, personne! Un seul homme excepté… Où les puissances, comme on dit, n’intervenaient pas, eh bien un homme est intervenu, et cet homme est une puissance. Cet homme, Messieurs, qu’avait-il? Son épée. »

Et d’ajouter: « Je ne veux blesser personne dans cette Assemblée, mais je dirai qu’il est le seul, des généraux qui ont lutté pour la France, le seul qui n’ait pas été vaincu. »

Son discours provoqua un véritable tollé. Garibaldi fut accusé par les députés monarchistes de ne pas avoir combattu et le président de l’Assemblée remit à l’ordre Hugo en déclarant qu’un « français ne peut pas entendre des paroles semblables à celles qui viennent d’être prononcées. » Ne pouvant se faire entendre et pour protester contre l’invalidation de l’élection de Garibaldi, Hugo démissionna de son poste de député.

Je n’ai pas réussi à savoir dans quelle mesure Garibaldi garda des liens avec Nice après cet épisode. Il se retira à Caprera où il mourut le 2 juin 1882.

La ville de Nice honora son héros en lui dédiant, près du port Lympia, une place au milieu de laquelle les sculpteurs Antoine Etex et Gustave Deloye construisirent un impressionnant monument décoré de différentes allégories représentant les événements, français et italiens, de la vie de Garibaldi.

Nice - Author: NordNordWest

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