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Partenza da Quarto

N.B. Cet article est le premier d’une série de six sur l’Expédition des Mille.

La deuxième phase du Risorgimento italien se termina en juillet 1859 par un changement des frontières dessinées lors du Congrès de Vienne de 1815. Après plus de deux mois (mai et juin) de violentes batailles en Lombardie, l’empereur des Français Napoléon III signa le 11 juillet 1859 l’armistice de Villafranca di Verona avec l’empereur autrichien François-Joseph. L’Autriche cédait la Lombardie à la France qui la redonnait au royaume de Sardaigne. Cependant, les Piémontais ne furent pas invités à participer aux négociations de l’armistice et, les conditions n’étant pas aussi favorables pour les Italiens qu’ils ne l’avaient espéré, Camillo Cavour démissionna de son poste de premier ministre. Le roi Victor-Emmanuel II donna son accord « à titre personnel », laissant ainsi la porte ouverte à une rétractation gouvernementale.

La cause principale de ce mécontentement était non seulement le manque d’égards des Français envers leur allié italien, mais aussi le non-respect de l’Alliance franco-sarde, signée le 28 janvier 1859, qui stipulait qu’en cas d’attaque militaire de la part de Vienne, la France interviendrait afin de défendre le royaume de Sardaigne avec pour objectif de libérer de la domination autrichienne la Lombardie-Vénétie et de la céder au Piémont. En retour, la France recevrait du royaume de Sardaigne les territoires de Nice et de la Savoie. La Vénétie étant restée autrichienne, le Piémont garda Nice et la Savoie.

En périphérie du conflit principal qui se déroulait en Lombardie, les duchés de l’Italie centrale exprimèrent leur volonté d’être réunis au royaume de Sardaigne. Napoléon III n’accepta qu’à la condition que les populations soient consultées et on vit apparaître un phénomène nouveau, en totale rupture avec la coutume qui voulait que les princes disposent des territoires et des populations comme ils l’entendaient: la consultation par plébiscite de la population sur la question de son avenir. Les 11 et 12 mars 1860, l’Emilie et la Toscane votèrent avec une écrasante majorité leur rattachement au royaume de Sardaigne. Un mois plus tard, Victor-Emmanuel II ayant délié ses sujets de leur serment de fidélité, les populations de la Savoie et de Nice acceptaient de la même manière leur rattachement à la France.

Italia - mars 1860 - Author: Pramzan

En l’espace d’une année, l’Italie, représentée par le royaume de Sardaigne, avait considérablement agrandi ses frontières, mais était encore loin d’avoir réunifié l’ensemble de la péninsule. En avril 1860, la botte italienne était constituée de trois états: le royaume de Sardaigne, les Etats pontificaux et le royaume des Deux-Siciles, auxquels s’ajoutait la Vénétie sous domination autrichienne. La France, redevenue alliée – « complice » selon le mot de Cavour – après les plébiscites de mars et avril, soutenant l’indépendance des Etats pontificaux, et le Piémont n’étant pas en mesure de combattre seul l’Empire d’Autriche pour récupérer la Vénétie, il ne restait que le royaume des Deux-Siciles comme prochaine étape, d’autant plus que le nouveau roi, Francesco II, n’avait que vingt-quatre ans et était inexpérimenté.

Mais Cavour, revenu au pouvoir depuis janvier 1860, ne pouvait pas provoquer la guerre. Il se présentait auprès des puissances européennes comme l’homme du maintien de l’ordre, et seul un soulèvement de l’intérieur, qui prouverait la désaffection de la population envers la dynastie des Bourbons, justifierait une intervention militaire sarde à Naples. Cependant, Cavour savait que Giuseppe Garibaldi était prêt à lancer une expédition dans le sud, avec l’accord non-officiel de Victor-Emmanuel II, et il reconnut que cette expédition pourrait peut-être représenter l’opportunité qu’il attendait pour déclencher une insurrection interne qui forcerait Turin à intervenir. Il prit la position d’observer l’évolution des événements et ce ne fut que lorsque les chances de succès furent favorables au Piémont qu’il soutint ouvertement l’initiative.

Quarto - OK

Garibaldi, pendant ce temps, préparait l’expédition. Le roi n’ayant pas pu pas lui donner une brigade officielle, il recruta des volontaires sur l’ensemble de la péninsule. Victor-Emmanuel II, par contre, lui fournit huit millions de lires imputés sur le budget de l’Italie unifiée. Pour le transport, deux bateaux furent mis à la disposition de Garibaldi, mais seulement sous le couvert d’un « vol », Turin ne pouvant apparaître comme le commanditaire de l’expédition. Le royaume de Sardaigne acheta donc « temporairement » deux vapeurs, Il Piemonte et Il Lombardo, par l’intermédiaire d’un homme de paille, puis les mit à la disposition de Garibaldi. Les bateaux furent amenés à Quarto, un quartier de Gênes, où le soir du 5 mai 1860, ils furent « volés » par un groupe de garibaldiens menés par le patriote Nino Bixio. Dans la nuit du 5 au 6 mai, 1162 hommes embarquèrent pour ce qui sera connu plus tard comme l’expédition des Mille.

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