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Proclama di Garibaldi

N.B. Cet article est le troisième d’une série de six sur l’Expédition des Mille.

Pour mener à bien son expédition, Giuseppe Garibaldi avait dû motiver les consciences politiques à travers la péninsule afin de recruter des volontaires. De manière générale, le mouvement d’unification était surtout le fait des élites intellectuelles, désireuses de raviver l’idée d’une Italie « phare de la civilisation », à l’exemple de l’Antiquité et de la Renaissance, et conscientes que les divisions territoriales affaiblissaient le pays. Ces intellectuels étaient suivis par la bourgeoisie industrielle et commerciale et les grands propriétaires terriens vivant en ville qui réclamaient un marché, une monnaie et une législation uniques pour favoriser le développement de leus affaires. Mais la population italienne, majoritairement rurale, très peu instruite et profondément religieuse, ne participait pas aux débats d’idées et était même quelques fois contre-révolutionnaire, ne voulant pas prendre le risque de changer l’ordre établi.

Il s’agissait pour Garibaldi de réveiller les consciences nationales sous une même bannière, le drapeau unificateur du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II, et il s’adressa, dès décembre 1859, à plusieurs reprises au peuple italien à cet égard. Garibaldi se définissait en premier lieu comme un patriote ayant le devoir de parler et d’agir au nom de la patrie pour laquelle il était prêt à sacrifier sa vie, et ses discours n’étaient pas motivés par des considérations socio-économiques ou de défense d’intérêts de classe ou de corporation, ni dicté par des idéaux génériques de liberté ou d’égalité, mais ils étaient entraînés par la force d’un horizon idéal et symbolique à atteindre, l’unité d’Italie.

Il rédigea ainsi plusieurs discours dans les mois qui précédèrent l’expédition des Mille où il appelait les Italiens à se rassembler sous le même cri de guerre que pendant la guerre contre l’Empire d’Autriche l’année précédente: Italia e Vittorio Emanuele. Il supplia les soldats piémontais de garder espoir et de se préparer à une troisième guerre contre l’Autriche afin de libérer la Vénétie. Il convia les Romains à se révolter contre la tyrannie des prêtres et à se souvenir des exploits épiques de leurs ancêtres. Il proposa aux soldats napolitains de se joindre à leurs frères du nord afin que l’Italie puisse reprendre sa place parmi les grandes nations européennes. Il proposa au peuple napolitain de comparer le drapeau des Bourbons à la glorieuse bannière tricolore, symbole de l’indépendance et de l’unité nationale.

Finalement, il rédigea un discours à l’intention des Siciliens à son arrivée à Marsala le 11 mai 1860. Le soutien de la population était indispensable au succès de l’expédition et Garibaldi ne s’embarrassa pas de mots inutiles: il exhorta les Siciliens, tous les Siciliens, femmes, enfants et vieillards compris, à prendre les armes sous peine de passer pour des lâches et des traîtres, afin de prouver qu’un pays pouvait se libérer de ses oppresseurs grâce à la puissante volonté de son peuple uni.

Voici son discours:

SICILIANI!
Io vi ho guidato una schiera di prodi all’eroico grido della Sicilia, resto delle bande lombarde. Noi siamo con voi, e non chiediamo altro che la liberazione della vostra terra.
Tutti uniti, e l’opera sarà facile e breve.
Alle armi dunque!
Chi non impugna un’arma è un codardo ed un traditore della patria.
Non vale il pretesto della mancanza d‘armi. Noi avremo fucili. Ma per ora un’arma comune ci basta, impugnata dalla destra di un valoroso. I municipi provvederanno ai bimbi, alle donne ed ai vecchi derelitti.
All’armi tutti!
La Sicilia insegnerà ancora una volta come si libera un paese dagli oppressori con la potente volontà di un popolo unito.

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