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Battaglia di Calatafimi

N.B. Cet article est le quatrième d’une série de six sur l’Expédition des Mille.

Le lendemain du débarquement en Sicile, le 12 mai, Giuseppe Garibaldi et ses hommes quittèrent Marsala en direction de Palerme. Très rapidement, il furent rejoints par un millier de volontaires siciliens, regroupés au sein d’une nouvelle structure militaire: les chasseurs de l’Etna. Ils progressèrent à l’intérieur de l’île et, le 14 mai, rassuré quant à la participation de la population, Garibaldi s’auto-proclama dictateur (au sens romain du terme) de la Sicile au nom du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II. Il décréta la mobilisation générale et constitua la XVe division qu’il nomma l’armée méridionale.

Le 15 mai, à Calatafimi, eut lieu le premier affrontement entre les volontaires garibaldiens et les forces du royaume des Deux-Siciles. Les Napolitains, menés par le général Francesco Landi, étaient quatre fois supérieurs en nombre, mais les Garibaldiens furent aidés par environ 500 picciotti, des jeunes maquisards envoyés par les propriétaires fonciers de la région. La bataille dura quatre heures et les combats furent chaotiques et désordonnés, la majorité des Garibaldiens manquant de formation et d’expérience militaires et les Napolitains, également inexpérimentés en combats réels, ayant été surpris par la détermination de leurs adversaires qu’ils pensaient n’être que de vulgaires criminels à la recherche de butin. Les Mille, galvanisés par le cri de guerre de Garibaldi « Qui si fa l’Italia o si muore! » (Ici, on fait l’Italie ou on meurt!), sortirent vainqueurs et l’armée de Landi se retira défaite et épuisée à Palerme.

Calatafimi

Le bilan final fut de de 32 morts et 174 blessés chez les Mille et de 36 morts et 150 blessés chez les Bourbons. Garibaldi s’assura que les blessés des deux camps étaient pris en charge par les religieux ou les villageois et il rendit visite aux blessés de l’adversaire, les félicitant de leur courage et leur garantissant leur sécurité et la liberté, une fois guéris, pour être en mesure de retourner dans leurs foyers ou de reprendre les armes, dans l’un ou l’autre camp.

Même si la bataille de Calatafimi ne fut qu’une escarmouche dans l’histoire des grandes batailles du Risorgimento, les conséquences pour les partisans de l’unité d’Italie furent immenses. Ce fait d’armes retentissant et dont l’écho dépassa les frontières de la Sicile «démoralisa les adversaires qui avec leur vive imagination méridionale racontaient des prodiges sur le courage des Mille et il rassura les vaillants Siciliens. Quand on commence une lutte avec un tel prestige, un tel augure, on gagne!» écrivit Garibaldi, qui gagna le rôle de chef invincible dans l’imaginaire populaire. Par ailleurs, le courage et la discipline des Mille suscitèrent l’admiration de nombreux soldats napolitains, dont les désertions décimèrent les rangs de l’armée royale et augmentèrent le nombre des partisans de Garibaldi.

Le 27 mai, les Mille établirent le siège de Palerme. Grâce à l’insurrection de la population, après 3 jours de combats acharnés dans la ville, le général napolitain Ferdinando Lanza demanda et obtint un armistice, et il retira ses troupes. Le 2 juin, Garibaldi constitua un gouvernement composé de six ministères, avec le futur premier ministre du royaume d’Italie, Francesco Crispi, à l’intérieur et aux finances. Durant les trois semaines suivantes, les Mille consolidèrent leur position dans la capitale et, vers la fin juin, Garibaldi lança trois colonnes à la conquête de l’île.

Conquête_de_la_Sicile_1860 - Author: Pramzan

Le révolutionnaire hongrois, István Türr, s’engagea avec 500 hommes sur la route intérieure en direction de Catania où il fut rejoint par la colonne de 1 700 hommes menée par Nino Bixio qui avait pris la route du sud. Le colonel Giacomo Medici et quelques 6 000 hommes suivirent la côte septentrionale en direction de Messine. Ils mirent trois semaines à prendre la forteresse de Milazzo, défendue par l’armée des Deux-Siciles, et la bataille du 20 juillet, dirigée par Garibaldi qui les avaient rejoints, fut décisive pour la conquête de l’île. Après la reddition et le départ des troupes napolitaines,  la colonne continua jusqu’à Messine qui se rendit à leur arrivée le 27 juillet. Le 1er août, les forteresses de Syracuse et d’Augusta capitulèrent, concluant la conquête de Sicile.

A partir de la chute de Palerme, plusieurs intellectuels européens prirent fait et cause pour les Mille. George Sand, Victor Hugo, Karl Marx et Friedrich Engels – qui définit dans le New York Daily Tribune la conquête de Palerme comme « l’une des entreprises militaires le plus stupéfiantes de notre siècle » – soutinrent publiquement l’action de Garibaldi. Alexandre Dumas rejoignit les Garibaldiens le 30 mai à Palerme et organisa la propagande de l’expédition auprès des journaux. Il était aux côtés de Garibaldi, le 7 septembre, lorsque les Garibaldiens entrèrent dans Naples et il relata l’expédition dans son livre, Les Garibaldiens, publié en 1861. Des fonds et des volontaires affluèrent de toute l’Italie, de l’Europe, des Etats-Unis et de l’Amérique du Sud et les Mille étaient prêts à traverser le détroit de Messine.

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