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Palestro

N.B. Cet article est le deuxième d’une série de quatre sur la deuxième guerre d’indépendance italienne. Pour le contexte historique, voir San Fermo.

Après la déclaration de guerre de l’Empire d’Autriche au royaume de Sardaigne le 26 avril 1859, la première grande bataille qui opposa les belligérants fut celle de Montebello, entre Alessandria et Piacenza, au sud du Pô. Les forces franco-piémontaises remportèrent la victoire le 20 mai, malgré la supériorité numérique trois fois plus grande des Autrichiens, mais les deux camps étaient tellement épuisés après neuf heures de bataille qu’ils ne poursuivirent pas les combats. Les Piémontais laissèrent les Autrichiens partirent en direction de Pavie et ils se réfugièrent à Voghera, ne laissant que des feux de camp allumés à Montebello pour tromper l’ennemi.

Quelques jours plus tard, l’armée italienne se remit en marche en direction de Novare, dans l’intention de tenter de prendre Milan. Une partie se dirigea vers le Piémont, afin de protéger le flanc gauche des troupes. Le matin du 30 mai, après de durs combats, cette aile fut en mesure d’occuper les villes de Palestro, Confienza et Vinzaglio.

Le lendemain, le 31 mai, afin de tester l’ennemi, le maréchal autrichien Frederick Zobel ordonna d’attaquer Palestro avec deux divisions d’infanterie composées chacune de deux brigades. En face, les Piémontais alignèrent également deux divisions de deux brigades, aidées par le troisième régiment de zouaves français. Les Italiens étaient en supériorité numérique avec 21 000 hommes et 36 canons, face à 14 000 Autrichiens et 42 canons. Le roi Victor-Emmanuel II, qui était le commandant en chef de l’ensemble des forces franco-piémontaises, observait la bataille depuis le clocher de Palestro.

Palestro - Author: gallica.bnf.fr

L’assaut fut rude et les forces italiennes peinaient à maintenir la position. L’aile gauche autrichienne réussit à s’avancer vers Palestro grâce aux fourrés bordant la rivière Sesia et à se retrancher dans une ferme située à moins d’un kilomètre du village. Alors qu’elle s’apprêtait à charger, les zouaves, dirigés par le colonel Bertrand de Chabron et cachés près de la rivière, débouchèrent sur son flanc gauche et, au prix de pertes humaines élevées, ils réussirent à prendre une batterie autrichienne de 5 canons et à bloquer la contre-attaque autrichienne. Cette attaque surprise sema le désordre dans les rangs autrichiens qui, craignant l’arrivée des unités françaises dirigées par le maréchal François de Canrobert, se replièrent sur Robbio. Ils laissaient sur le terrain 528 morts, 902 blessés et 780 disparus, alors que le camp franco-italien comptaient au total 600 victimes (morts et blessés).

Le roi avait rejoint les zouaves et avait pris part, à leurs côtés, à l’attaque. A la fin de la bataille, il loua publiquement la fougue et la détermination du contingent de zouaves qui furent déterminantes pour la victoire et il reçut de Chabron le grade de caporal de zouaves.

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