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Magenta01

N.B. Cet article est le troisième d’une série de quatre sur la deuxième guerre d’indépendance italienne. Pour le contexte historique, voir San Fermo.

Alors que l’aile gauche des troupes franco-piémontaises se battaient à Palestro le 31 mai 1859, le gros de l’armée continuait sa marche vers le nord, en direction de Milan. Le 2 juin, elle se concentrait autour de Novare et l’empereur Napoléon III ordonna au général Jacques Camou, de la IIe division d’infanterie de la garde impériale, de se diriger vers Turbigo afin d’y construire un pont sur le Tessin et d’y sécuriser le passage du IIe corps d’armée français du général Patrice de Mac Mahon. Dans le même temps, le maréchal autrichien Eduard Clam-Gallas se présentait sur la rive gauche pour défendre l’entrée de la Lombardie.

Le 3 juin, les deux armées s’affrontèrent d’abord à Turbigo, puis à Robecchetto con Induna, et les français réussirent à sécuriser la région et à prendre le pont de San Martino di Trecate un peu plus au sud. Les troupes de Mac Mahon traversèrent le Tessin, alors que Napoléon III restait sur la rive ouest avec le reste de son armée. Entre temps, l’armée du roi Victor-Emmanuel II l’avait rejoint et les forces franco-piémontaises étaient prêtes à continuer leur route sur Milan.

Le 4 au matin, la bataille commença lorsque les troupes de Mac Mahon rencontrèrent les forces autrichiennes rassemblées en triangle à Magenta, Marcallo con Casone et Boffalora sopra Ticino. Il me serait impossible de décrire ici la bataille et l’on trouve toutes les informations nécessaires sur l’internet pour ceux que cela intéresse. Les forces de Napoléon III étaient de 58 000 Français et de 1 100 Piémontais contre 58 000 Autrichiens dirigés par le maréchal Ferencz Gyulai. La bataille dura toute la journée et fit 657 morts, 3 223 blessés et 655 disparus chez les Franco-Italiens, et 1 368 morts, 4 358 blessés et environ 4 500 disparus chez les Autrichiens. Les généraux français Gustave Cler et Esprit Espinasse périrent pendant les combats.

Le cours de la bataille varia à tel point que les Autrichiens envoyèrent un télégramme de victoire à Vienne en milieu de journée, mais à 9h30 du soir, après avoir défendu dans de féroces combats de rue la ville de Magenta, ils se replièrent. Napoléon III félicita Mac Mahon de cette victoire en le nommant maréchal de France et duc de Magenta.

Ce fut une bataille décisive pour les forces franco-piémontaises. Le lendemain, les Autrichiens abandonnaient Milan et se retiraient en direction du « quadrilatère » formé par les forteresses de Peschiera, Mantoue, Legnago et Vérone, laissant le reste du territoire de la Lombardie libre. Le 8 juin, Victor-Emmanuel II et Napoléon III entrèrent victorieusement dans Milan, défilant sous l’arche de la Paix et par la place d’Armes et, le 9 juin, le conseil communal de Milan vota par un plébiscite l’annexion de la Lombardie au royaume de Sardaigne.

Mais le pire restait à venir, et ce pire s’appelait Solferino.

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