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Casello di Acaya

Le hameau d’Acaya dans le Salento (le talon de la botte italienne) est l’un des rares villages fortifiés encore parfaitement conservés des Pouilles. Toute l’architecture urbaine fut conçue pour optimiser les capacités de défense et de résistance à un siège et l’on peut encore voir l’organisation du réseau des rues dessiné par l’architecte militaire Gian Giacomo dell’Acaya au XVIe siècle.

Acaya - Author: Global Project Studio

Le centre historique est entouré par un mur avec trois bastions d’angles et un imposant château au quatrième angle. A l’époque, une seule porte permettait l’accès au bourg et au château. Les habitations sont divisées en blocs rectangulaires, séparés par 6 rues parallèles qui courent du nord au sud et trois rues parallèles dans le sens est-ouest. Les bâtiments publics sont disposés le long de la diagonale sud-ouest/nord-est: le château à l’angle sud-ouest; au centre, l’église Santa Maria della Neve et la Tour de l’Horloge; et à l’angle nord-est, le couvent Saint-Antoine.

A la fin du XVe siècle, Acaya s’appelait encore Segine. Il faisait partie du comté de Lecce depuis le XIIe siècle et, en 1294, il avait été cédé en fief par le roi Charles II d’Anjou à la famille dell’Acaya. En 1506, Alfonso dell’Acaya construisit la partie la plus ancienne du château, mais lorsque l’empereur Charles Quint chargea le fils d’Alfonso, Gian Giacomo, de fortifier le village, ce dernier l’agrandit et l’intégra dans son système de défense de la ville. A la fin des travaux, en 1535, Segine fut renommée Acaya en l’honneur de la famille seigneuriale.

Castello_e_la_porta - Author: Lupiae

Le château a la forme classique des châteaux de défense de la Renaissance: il a une structure trapézoïdale protégée par des remparts – avec des bastions triangulaires ou des tours rondes dans les angles – un double ordre de canonnières et un large fossé. Pour l’époque, il offrait le meilleur système de défense contre des armes à feu. Le château n’avait pas seulement une fonction militaire, il représentait également le pouvoir que Charles Quint voulait exercer sur la région et servait de résidence à la famille dell’Acaya dont les armoiries décorent les murs. Au rez-de-chaussée, on trouve des salles à voûtes d’ogives, la prison et les écuries. Un escalier mène aux pièces d’habitations réservées au propriétaire, dont une magnifique salle à manger ennéagonale décorée d’une frise qui coure sur l’ensemble des murs.

A la mort de Gian Giacomo en 1570, le fief d’Acaya passa à la Trésorerie royale, puis à la famille De Monti qui renforça les défenses du bourg par crainte des raids turcs. A l’extinction de la branche principale de la famille De Monti, à la fin du XVIIe siècle, il fut vendu aux Vernazza qui n’y apportèrent aucune modification, raison pour laquelle le village et le château conservèrent leur structure typique de la Renaissance sans avoir été touchés par la période baroque. En 1806, la féodalité fut abolie par les troupes françaises et le village tomba à l’abandon.

Ce n’est qu’au XXe siècle que le château fut racheté par la commune de Lecce et rentra dans un programme de renouvellement culturel du territoire. Au cours de la récente rénovation du château, on retrouva les traces d’une petite église byzantine au-dessus d’une crypte funéraire, malheureusement déjà pillée lors de se découverte, et des tombes qui sembleraient contenir les ossements de soldats du XIIIe siècle.

Acaya - Author: NordNordWestLien externe

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