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archeologico taranto

Créé le 3 avril 1887 par décret royal, le Musée archéologique national de Tarente (MArTa) ne fut inauguré qu’en 1905. C’était une époque où aucune loi ne protégeait le patrimoine culturel de la péninsule et les antiquités trouvées lors de fouilles archéologiques disparaissaient dans des collections privées ou dans des musées souvent éloignés de leur lieu d’origine. Les découvertes faites dans les Pouilles à l’époque du royaume des Deux-Siciles étaient ainsi envoyées au Musée royal bourbon de Naples ou parfois au Musée historique de Lecce. Mais l’amélioration progressive des structures administratives et le talent de certains archéologues à convaincre les collectionneurs privés de céder une partie de leurs biens permirent au musée de Taranto de se constituer une première collection qui en fit très vite le centre culturel de la ville.

shell - Author Chalfont Don

Le musée fut installé dans l’ancien couvent des Frères Alcantarini et son premier conservateur fut l’archéologue Luigi Viola. Au départ, le musée ressemblait plus à un entrepôt où les antiquités étaient entassées qu’à un musée organisé. Les salles étaient sombres et mal aérées, et l’espace manquait. Le successeur de Viola, Quintino Quagliati, répertoria chaque pièce et les classa par ordre chronologique. Ce ne fut cependant qu’au début des années 1950, lorsqu’une aile fut construite dans les jardins de l’ancien couvent, que le problème du manque d’espace put être résolu. En 1963, le musée fut à nouveau agrandi et, au début des années 2000, il fut restauré et les collections organisées de manière thématique pour lui donner son aspect actuel.

A partir de 1939, les collections du musée furent enrichies par les découvertes faites dans la région. En effet, une nouvelle loi fut émise cette année-là qui protégeait les antiquités trouvées en leur attribuant une valeur marchande divisée entre le découvreur et le propriétaire du terrain. Cela permettait ainsi d’éviter les fouilles sauvages et le « vol » d’antiquités qui désormais appartenaient à l’Etat.

Lekanis_Agamemnon - Author: Jastrow

Le musée est sur trois niveaux. Le rez-de-chaussée est consacré à l’accueil des visiteurs, aux expositions temporaires, aux séminaires et aux bureaux de l’administration. L’exposition permanente se trouve sur les deux étages supérieurs et est organisée le long d’un parcours qui cherche à représenter les aspects les plus significatifs des anciennes populations de la région de Tarente. Des premiers témoignages de peuplements au cinquième millénaire avant notre ère, le visiteur découvre les premiers contacts établis par les indigènes avec le monde grec, puis les phases de la colonisation des Spartiates sur les côtes du golfe de Tarente. Un grand espace est consacré aux modes de vie, cultes, rites funéraires et économie de la ville grecque, sans oublier l’influence et les conséquences que la culture hellénique eut sur les indigènes. Le visiteur passe ensuite dans les salles correspondant à la colonisation romaine du IIIe siècle av. J.-C jusqu’à la fin de l’Empire, pour arriver finalement à l’Antiquité tardive et au haut Moyen Age. La fin du parcours est réservée à des expositions d’antiquités classées selon leur matériau (pierre, terre cuite, poterie, métaux précieux).

Gold_earring - Author: Michel Guilly

La collection la plus prestigieuse du musée, celle qui attire des visiteurs du monde entier et qui a contribué à établir la réputation du musée comme l’un des trois plus grands d’Italie (avec le Musée national romain et le Musée archéologique de Naples), est la collection des bijoux grecs en or, dits Ori di Taranto. Entre le IVe et le IIe siècle av. J.-C., les orfèvres grecs étaient extrêmement bien représentés à Tarente et ils conçurent des bijoux de haute qualité, en particulier pour les femmes. Une impressionnante progression peut être observée au cours de la deuxième moitié du IVe siècle av. J.-C., lorsque des quantités considérables d’argent et d’or inondèrent les marchés méditerranéens après les conquêtes d’Alexandre le Grand en Orient. Les artisans de Tarente reproduisirent des modèles de ferronnerie grecques selon une ré-interprétation originale des formes et avec des techniques innovantes comme la décoration et la colorisation grâce à des émaux. Les autres techniques utilisées étaient le martèlement, la ciselure, le filigrane et la granulation. La plupart des pièces proviennent de monuments funéraires, ce qui montre la richesse des habitants de Tarente de cette époque.

Taranto - Author: NordNordWest

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