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Università degli Studi di Bari

L’histoire (ou plutôt la non-histoire) de l’université de Bari remonte au début du XIXe siècle, lors de l’occupation française du royaume de Naples. En 1814, le roi Joachim Murat décida la création de quatre facultés à Bari: médecine, droit, mathématiques et pharmacie avec un budget de 25 000 Lires. Après le retour des Bourbons sur le trône de Naples, le poète Giordano de Bianchi Dottula proposa la fondation d’une université, mais le projet fut jugé trop ambitieux pour une cité d’à peine 20 000 habitants.

Après l’unité de l’Italie en 1860, Rome décida qu’une université était inutile à Bari. Non seulement les nouveaux dirigeants fermèrent la faculté de médecine, mais ils transformèrent les autres facultés en simples écoles supérieures. La demande officielle du maire de la ville auprès du parlement à Rome, en 1862, de créer une université pour Bari (qui comprenait alors 40 000 habitants) fut refusée.

En 1863 néanmoins, la municipalité et la province approuvèrent la construction d’un bâtiment universitaire. Le projet semblait irréalisable, car les caisses étaient vides et personne ne pouvait les aider: la Maison de Savoie avait dépensé une fortune pour parvenir à l’unification du pays et le déficit du royaume des Deux-Siciles avait été à la charge des villes du sud. La première pierre fut cependant posée en 1867 et la construction dura 18 ans. En 1885, le palais Ateneo était inauguré.

Palazzo Ateneo - Author: uniba

Deux ans avant l’achèvement des travaux, la municipalité renvoya une demande officielle auprès du parlement à Rome pour ouvrir une université à Bari arguant que les frais seraient moindres maintenant que les locaux étaient construits. La proposition faillit être à nouveau rejetée à cause des parlementaires napolitains qui ne pouvaient envisager de perdre le monopole de l’enseignement dans le sud, mais le 23 février 1884, le maire reçut finalement l’information que la fondation de l’université avait été approuvée et insérée dans la loi.

Pourtant, rien ne se fit par manque de fonds. Le budget ne fut pas adopté et la province ne pouvait pas absorber seule les frais. Le Sénat, non seulement ignora les nombreuses pétitions des citoyens de Bari, mais menaça même de fermer les écoles supérieures encore en place. Selon Rome, « per il Mezzogiorno continentale, l’Università di Napoli basta e avanza! » (pour le sud continental, l’université de Naples suffit!).

Entre temps, en 1910, Bari avait passé la barre des 100 000 habitants et était devenue une ville de riches marchands. Le pouvoir politique et économique de ces derniers ne pouvait plus être ignoré et le 13 juin 1913 Rome envoya un télégramme pour annoncer que le Sénat considérait légitimes les pétitions de Bari. Mais c’était compter sans la grande histoire. Une année plus tard, la Première Guerre mondiale éclatait et l’université de Bari fut reléguée au second plan.

Dès la fin de la guerre, les députés de Bari relancèrent le parlement: « La ville de Bari ne peut pas, après la guerre victorieuse, remplir sa noble mission de relance du commerce et de civilisation sans un important centre de culture » écrivirent-ils dans leur pétition. Les citoyens étaient prêts à offrir le palais Ateneo et des contributions financières annuelles au ministère de l’Instruction publique pour obtenir l’université. Mais le pays avait d’autres problèmes, la guerre avait laissé des blessures profondes dans la société et l’Italie était au bord de la guerre civile.

Le 29 octobre 1922, Benito Mussolini fut appelé par le roi pour former un nouveau gouvernement. En 1923, le philosophe Giovanni Gentile fut nommé ministre de l’Education et lança la plus grande réforme scolaire que l’Italie ait connu, un nouveau système qui transforma et affecta tous les niveaux de l’enseignement public, de la maternelle à l’université. Mussolini voulait faire du Sud un « pont vers l’Orient » et les hiérarques originaires de Bari qui l’entouraient ne manquèrent pas de lui rappeler que leur ville n’avait toujours pas d’université.

Il est dit que, lors d’un événement public à Rome, Mussolini s’approcha de Gentile et lui glissa un billet sur lequel il avait écrit: « Si faccia l’Università in Puglia e si faccia presto! » (On fait l’université dans les Pouilles et on la fait tout de suite!).

C’est ainsi que l’université de Bari fut inaugurée en 1925 au palais Ateneo. Elle était composée d’une faculté de médecine et de chirurgie et l’ancienne école de pharmacie fut transformé en faculté. Quelques années plus tard, l’école royale supérieure de commerce, fondée en 1882, fut incorporée en faculté de droit, économie et commerce.

Aujourd’hui, l’université offre 13 facultés: agronomie, économie, pharmacie, droit, lettres et philosophie, langues et littératures étrangères, médecine et chirurgie, médecine vétérinaire, sciences bio-technologiques, sciences de l’enseignement, mathématiques, physique et biologie, sciences politiques et éducation physique. Elle est fréquentée par plus de 60 000 étudiants.

L’enseignement est donné dans une dizaine de bâtiments à Bari et s’étend aussi aux ville de Tarente, de Brindisi et de Valenzano. L’université est également responsable du Museo Orto botanico.

En 2010, l’université fut renommée Università degli Studi Aldo Moro, du nom de son plus célèbre élève et professeur.

Ces deux dernières années, la réputation de l’université, principalement la faculté d’économie, a été entachée par des accusations de népotisme. Sur les 176 enseignants d’économie, 42 ont des liens de parenté. Des élèves ont été favorisés dans des concours au détriment d’autres et des procédures judiciaires sont actuellement en cours pour dédommager les véritables gagnants.

Bari - Author: NordNordWest

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