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Monte Sant'Angelo

Monte Sant’Angelo se trouve sur les pentes du Monte Calvo, à 800 mètres d’altitude sur les hauteurs de la côte méridionale du Gargano, l’éperon de la botte italienne. Son sol calcaire présente une morphologie karstique caractérisée par de nombreuses grottes, dont la plus célèbre est celle dans laquelle se trouve l’autel dédié à l’archange Michel.

Monte Sant'Angelo - Author unknown

Selon la tradition, une église aurait été construite au-dessus de la grotte entre 490 et 493 par l’évêque de Siponto, en souvenir de l’apparition de l’archange qui lui avait promis sa protection contre les barbares s’il construisait un lieu de prières pour les chrétiens. C’était la première apparition de saint Michel en Occident et son culte, déjà très répandu en Orient, s’étendit à travers toute l’Europe. L’archange apparut encore trois fois à Monte Sant’Angelo, la dernière fois en 1656 lors d’une épidémie de peste.

Saint Michel - Author: tango7174

En réalité, il est fort probable que l’église ait été construite dans la seconde moitié du VIIe siècle, sur les vestiges d’une ancienne église basilienne, dans le cadre d’une réorganisation politique et religieuse du duché lombard de Bénévent. L’église devint le sanctuaire le plus vénéré des Lombards spécialement proches du culte de saint Michel et elle fit l’objet de nombreux et fréquents pèlerinages, surtout grâce à la Via Sacra Langobardorum, une variante de la Via Francigena, qui reliaient les trois plus grands sites religieux dédiés à saint-Michel (le Mont-Saint-Michel en France, Saint-Michel-de-la-Cluse dans le Val de Suze et Monte Sant’Angelo) en une ligne droite qui se prolongeait jusqu’à Jérusalem.

Via Sacra Langobardorum - Author: Oeil de Cat

Pillé et détruit par les Sarrasins en 869 et reconstruit en 871 par l’empereur d’Occident Louis II, le sanctuaire devint un avant-poste de l’Eglise latine contre les avancées de l’Eglise byzantine et un lieu de passage pour les Croisés qui se rendaient en Terre Sainte. De nombreux papes, prélats, saints, empereurs, rois et princes se joignirent à la foule des pèlerins pour rendre hommage à saint Michel, ce qui engendra le développement, au Xe siècle, d’un centre urbain, artistique et culturel rayonnant en comparaison des autres communes du Gargano. Dans la deuxième moitié du XIe siècle, Sant’Angelo devint la « capitale » des possessions des Normands dans l’éperon.

A partir de cette période, l’histoire de Monte Sant’Angelo peut être lue sur les pierres de son château. Ses premières fondations furent construites en 838 par Orso Ier, évêque de Bénévent et de Siponto. De la domination normande au XIe siècle, il ne reste que la Tour des Géants, de forme pentagonale, avec des murs de 18 mètres de hauteur et de 3 d’épaisseur. Au XIIe siècle, il fut restauré et agrandi par les Souabes afin de pouvoir accueillir la comtesse Bianca Lancia, la maîtresse de l’empereur Frédéric II, et reçut le statut de castra exempta (château dépendant directement de l’empereur). La Salle du Trésor, avec son pilier central et ses voûtes d’ogive, témoigne de l’élégance et du raffinement que Frédéric II apporta aux travaux.

castello - Author unknown

Les fortifications actuelles et le fossé devant l’entrée datent de la domination angevine qui utilisèrent le château comme prison. Après quelques années aux mains des princes de Durazzo, le château passa à la Maison d’Aragon qui le fit consolider, au XVe siècle, par l’architecte Francesco di Giorgio Martini, pour y intégrer des armes défensives à feu afin de défendre la ville contre les attaques des Turcs. L’aspect actuel du château date de cette époque. Depuis 1907, il appartient à la commune de Monte Sant’Angelo.

L’autre grand monument à visiter à Monte Sant’Angelo est le sanctuaire de Saint-Michel. Il est composé du baptistère de San Giovanni in Tumba, de l’église de Santa Maria Maggiore et de la grotte originale. On accède à la grotte par une façade de deux portails du XIVe et du XIXe siècle. De l’entrée, un grand escalier creusé dans la roche descend vers un troisième portail roman, appelé le Portale del Toro, dont les portes de bronze furent sculptées en 1076 à Constantinople. Elles sont divisées en 24 panneaux illustrant la vie des anges selon l’Ancien et le Nouveau Testament. A l’intérieur, des cryptes exposent l’autel, le siège de l’évêque datant du XIIe siècle et des statues de saint Michel et de saint Sébastien. A l’extérieur, juste à côté de l’entrée, un magnifique campanile de forme octogonale, construit comme tour de guet par Frédéric II, puis modifié par Charles Ier d’Anjou comme clocher, est modelé selon le style et les proportions des tours de Castel del Monte.

Sanctuaire - Author unknown

Depuis 2001, le sanctuaire fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO, aux côtés de six autres bâtiments répartis sur la péninsule, comme témoignage des réalisations des Lombards venus d’Europe du Nord s’implanter en Italie. Selon la description qu’en fait l’UNESCO, « ces biens représentent la quintessence du patrimoine bâti et de l’art des Lombards subsistant aujourd’hui en Italie. Peuple d’origine germanique sédentarisé et christianisé, les Lombards assimilèrent les valeurs matérielles et culturelles que leur légua le monde romain finissant. Également au contact des influences byzantines, hellénistiques et moyen-orientales, les Lombards effectuèrent une synthèse culturelle, architecturale et artistique unique, tant par sa diversité monumentale et stylistique que par ses différents usages civils et religieux. Il s’agit de l’une des racines majeures de la naissance du monde médiéval européen et de l’établissement de la chrétienté occidentale. »

Monte Sant'Angelo - Author: NordNordWestLiens externes

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