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Rodi Garganico

Rodi Garganico est situé sur la côte nord du Gargano, l’éperon de la botte italienne, perchée sur un promontoire rocheux entre deux longues plages de sable, à quelques kilomètres à l’est du lac de Varano. Elle est entourée par une végétation luxuriante, composée principalement de vergers d’agrumes, d’oliviers et de forêts de pins, de caroubiers et de figuiers. Les deux plages, la plage du Levant et la plage du Couchant, sont couvertes d’un sable clair dont le grain est particulièrement fin. La petite cité balnéaire a été récompensée douze fois du « Pavillon Bleu », symbole d’une qualité environnementale exemplaire, par la Fondation pour l’éducation à l’environnement et fut classée « trois voiles » par le guide italien Legambiente en 2010.

Il reste beaucoup de vestiges de la présence d’établissements humains préhistoriques (du paléolithique et du néolithique) dans la région, mais la fondation du village serait plus récente, sans que l’on sache exactement quand et par qui. Pline l’Ancien mentionne un port nommé Portus Garnae que les historiens identifient au port de Rodi Garganico. Une épigraphe suggère qu’à l’époque romaine, Rodi Garganico était une province administrée par un magistrat et collecteur d’impôts. Dans le quartier Sotto il Castello, on peut encore voir de nos jours les impressionnants remparts du port qui, peu à peu, furent transformés en habitations. Une trappe creusée dans la muraille permet l’accès à une salle dont le linteau porte l’inscription latine Tabularium et dont la fonction était probablement d’enregistrer les activités commerciales du port. Après la chute de Rome, Rodi Garganico fut détruite par les Goths en 435, reconstruite en 553 et attaquée par les Sarrasins en 950.

Rodi_garganico_aerea - Author: Theirrulezphoto

Au XVIe siècle, elle connut une période de prospérité grâce à la production d’agrumes qui touchait chaque habitant. Afin de se protéger des aléas du climat, la ville chercha la « protection » d’un saint, indispensable pour une agriculture fructueuse. Après de nombreuses recherches, le choix se porta sur saint Valentin dont la fête se tient à l’époque la plus critique pour la culture des oranges. Le 10 février 1618, l’archevêque de Manfredonia approuva ce choix et, quatre jours plus tard, les ossements du saint furent transportés de Rome à l’église de Vico del Gargano dans les collines, donnant lieu à une procession qui est depuis répétée chaque année entre les deux villages.

Même si la ville est toujours active dans le commerce d’agrumes, elle a développé depuis les années 1960 le secteur touristique, au point d’être reconnue de nos jours comme une agréable étape balnéaire lors d’un voyage dans les Pouilles. La vieille ville est perchée sur un rocher qui domine la mer et a réussi à garder sa physionomie de village de pêcheur. Les maisons sont blotties les unes contre les autres dans un dédale de ruelles escarpées et d’escaliers raides, de sorte que chacune a vue sur la mer et est protégée des vents d’hiver.

Madonna_della_Libera - Author: Mentnafunangann

Un monument incontournable de Rodi Garganico est le sanctuaire de la Vierge de la Libera où se trouve une magnifique peinture byzantine représentant la Vierge de Tendresse tenant l’enfant Jésus dans ses bras entre saint Jean l’Evangéliste et saint Catalde. La tradition veut que lorsque Constantinople tomba aux mains du sultan Mehmet II, les Vénitiens sauvèrent autant d’icônes sacrées qu’ils purent en embarquer. Lorsque les galères arrivèrent au large de Rodi Garganico, l’une d’elles s’arrêta inexplicablement, incapable de poursuivre le voyage malgré les vents favorables, alors que les autres continuaient leur route. Le capitaine descendit à terre pour s’enquérir de ce phénomène, mais les habitants ne purent lui fournir d’explications. Alors qu’il s’apprêtait à remonter à bord, il remarqua sur un rocher l’icône de la Vierge qu’il était censé ramener à Venise. Convaincu qu’elle avait été amenée là par un membre d’équipage, il la ramena à bord. Pendant la nuit, la galère resta immobile malgré les conditions de navigation favorables et, lorsque le capitaine redescendit à terre le lendemain matin, il remarqua l’icône sur le rocher au même endroit que la veille. La foule criait au miracle et le capitaine décida de la laisser là. Après cette décision, le navire put reprendre sa route et, malgré les deux jours d’arrêt à Rodi Garganico, il arriva trois jours avant les autres.

Rodi Garganico - Author: NordNordWest

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