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Asini

Un des éléments inséparables du paysage méditerranéen, notamment en Italie, est l’âne commun, descendant de l’âne sauvage d’Afrique et domestiqué dans la vallée du Nil environ 5 000 ans av. J.-C. Actuellement, grâce au développement de la mécanisation dans les campagnes des pays industrialisés, il est devenu un animal de compagnie, mais étant plus robuste, docile et facile à l’entretien que le cheval, il fut utilisé (attelé, monté ou bâté) pendant des siècles comme bête de somme. Sa fonction première était le transport des hommes et des biens et il participa à l’essor du commerce et à l’expansion de civilisations sur de grandes étendues. Dans l’agriculture, il était surtout utilisé pour le sarclage, pour l’accès aux cultures et aux vignes escarpées ou pour ses qualités de débroussailleur.

Au cours des siècles, les besoins des hommes façonnèrent des races asines, privilégiant certaines qualités morphologiques pour obtenir des sujets homogènes. En 2008, on recensait 185 races reconnues dans le monde, dont certaines étaient malheureusement déjà éteintes. En Europe, où l’âne n’est plus considéré comme un animal de travail, la notion de race asine prend de plus en plus d’importance et on voit apparaître un regain d’intérêt pour l’espèce, grâce à des associations d’éleveurs qui unissent leurs efforts pour protéger et perpétuer les standards morphologiques des races encore existantes.

Scicilian_Donkey - Author: Just chaos

En Italie, huit races sont recensées et protégées. La région de la Sicile en possède trois. L’âne gris, le plus commun, de petite taille, à la robe grise ou brune avec le pelage des membres tirant vers le blanc, remonte à l’Antiquité. La race plus élégante de l’île de  Pantelleria, également très ancienne, mais actuellement en voie d’extinction, est plus grande et de robe plus foncée. Toutes les deux sont robustes et capable de supporter des conditions de vie difficiles. La troisième race sicilienne, celle de Ragusa, est d’origine récente (1953) et est le résultat de nombreux croisements entre l’âne gris et l’âne de Pantelleria, puis avec celui de Martina Franca et l’âne catalan. Plus grand et d’une morphologie plus lourde que les deux autres, il est principalement utilisée pour le bât et l’attelage.

asino sardo - Author unknown

La Sardaigne possède deux races. La plus commune, que l’on trouve sur l’île principale, aurait déjà été présente au Néolithique. Très petit, l’âne sarde fut de tout temps utilisé pour l’agriculture et pour le bât dans les zones escarpées. Il servit également à faire tourner la meule des moulins, d’où son surnom de « molente », et à transporter les affaires et les provisions des bergers lors des transhumances. La deuxième race sarde se trouve sur l’île d’Asinara. Elle présente la caractéristique d’une robe très blanche liée à une forme d’albinisme incomplet. Elle est considérée comme vulnérable, sa population se situant actuellement à une centaine de têtes qui vivent entièrement à l’état sauvage sur l’île.

Asino Martina Franca - Author unknown

Les trois autres grandes races italiennes sont l’âne de Martina Franca, le Romagnolo et l’Amiata. L’âne de Martina Franca se trouve dans la vallée d’Itria dans les Pouilles et descendrait d’un croisement entre l’âne commun et l’âne catalan. C’est un animal robuste et vif, assez grand, qui se caractérise par sa robe très sombre. L’âne romagnolo est originaire de la province de Forlì. Il est toujours utilisé pour la récolte du bois et des châtaignes, mais il bénéficie d’un plan de sauvegarde au vue de son très faible effectif. L’âne d’Amiata en Toscane est un âne élégant, caractérisé par la croix de saint André sur son dos et des zébrures sur les membres. Malgré sa sveltesse, il est suffisamment robuste pour être utilisé pour le travail agricole et comme âne de bât.

Depuis toujours, le lait d’ânesse fut utilisé pour ses vertus alimentaires, médicales et cosmétiques. En effet, il est le lait le plus proche du lait maternel humain, avec notamment des taux de lipides plus bas et de lactose plus élevés que celui de vache. En médecine, Hippocrate et Pline l’Ancien le prescrivaient déjà contre de nombreux maux. On raconte que le roi de France François Ier guérit de la fatigue des guerres en en buvant. Actuellement, on recommande le lait d’ânesse aux malades atteints d’épuisement, d’affections pulmonaires ou d’irritations gastro-intestinales. Et qui ne connaît pas les célèbres bains de lait d’ânesse que prenait la belle Cléopâtre en Egypte pour entretenir sa beauté et la jeunesse de sa peau? De nos jours, les associations de protection des ânes fabriquent des savons et de la crème hydratante pour compléter les revenus que les éleveurs tirent de l’élevage ou de la location aux randonneurs.

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