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Valle d'Itria

La vallée d’Itria, qui n’est pas une vallée à proprement parler, mais plutôt une dépression due à des phénomènes d’érosion de type karstique, s’étend dans les Pouilles centrales sur les provinces de Bari, de Brindisi et de Tarente. Elle est caractérisée par ses habitations à toit conique en pierres sèches, les trulli, l’abondance de ses champs d’oliviers et la qualité de ses vignes desquelles sont produits des vins blancs renommés, comme le Locorotondo DOC et le Martina Franca DOC.

valle-ditria - Author unknown

Les très nombreux sites archéologiques de la région attestent de la présence humaine dans la région depuis l’âge de bronze et l’établissement de colonies messapiques incorporées plus tard dans le territoire grec de Tarente, puis dans celui de l’antique cité d’Egnazia (l’actuelle Fasano) à l’époque de la République romaine. A la chute de l’Empire romain, la région connut une période d’incertitude politique et fut attaquée à de nombreuses reprises par des populations étrangères, que ce soient les Goths, les Lombards, les Byzantins ou les Sarrasins. Avec le temps, Egnazia fut progressivement abandonnée et ses constructions peu à peu démantelées pour en réutiliser les pierres.

Le nom d’Itria viendrait du culte chrétien oriental qu’une congrégation de saint Basile, installée à la fin du premier millénaire dans un monastère près de l’actuelle Martina Franca, vouaient à la Madonna Odigitria (La Vierge qui montre le chemin), protectrice des voyageurs.

Locorotondo - Author unknown

A la fin du XIe siècle, la région était aux mains des Normands qui facilitèrent l’implantation de communautés de saint Benoît. Au XIIIe siècle, la région tomba sous la domination de Frédéric II du Saint-Empire, puis elle passa successivement aux Angevins, aux Aragonais et aux Espagnols qui l’inclurent dans le royaume dépendant de Naples.

Au XIXe siècle, la vallée était principalement peuplée par des agriculteurs et des bergers qui la traversaient pour suivre leurs troupeaux lors des transhumances entre les Abruzzes et le Salento (le talon de la botte italienne). Son paysage urbain était composé de petits châteaux, de fermes et de villages fortifiés pour se protéger de l’action des nombreux bandits qui sévissaient dans la région.

Trulli d'Itria - Author unknown

L’abondance de pierres dans le sol permit la construction des trulli. Les premières références à ce type de construction remontent au XVIIIe siècle, mais c’est surtout au XIXe siècle qu’ils se répandirent dans la vallée. Il s’agissait soit d’habitats temporaires ou saisonnier dans les champs, soit d’habitats permanents pour les petits paysans ou les ouvriers agricoles. Dans la campagne, les trulli étaient construits individuellement ou jusqu’à des groupes d’une demi-douzaine de dômes. La particularité du toit en pierres sèches permettait au paysan de le démolir très rapidement en cas d’inspection foncière. En effet, aucune taxe ne pouvait être prélevée sur une « ruine ».

alberobello - Author: Dominique grassigli

Certaines agglomérations de trulli se sont formées, dont la plus célèbre et la plus grande est Alberobello avec plus de 1 500 trulli. Le village est qualifié de Capitale dei Trulli et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1996. Depuis 1930, deux de ses quartiers, le Rione Monti et le Rione Aia Piccola, sont déclarés « Monument national ».

Au début des années 2000, les trulli devinrent un lieu de séjour prisé par les touristes. En dix ans, leur prix décupla et nombre d’entre furent restaurés afin d’être transformés en table d’hôtes.

Alberobello - Author NordNordWest

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