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Basilica di San Nicola Bari

Nicolas de Myre est un saint vénéré à la fois par les catholiques et les orthodoxes chrétiens, surtout les orthodoxes russes. Né à Patara en Lycie en 270, il fut évêque de l’Empire d’Orient à Myre et renommé pour sa charité et sa foi combative. A sa mort, en 345 à Myre, il fut proclamé saint et son culte se répandit peu à peu dans le monde occidental, alimenté par sa réputation de protecteur des petits enfants. Ses ossements furent conservés dans une église de Myre jusqu’au XIe siècle et attiraient nombre de pèlerins. En 809, la ville fut enlevée aux Byzantins par les Abassides, puis à la fin du XIe siècle, elle passa aux mains des Seldjoukides du sultan Malik Shah Ier. Afin de les protéger et malgré les protestations des moines orthodoxes qui les conservaient, des marins de Bari volèrent les reliques et les ramenèrent le 9 mai 1087 à Bari où, selon la légende, le saint avait désiré être enterré.

Pour accueillir les reliques, le pape Urbain II ordonna la construction d’une crypte, dans laquelle – et alors qu’elle était encore en construction – il réunit le concile de Bari de 1098, dans l’espoir de résoudre le schisme entre les Eglises d’Orient et d’Occident. Le concile fut présidé par le pape et suivi par 180 archevêques, évêques et abbés catholiques. Par contre, aucun prélat orthodoxe de haut profil ne s’y rendit et la réunion fut un échec, comme le furent plus tard les conciles de Lyon de 1245 et de Florence de 1431. L’année suivante, la crypte fut consacrée par Urbain II, pendant que la construction de l’église continuait. Selon un ancien parchemin, il semblerait qu’en 1103, la basilique était déjà terminée, mais une plaque commémorative indique 1197 comme l’année de sa consécration.

basilica Bari - Author unknown

La basilique est l’une des premières à avoir été construite dans le style roman des Pouilles et servit par la suite de modèle à de nombreuses églises de la région. La façade est composée de trois parties délimitées par des pilastres et décorée d’arcs sobrement sculptés et de fenêtres à meneaux. Le portail principal est surmonté d’un portrait de saint Nicolas. Sur les façades latérales, on peut voir de magnifiques sculptures d’animaux et des portails richement décorés de bas-reliefs. Deux massives tours basses et carrées encadrent l’édifice.

Puglia_Bari - Author: tango7174

L’intérieur est construit en forme de croix latine, selon un plan à trois nefs. Douze colonnes de granit délimitent la nef principale et le coeur est séparé du transept par trois arches élégantes soutenues par des colonnes d’influence byzantine. Au-dessus de la nef principale, trois gigantesques arcs, ajoutés au XVe siècle, consolident la structure qui fut fragilisée lors d’un tremblement de terre en 1456. Au-dessus des nefs latérales, un matroneum, une galerie d’arcades réservée aux femmes, s’ouvre sur la nef principale. Le plafond est en bois sculpté avec des tableaux datant du XVIIe siècle.

cyborium - Author: Porcullus Marek Postawka

L’autel est surmonté d’un magnifique ciborium dont le chapiteau présente des similitudes avec ceux sculptés entre le Ve et le VIIe siècle. Il fut construit avant 1150 et est le plus ancien des Pouilles. L’abside principale est caractérisée par un pavement en marqueterie de marbre. Elle contient la cathèdre de l’évêque faite à la fin du XIe siècle par l’abbé Elias, archevêque de Bari et Canosa. Le siège est supporté par deux esclaves sarrasins, tandis qu’au centre, un pèlerin marche en direction de la Terre Sainte. Ce trône est un magnifique exemple de l’art roman des Pouilles. L’abside accueille également le majestueux mausolée de Bona Sforza, reine de Pologne, réalisé au XVIe siècle. Le tombeau est encadré des statues de saint Nicolas, patron de Bari, et de saint Stanislas, patron de la Pologne. A leurs pieds, des allégories portent les armes de la Pologne et de Bari.

BonaSforza_tomb - Author: Porcullus Marek Postawka

Sous le transept, la crypte à trois nefs est soutenue par 26 colonnes décorées avec différents chapiteaux romans. Sous l’autel central se trouve le corps de saint Nicolas. Dans une des absides latérales, un autel est destiné au culte orthodoxe qui se tient chaque jour.

La basilique marque la rencontre entre l’Eglise catholique romaine et l’Eglise grecque orthodoxe qui a profondément influencé la culture des Pouilles au cours de son histoire. A la chute des régimes communistes en Europe de l’Est, elle est devenue un important lieu de pèlerinage pour les Russes. Les nombreuses offrandes qu’ils apportèrent permirent la constitution d’un important trésor exposé au Musée Nicolaiano.

La légende veut que l’église fut construite pour cacher le Saint-Graal, la coupe utilisée par le Christ lors de la Cène et dans laquelle son sang fut recueilli pendant son calvaire. La base de cette légende repose sur le fait que Bari était un des ports à partir desquels les Croisés partaient en Terre Sainte et, par ce fait, revêtait un caractère sacré.

Bari - Author: NordNordWest

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