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Carpaccio Vittorio

Nous ne possédons pas beaucoup de détails biographiques sur la vie de Vittore Carpaccio. Son vrai nom était en réalité Scarpazza ou Scarpazo que le peintre transforma en Carpaccio pour signer ses oeuvres. Il semble qu’il venait de l’île de Mazzorbo dans la lagune de Venise et que sa famille déménagea sur l’île principale au XIVe siècle.

Sa date de naissance est incertaine. Il serait né aux alentours de 1465. Le premier document officiel dans lequel il est mentionné est le testament de son oncle daté du 21 septembre 1472. Son nom apparaît ensuite sur une quittance de loyer du 8 août 1486, dans laquelle il est décrit comme un jeune homme habitant encore dans la maison paternelle. La qualité artistique de son premier tableau (L’arrivée des pèlerins à Cologne dans le cycle de la Légende de sainte Ursule) par rapport aux suivants laisse penser qu’il était encore relativement jeune lorsqu’il la commença en 1490.

Nous ne savons pas non plus dans quel atelier il fit son apprentissage, mais les historiens reconnaissent dans son oeuvre les influences d’Antonello da Messina, Alvise Vivarini, Giovanni et Gentile Bellini.

Sa première oeuvre, la Légende de sainte Ursule est une oeuvre en huit tableaux commanditée par la famille Loredan qui s’était distinguée dans la lutte contre les Ottomans au XVe siècle. Carpaccio mit environ cinq ans à la réaliser et intégra à l’histoire de sainte Ursule tirée de La légende dorée de Jacques de Voragine des éléments personnels et des personnages de la famille Loredan. Entre le premier tableau et le dernier, on assiste à la maturité artistique du peintre qui pouvait prétendre rivaliser avec le grand maître de l’école vénitienne de l’époque, Gentile Bellini.

Departure_of_the_Pilgrims - Author: Vittore Carpaccio

Carpaccio dépeignit l’histoire de la sainte avec un luxe de détails qui prouve sa sympathie pour les êtres et les choses, sans nuire pour autant à l’effet de la mise en scène. Les personnages forment des groupes ou des foules qui séduisent non seulement par l’éclat des costumes, mais aussi par leur disposition pleine de souplesse et de clarté. Les architectures qui les accueillent et dont les éléments sont souvent empruntés au cadre vénitien composent avec les vaisseaux dont sont jalonnés la légende un monde à la fois réel et féerique, mais ordonné par la perspective.

miracolo_della_Croce_a_Rialto - Author: Vittore Carpaccio

Après le succès de ce premier cycle, Carpaccio fut invité par la congrégation de saint Jean l’Evangéliste à participer, aux côtés de Gentile Bellini, Lazzaro Bastiani et Giovanni Mansuèti, à peindre un cycle sur les miracles de la Sainte-Croix. Le tableau de Carpaccio, intitulé Miracolo della Croce a Rialto, est une transcription fidèle de la ville de Venise, tant dans les détails architecturaux (le pont Rialto est encore en bois) que dans la composition de la foule. Cet art de reproduire exactement Venise ne sera égalé qu’au XVIIIe siècle par Canaletto.

presentazione_della_vergine_al_tempio - Author: Vittore Carpaccio

Carpaccio réalisa encore trois autres grands cycles. Entre 1502 et 1507, il fut commissionné par la congrégation des Dalmates de Venise pour créer un ensemble de neuf tableaux réprésentant les vies de saint Georges, saint Jérôme et saint Tryphon, ainsi que deux épisodes du Nouveau Testament. En 1506, c’est la congrégation de Sainte-Marie-des-Albanais qui lui commanda un cycle de 6 tableaux sur la vie de la Vierge. Et en 1510, Carpaccio travailla sur la vie de saint Etienne en cinq tableaux pour la congrégation du même nom.

Vittorio Carpaccio02

En parallèle des cycles, Carpaccio réalisa un certain nombre de tableaux isolés, principalement sur des thèmes religieux. Le lion de Saint-Marc est une des peintures les plus emblématiques, car hautement politique. Réalisé en 1516, il montre la puissance et l’ambition de Venise après la menace que la Ligue de Cambrai avait fait peser sur la Sérénissime en 1508. Le lion vient de la mer et regarde vers la terre, comme pour montrer sa détermination à régner sur les deux éléments. Le livre ouvert, signe de la paix retrouvée, rappelle la position privilégiée de Venise comme lieu de repos éternel d’un des quatre évangélistes.

Le timbre ci-dessous appartient à la série Donne nell’Arte des Poste Italiane. Il reproduit un détail du tableau Les deux courtisanes (ou Les deux dames vénitiennes) réalisé vers 1510 et exposé au Musée Correr à Venise. Ce tableau est le quart d’une oeuvre plus complète dont la moitié gauche est actuellement perdue. Le quart droit supérieur, Caccia in Laguna, est au Getty Museum de Los Angeles.

Vittorio Carpaccio03

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