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s. giorgio

Peu nous est parvenu de la vie de Georges de Lydda, mais à partir du XVIIe siècle, les historiens jésuites de la société des Bollandistes parvinrent plus ou moins à nous la reconstituer.

Georges naquit entre 275 et 280, à Lydda en Palestine, d’une noble famille grecque. Son père, Gerontius, venait de Cappadoce en Anatolie et était officier dans l’armée romaine. Sa mère, Polychronia, était native de Lydda. Tous deux étaient chrétiens et ils élevèrent leur fils dans la foi chrétienne. A l’âge de 14 ans, Georges perdit son père, puis quelques années plus tard, sa mère.

Saint George - Author: Carlo Crivelli

Il partit alors à Nicomédie, une ville impériale d’Asie mineure dans laquelle l’empereur Dioclétien avait établi résidence. Georges se présenta à l’empereur et fut engagé dans l’armée. A l’âge de vingt ans, il avait atteint le grade de tribun dans la garde impériale. En 303, lorsque l’empereur promulga les quatre édits qui marquèrent le début de la « grande persécution » des chrétiens, Georges refusa d’abjurer sa foi et de sacrifier aux dieux de l’Empire. Dioclétien tenta alors de le convertir, lui offrant des terres et des esclaves, mais Georges tint bon, laissant peu de choix à l’empereur qui le condamna à mort. Georges fut torturé à plusieurs reprises et ressuscita par trois fois. Durant son supplice, ses gardes se convertirent et furent mis à mort. Finalement, Georges fut décapité devant les murs de Nicomédie le 23 avril 303. Son corps fut ramené à Lydda où les chrétiens le vénérèrent comme martyr.

L’épisode de saint Georges terrassant le dragon est d’origine orientale et nous est parvenue dès le XIe siècle. La narration de La légende dorée de Jacques de Voragine assura sa popularité et la légende devint un sujet littéraire et iconographique fréquent. Selon la tradition, Georges traversait la ville de Silène en Libye sur son cheval blanc lorsqu’il entendit que la ville était à la merci d’un dragon que les habitants devaient régulièrement nourrir de moutons ou d’enfants pour l’apaiser. Avec un signe de croix, Georges dompta le dragon et le ramena en ville, promettant aux habitants de le tuer s’ils se convertissaient à la foi chrétienne. Quinze mille hommes se convertirent et Georges égorgea avec sa lance le dragon dont le corps fut emmené hors de la ville. Cette légende est l’allégorie de la victoire du bien sur le mal, de la Foi sur le Démon mentionné dans l’Apocalypse sous le nom de « dragon ».

Saint Georges - Author: Paolo Uccello

De la petite église de Lydda où le corps du martyr fut enterré, le culte de saint Georges se propagea dans toute l’Europe, d’abord en Orient, puis en Occident où le pape Gélase Ier le canonisa en 494. Il est le saint patron de la Géorgie, le patron céleste de l’Ethiopie, le saint protecteur de l’Angleterre. De nombreuses régions, villes, communes et institutions le vénèrent. Il est le saint patron des croisés et de la chevalerie de toute la chrétienté et l’on retrouve sa croix sur de nombreux drapeaux et emblèmes. Par ailleurs, il est également respecté comme un prophète dans la religion musulmane.

Saint Georges est traditionnellement représenté en armure, sur son cheval blanc (signe de pureté), ayant un dragon à ses pieds. Souvent, il porte une lance brisée à la main, ainsi qu’un écu et une bannière blanche à croix rouge. Dans les romans médiévaux, la lance avec laquelle il tua le dragon est appelée Ascalon, du nom de la ville d’Ashkelon en Terre sainte. Ce nom fut repris par Winston Churchill pour baptiser son avion personnel pendant la Seconde Guerre mondiale.

Carpaccio Vittorio

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