Étiquettes

Sella

Quintino Sella naquit à Mosso, dans la province de Biella au Piémont, le 7 juillet 1827. Après des études d’ingénieur hydraulique à Turin, il partit en 1847 à Paris étudier la minéralogie à l’Ecole des Mines, se spécialisant dans la cristallographie. A son retour à Turin en 1852, il enseigna la géométrie appliquée à l’Ecole polytechnique, puis devint professeur de mathématiques à l’université et, en 1860, professeur de minéralogie à l’Institut du Génie appliqué.

Pendant ces années, il se consacra à l’étude de la minéralogie et publia un ouvrage sur les principes de l’axonométrie. Son étude majeure porta sur la théorie et la pratique de la règle à calcul qui contribua grandement à la diffusion de cet instrument en Italie. En outre, alors qu’il était responsable du classement et de la réorganisation d’une collection de 18 000 minéraux provenant des mines et des carrières du Royaume de Sardaigne, il inventa un système aidant à trier le cuivre de la magnétite par séparation électromagnétique.

A l’unité d’Italie, il fut élu député de la ville de Cossato, puis en 1862 il reçut du président du Conseil des ministres Urbano Rattazzi le portefeuille des Finances. Le gouvernement de Rattazzi tomba avant que Sella puisse combler le déficit de 17 000 000 de lires auquel il était confronté. En 1864, il fut rappelé aux Finances par le cabinet d’Alfonso della Marmora et s’attaqua sérieusement au déficit de 8 millions de lires existant alors. Il persuada le roi de renoncer à sa liste civile de 1 200 000 lires et ses collègues d’abandonner une partie de leurs allocations ministérielles et il proposa de nouveaux impôts à hauteur de 1 600 000 lires.

Un vote de la Chambre des députés l’obligea à démissionner avant d’avoir pu restaurer le budget, mais il retourna au ministère des Finances en 1869, sous le gouvernement de Giovanni Lanza. Il fit, entre autres, enforcer l’impôt extrêmement impopulaire sur le broyage du grain et réussit enfin, avant de tomber en 1873, à équilibrer le budget et à consolider les finances de l’état. Cet exploit ne fut répété qu’en 1924 par le ministre des Finances Alberto De Stefani sous Benito Mussolini.

En 1870, il utilisa sa formidable influence politique pour empêcher l’intervention de l’Italie dans la guerre franco-prussienne et pour faciliter une occupation immédiate de Rome aux départ des troupes françaises qui protégeaient ce qu’il restait des Etats pontificaux.

En 1881, il se retira de toutes activités publiques pour se consacrer à ses études. Il mourut le 14 mars 1884 à Biella.

Sella était un passionné d’alpinisme et, à côté de ses fonctions politiques, il s’adonnait volontiers à ce passe-temps en sillonnant les Alpes. A cette époque, les Anglais étaient très présents dans les montagnes italiennes et certains Italiens, dont Sella, étaient blessés dans leur fierté nationale par cette intrusion étrangère, aussi pacifique fût-elle. Mais ils devaient en convenir, leurs montagnes restaient peu explorées et mal connues.

C’est ainsi que, deux ans après la première ascension du Monviso par une équipe britannique, Sella organisa une expédition 100% italienne. C’était un choix particulièrement symbolique: le Monviso est l’un des plus hauts sommets entièrement italiens et on le voit depuis Turin, capitale du royaume et berceau de l’alpinisme italien. La cordée atteignit le sommet le 12 août 1863, une victoire qui s’inscrivit dans l’affirmation de l’identité italienne et qui, à ce titre, prenait toute sa place dans le processus de l’unité italienne.

Sur sa lancée, Sella proposa de créer le Club alpin italien. Se référant au Club alpin britannique fondé en 1857, alors que les Anglais devaient se déplacer en Suisse ou en Italie pour grimper, Sella proposa de suivre leur exemple, afin, entre autres, de « faire grandir l’amour pour l’étude des sciences naturelles et de ne plus voir les belles richesses italiennes plus souvent étudiées par les étrangers que par les Italiens. »

Quintino Sella - Copyright freeLien externe

Advertisements