Étiquettes

Sardegna

La Sardaigne est située dans la Méditerranée occidentale entre la Corse à 11 km au nord, la Tunisie à 184 km au sud, les îles Baléares à l’ouest et l’Italie à l’est. Avec une superficie de plus de 24 000 km², c’est la deuxième plus grande île de la Méditerranée, après la Sicile. La distance entre le point le plus septentrional, Punta Falcone, et Capo Teulada au sud est de 270 km, alors que d’est en ouest (Capo Comino – Capo dell’Argentiera), elle est de 145 km. Le relief de l’île est composé principalement de collines et de haut plateaux rocheux. Les montagnes ne couvrent que 13% du territoire, culminant à 1 829 mètres d’altitude à la Punta La Marmora. Les plaines, dont la plus vaste est celle du Campidano au sud-ouest, sont d’origine fluviale. Les rivières, nombreuses, sont principalement à caractère torrentiel et sont souvent barrées artificiellement pour former des lacs, comme le lac Omodeo sur le fleuve Tirso. A noter que le seul lac naturel de l’île est le minuscule lac de Baratz au nord d’Alghero. Au sud et à l’ouest, dans les zones marécageuses du Campidano, on trouve cependant de nombreux étangs littoraux et des salines. Les côtes sont divisées en quatre grandes baies: Asinara au nord, Orosei à l’est, Cagliari au sud et Oristano à l’ouest. La Sardaigne est entourée de nombreuses îles, dont la plus grande est San Antioco, au sud-ouest.

La présence humaine remonte au Paléolithique, mais les premiers établissements permanents apparaissent au Néolithique. A partir de 1500 av. J.-C., des villages sont construits autour de tours rondes, appelées nuraghi, parfois renforcées et élargies par des créneaux. La fonction exacte des nuraghi n’est pas clairement définie, car leurs dimensions et leurs positions variaient. Ils pourraient avoir servi de temples, d’habitations ou de forts. Certains sont reliés par un mur autour d’une cour et d’une sorte de donjon central, comme à Su Nuraxi, la cité nuragique la mieux préservée. D’autres sont situés dans des endroits stratégiques au sommet de collines. Il reste actuellement environ 7 000 nuraghi en Sardaigne, principalement au centre de l’île.

Vers 1000 av. J.-C., les Phéniciens commencèrent à fréquenter les côtes et à fonder des ports d’escale. Ceux-ci devinrent d’importantes colonies, habitées par des commerçants qui entretenaient des relations généralement pacifiques avec les Sardes du centre. Après les guerres puniques, en 238 av. J.-C., la Sardaigne fut cédée à Rome qui mit fin à la civilisation nuragique. La domination romaine dura sept siècles, jusqu’à la chute de l’Empire. Après une courte occupation de l’île par les Vandales, l’île tomba sous la domination des Byzantins. L’île fut alors divisée en quartiers administratifs appelés merèie et une garnison armée fut stationnée à Forum Traiani (Fordongianus) sous le commandement d’un Dux pour contrôler la région centrale Barbagia. Le christianisme supplanta peu à peu le paganisme avec l’apparition de communautés monastiques. A partir du milieu du VIIe siècle, la présence byzantine s’amenuisa suite au début de la conquête musulmane de l’Afrique du Nord. L’île subit plusieurs raids de la part des Sarrasins et le contrôle impérial devint pour ainsi dire impossible. Lorsque l’empereur byzantin Constantin VII écrivit son important ouvrage De Administrando Imperio en 952, la Sardaigne n’y figurait plus comme une province impériale.

Ce vide politique provoqua la naissance des judicats sardes, territoires gouvernés selon les règles de droit romano-byzantines. Les principaux judicats étaient: le judicat d’Agugliastra (très vite annexé au XIe siècle par le judicat de Cagliari); le judicat d’Arborée, autour de la ville d’Oristano; le judicat de Cagliari; le judicat de Gallura, autour de la ville d’Olbia; et le judicat de Logudoro, autour de la ville de Torres. Les juges gouvernants furent d’abord élus par le Corona de Logu (parlement), mais très vite, des dynasties héréditaires furent mises en place. A la fin du XIIIe siècle, trois des quatre judicats tombèrent sous une domination étrangère: Cagliari en 1258 et Gallura en 1288 se soumirent à la république de Pise, et Logudoro passa aux puissantes familles génoises, notamment aux Doria. Le judicat d’Arborée résista plus longtemps et réussit même, sous le juge Marianus IV, puis sous sa fille Eléonore, à élargir son territoire, dans l’idée de réunir toute la Sardaigne sous sa domination et de créer un état sarde unique, mais son expansion conduisit à des tensions avec la Couronne d’Aragon qui, depuis 1324, avaient saisi les possessions de Pise. La guerre qui en résulta dura plus de 100 ans et se termina par la défaite d’Arborée en 1409 à la bataille de Sanluri et la perte d’Oristano en 1410. Finalement, en 1420, les héritiers d’Arborée vendirent leurs droits à la Couronne d’Aragon et la Sardaigne se retrouva entièrement sous la domination espagnole.

En 1708, suite à la Guerre de Succession d’Espagne, la Sardaigne passa aux mains des Autrichiens qui occupèrent l’île et en 1718, le traité de Londres la céda à la Maison de Savoie, formant le royaume de Sardaigne avec sa capitale à Turin. En 1848, le roi Charles-Albert de Savoie accorda à l’ensemble de son royaume le Statut albertin. La constitution du royaume de Sardaigne devint, en 1861, celle du royaume d’Italie jusqu’en 1949. Pendant la Première Guerre mondiale, la brigade Sassari de l’armée de terre, entièrement composée de Sardes, se distingua aux batailles de l’Isonzo et sur le plateau de l’Asiago. Elle reçut pour ses actions héroïques deux médailles d’or à la valeur militaire.

En 1948, la Sardaigne reçut le statut d’autonomie et son nom officiel devint Regione Autonoma della Sardegna. Elle a le pouvoir de légiférer de manière exclusive dans certains cas (organisation des administrations locales, construction, agriculture et forêts). Dans d’autres domaines (santé, assistance publique), la région peut légiférer dans le cadre des principes établis par la loi de l’Etat. La région est subdivisée en huit provinces, avec pour chef-lieu Cagliari.

Flag_of_the_Italian_region_Sardinia

Le drapeau de la Sardaigne date de l’époque aragonaise, lorsque l’île subissait les attaques fréquentes et régulières des Sarrasins. Les quatre Maures étaient alors tournées vers la gauche et ils avaient les yeux bandés. C’est en 1999 que le drapeau fut changé dans sa version actuelle. Selon certains historiens, le drapeau, lié à la Couronne d’Aragon, représenterait la victoire chrétienne d’Alcoraz en 1096 lors de la Reconquista de la péninsule ibérique occupée par les Maures et la croix rouge serait celle de saint George qui apparut sur le champ de bataille. Selon d’autres historiens, les têtes représenteraient quatre grandes victoires remportées par les Aragonais en Espagne, respectivement la reconquête de Saragosse, de Valence, de Murcie et des îles Baléares. Finalement, d’autres y voient les représentations de saint Maurice d’Agaune et de saint Victor de Marseille, tous deux représentés dans l’iconographie traditionnelle avec le teint mat et un bandeau sur les yeux. Mais quelle qu’en fut son origine, le drapeau était l’emblème du croisé dans une période historique où la Sardaigne était pleinement impliquée dans le conflit féroce qui opposait le Christianisme à l’Islam.

En 1951, le paludisme fut totalement éradiqué, ce qui facilita l’essor du tourisme, principalement axé sur les séjours estivaux, balnéaires et de luxe. Aujourd’hui, environ dix millions de personnes visitent l’île chaque année, ce qui fait du tourisme le principal moteur économique de l’île. L’industrie moderne sarde doit son développement aux contributions de financement de l’Etat dans les années 1960-1970 avec la formation de centres industriels localisés, comme les produits chimiques (à Porto Torres, Cagliari, Villacidro et Ottana), la pétrochimie (à Porto Torres et à Sarroch), la métallurgie (à Porto Scuso et à Porto Vesme), le ciment (à Cagliari), l’industrie pharmaceutique (à Sassari) et la construction navale (à Arbatax, à Olbia et à Porto Torres). L’artisanat comprend la fabrication de tapis, de textile, de dentelles, de vannerie, de bijoux et d’objets en corail. Le secteur primaire est axé sur l’élevage des chèvres et des moutons, basé principalement sur la production de lait et de fromages, comme le Pecorino Sardo. L’agriculture s’est modernisée dans la seconde moitié du XXe siècle, surtout après la politique d’assèchement des marais littoraux.

La cuisine sarde est variée et très locale, représentative de l’histoire de chaque vallée, de chaque montagne et de chaque village de pêcheurs, avec des plats typiques aussi bien de la terre que de la mer. La Sardaigne offre une très jolie qualité de vins dont la renommée grandit de plus en plus. On peut citer parmi les plus typiques le Vernaccia di Oristano, le Vermentino di Gallura et le Moscato de Cagliari. Pour la petite histoire, la grappa sarde est appelée Filu ‘e ferru, de l’époque où une loi interdisait aux privés de distiller des liqueurs. Les bergers, toutefois, cachaient leurs alambics sous terre après les avoir attachés à un fil de fer qui dépassait du sol.

Map_of_region_of_Sardinia,_Italy - Author: VonvikkenLien externe

Publicités