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G8 dell'Aquila 2009

En 2009, l’Italie était le pays hôte du G8 et elle avait prévu d’organiser le sommet annuel sur l’île de La Maddalena, en Sardaine, du 8 au 10 juillet. Mais le Conseil des ministres du 23 avril 2009, sur l’initiative de Silvio Berlusconi, décida de le déplacer à L’Aquila, suite au terrible tremblement de terre qui avait frappé la ville et ses alentours le 6 avril au matin. Malgré l’inquiétude dans certains milieux politiques de l’opposition italienne qui craignait d’imposer une structure trop lourde à une région déjà fortement éprouvée trois mois auparavant, Berlusconi avança des arguments économiques en allouant environ 220 millions d’euros prévus initialement pour l’organisation du sommet à la reconstruction de certaines infrastructures. Par ailleurs, le choix du lieu lui permit d’inclure dans l’agenda du G8 le sujet des catastrophes naturelles.

Une des questions qui se posa après la décision de Berlusconi fut de savoir s’il fallait changer le logo prévu pour La Maddalena. Il fut décidé de ne modifier que le texte (From La Maddalena to L’Aquila) et de conserver la danse des tortues (comme symbole de l’énergie, de la beauté, de l’harmonie et du partage) avec le contour d’un globe terrestre stylisé afin de souligner non seulement la nature globale du sommet, mais aussi l’attention à porter à la planète, aux écosystèmes, à la santé publique, à la prévention des catastrophes naturelles et à la création d’une nouvelle harmonie avec l’environnement et les équilibres naturels.

Les principaux points à l’ordre du jour furent les suivants: répondre à la crise économique et financière mondiale; rétablir la confiance populaire et donner un coup de fouet à la croissance sur une base plus solide et équilibrée; définir de nouvelles règles de base communes pour les activités économiques; souligner l’aspect social du travail pour aider les secteurs les plus faibles de la société, tant dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement; lutter contre le protectionnisme et libéraliser le commerce mondial au bénéfice de tous; résoudre les crises régionales; assurer la sécurité alimentaire; et lutter contre le changement climatique.

Le sommet se tint dans son intégralité à l’intérieur de l’Ecole des inspecteurs de la Guardia di Finanza dans le quartier de Coppito. Les six mille délégués et journalistes travaillèrent et habitèrent sur le campus, qui était protégé par un mur d’enceinte long de deux kilomètres. Les conditions de vie austères furent acceptées par les chefs d’Etats par solidarité envers les habitants de L’Aquila. L’ameublement en bois, entièrement fabriqué par des entreprises locales, fut redistribué après le sommet aux familles les plus nécessiteuses.

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Les chefs d’Etat des huit pays membres du G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie) se réunirent le premier jour. Le lendemain, ils furent rejoints par les pays du G5 (Brésil, Chine, Inde, Mexique et Afrique du Sud), ainsi que par l’Egypte qui avait reçu une invitation spéciale de l’Italie. Plus tard dans la journée s’ajoutèrent l’Australie, l’Indonésie et la Corée du Sud afin de réunir tous les pays du Forum des Economies Majeures (FEM) pour discuter les questions relatives au changement climatique et à la sécurité alimentaire (Ces 16 pays représentent 80% de la consommation énergétique mondiale et 80% des émissions de gaz à effets de serre de la planète). Finalement, le dernier jour, les pays fondateurs du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique), des représentants du l’Union africaine, l’Espagne, la Turquie, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark, ainsi que dix organisations internationales (ONU, FMI, BM, OMC, OCDE, AIE, FAO, FIDA, PAM et OIT), furent invités pour une réunion rassemblant 39 pays qui représentaient environ 90% de l’économie mondiale.

A la fin de la session sur le changement climatique, les 8 pays du G8 conclurent et signèrent un accord sur un objectif de réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre mondiales d’ici à 2050 et de 80% et plus pour les pays développés, accord dénoncé quelques heures plus tard par la Russie qui le jugea « inacceptable ». Aucun accord ne fut conclu concernant la crise économique et financière mondiale, si ce n’est que le G8 ouvrit la porte à la lutte contre les paradis fiscaux pour éviter les pertes dues à l’évasion fiscale. Sur le plan de la politique internationale, les huit pays s’accordèrent pour condamner la course aux armements nucléaires en Iran. Finalement, l’ensemble des participants établirent un « budget » de 20 milliards de dollars sur trois ans pour l’aide aux pays les plus démunis.

Quelles que furent les suivis réels des accords signés ou des promesses faites, l’événement fut l’occasion pour le gouvernement italien de récolter des fonds étrangers pour la reconstruction. Face aux décombres, chacun des sept pays membres du G8 promit de parrainer la restauration d’un monument endommagé par le séisme.

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