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Ippolito Nievo

Ippolito Nievo naquit à Padoue en 1831 dans une famille de la petite noblesse du Frioul. Son père était magistrat et sa mère était la fille de la comtesse Ippolita de Colloredo et du patricien Carlo Marin, intendant des finances à Vérone. Les comtes de Colloredo possédaient le fief de Monte Albano, où se dresse encore leur château, où les Nievo se rendirent régulièrement à partir de 1837 lorsque le père fut transféré au tribunal de district d’Udine.

En 1841, Ippolito entra au séminaire du collège Sant’Anastasia de Vérone comme pensionnaire, supportant difficilement la discipline. Sa solitude fut en partie soulagée par les visites de son grand-père, Carlo, homme instruit, ami de l’écrivain Ippolito Pindemonte et amoureux de la littérature, qui devint une figure de référence pour le jeune garçon. Celui-ci lui dédia plus tard un livre de poèmes écrits entre 1846 et 1847. A la mort du grand-père Alexandre Nievo en 1843, le père d’Ippolito hérita de la villa familiale et des terrains agricoles situés à Rodigo, et du Palazzo Nievo à Mantoue. Il s’y installa avec sa famille et Ippolito entra au lycée Virgilio. Grâce à un camarade, il rencontra le premier amour de sa vie, Matilde Ferrari.

En 1848, fasciné par le programme de Giuseppe Mazzini et de Carlo Cattaneo, il participa au malheureux soulèvement de Mantoue contre la domination autrichienne. Par prudence, sa famille l’envoya continuer ses études en Toscane, d’abord à Florence, puis à Pise. De retour dans le nord en septembre 1849, il obtint son baccalauréat à Crémone en août 1850. A l’automne, il s’inscrivit à la faculté de droit de l’université de Pavie, puis à celle de Padoue en 1852, lorsque les Autrichiens rouvrirent l’université après les émeutes de 1848. Il obtint son diplôme en novembre 1855 et commença à travailler comme journaliste.

De 1850 à 1851, il avait maintenu une correspondance épistolaire avec Matilde Ferrari. Les 69 lettres qu’il lui écrivit, plus que de simples lettres spontanées, montrent déjà son talent littéraire et peuvent être comparées à La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau. La relation en les deux amants s’était terminée en 1851 et, en 1856, Nievo écrivit en souvenir de cette relation malheureuse un petit roman, l’Antiafrodisiaco per l’amor platonico.

En 1856, à cause d’un article intitulé L’Avvocatino, publié dans le journal milanais Il Panorama universale, Nievo fut accusé de diffamation contre la garde impériale autrichienne. La procédure légale qu’il entreprit pour se blanchir l’obligea à passer de longues périodes à Milan et il fut amené à participer à la vie politique et littéraire de la ville. Il y rencontra son deuxième amour, Bice Melzi, une femme mariée avec laquelle il entretint une liaison épistolaire jusqu’à la fin de sa vie.

Confessioni d'un Italiano - Copyright free

Entre 1857 et 1858, il s’installa au château de sa famille maternelle à Colloredo et se consacra à la rédaction de son chef-d’oeuvre, Le Confessioni d’un Italiano. Le livre ne fut publié qu’après sa mort, soit parce que Nievo ne trouva pas d’éditeur, soit parce qu’il était trop impliqué dans son activité politique. En 1867, le livre sortit sous le titre: Le Confessioni di un Ottuagenario. Ce roman raconte, à travers la vie et les intrigues amoureuses du patriote Carlino Altoviti, les cinquante années qui séparent les campagnes de Napoléon en Italie aux révolutions du Risorgimento de 1848, mettant particulièrement en évidence le passage progressif d’une identité vénitienne à une identité italienne.

Les événements patriotiques de 1859 et de 1860 intensifièrent ses activités journalistiques et il écrivit deux essais: L’opuscolo Venezia et La libertà d’Italia. Il se consacra également à la rédaction d’un second roman, Il pescatore di anime, destiné à rester inachevé.

En 1859, il s’engagea comme chasseur alpin dans les troupes de Giuseppe Garibaldi et l’année suivante, il participa à l’Expédition des Mille. Le 5 mai 1860, il embarqua à Quarto, près de Naples, avec Nino Bixio et Cesare Abba à bord du Lombardo et se distingua à Calatafimi et à Palerme. Il reçut le titre d’intendant de première classe avec pour responsabilité la rédaction du journal de l’expédition et la tenue des comptes.

En 1861, il reçut l’ordre de rapporter des documents administratifs restés en Sicile, mais le bateau qui le ramenait de Palerme à Naples, l’Ercole, chavira dans la nuit du 4 au 5 mars au large de Naples. Il n’y eut aucun survivant. Nievo mourut quelques jours après la capitulation du roi des Deux-Siciles le 13 février 1861. Le destin, malheureusement, ne lui laissa pas la chance de voir le roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel II, proclamé roi d’Italie.

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