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Ponte Sant'Angelo

Le pape Paul VI hésita à promulguer la bulle pontificale Anno Santo del Rinnovamento e della Riconciliazione qui ouvrait l’année sainte 1975, car elle semblait peu conforme à l’esprit du concile Vatican II de 1962 qui privilégiait l’authenticité religieuse à la manifestation extérieure de la dévotion. Il expliqua l’utilité de l’année sainte en promulguant l’exhortation apostolique Gaudete in Domino du 9 mai 1975 qui met les célébrations sous le signe de la joie, du renouveau intérieur et de la réconciliation. C’était ainsi une invitation à un épanouissement de l’Eglise, des coeurs et des consciences, ainsi qu’à une transformation personnelle et collective.

Lors des cérémonies d’ouverture et de fermeture de la Porte sainte, les représentants des autres confessions et religions furent invités par le Secrétariat pour les non-chrétiens. A la cérémonie d’ouverture, pour la première fois, l’événement fut retransmis dans quarante-deux pays par liaison télévisée. Et la cérémonie de fermeture fut retransmise mondialement. On estime que le nombre de pèlerins qui se déplacèrent à Rome fut d’environ 10 millions.

Anges 150 et 180

Un changement important se passa lors de la cérémonie de la fermeture des Portes saintes. Paul VII les fit murer à l’intérieur des basiliques, alors que depuis le début du rituel, en 1423, elles étaient murées à l’extérieur. Il ne participa plus à la construction du mur, mais referma simplement les battants de la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre du Vatican. De cette manière, il déplaça l’attention du mur sur la porte et celle-ci fut enrichie par le profond sens biblique, théologique, liturgique et pastoral que revêt la porte dans l’histoire du salut et dans l’histoire de l’Eglise en devenant l’un des signes forts du Jubilé.

L’année fut rythmée par d’autres cérémonies officielles: le 1er janvier 1975, le pape célébra la huitième Journée mondiale de la Paix; le 6 janvier, il remit un crucifix à environ 600 missionnaires en partance pour l’étranger; le 7 février, il inaugura une exposition majeure sur l’histoire de l’Année sainte depuis 1300; et en avril, il célébra l’amour et la fidélité dans le couple et conféra l’ordination sacerdotale à plus de 350 diacres de différentes nationalités.

Anges 40 et 50

Par ailleurs, le 14 décembre, le pape accomplit un acte d’une extrême importance oecuménique: lors de la célébration du dixième anniversaire de l’abolition des excommunications entre l’Eglise de Rome et l’Eglise de Constantinople, à la grande surprise de toute l’assemblée, il s’agenouilla et embrassa le pied du chef de la délégation orthodoxe, Méliton de Chalcédoine. Le patriarche de Constantinople, Dimitrios Ier, déclara alors: “Il n’est pas possible qu’un homme, qu’il soit chrétien ou non, et encore moins nous-même, en tant que patriarche œcuménique, n’apprécie pas profondément le témoignage et le geste spontané, sans précédent dans l’histoire de l’Eglise, de Sa Sainteté le Pape de Rome Paul VI… qui s’est prosterné et a baisé les pieds de notre envoyé, qui à ce moment-là représentait toute l’orthodoxie. »

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