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Santa Maria Maggiore

La légende veut que la basilique Santa Maria Maggiore ait été élevée à l’endroit où était miraculeusement tombée de la neige dans la nuit du 4 au 5 août 356, comme la Vierge l’avait annoncé en songe au pape Libère. C’est de cette légende que viennent les deux autres appellations de la basilique: Basilica Liberiana et Basilica di Santa Maria della Neve. En réalité, elle fut fondée en 432 par le pape Sixte III, certainement sur une petite église construite par Libère. Son plan fut conçu selon les principes énoncés par l’architecte romain Vitruve et l’architecture reprenait tellement le style classique et traditionnel des basiliques civiles de l’Empire romain (peut-être pour exprimer l’idée qu’elle représentait un passage entre l’ancienne Rome impériale et la grandeur chrétienne présente et future) que certains historiens pensèrent qu’elle avait été transformée en église chrétienne à partir d’une basilique romaine.

Santa Maria Maggiore

Sainte-Marie-Majeure est la seule des quatre basiliques majeures (les trois autres sont Saint-Pierre du Vatican, Saint-Jean-de-Latran et Saint-Paul-hors-les-Murs) à avoir conservé sa structure paléochrétienne. Son plan est typique des basiliques du IIe siècle: sa majestueuse nef centrale est bordée de deux nefs latérales, séparées par deux rangées de colonnes, et finit par une abside semi-circulaire. Les mosaïques de la nef centrale et de l’arc de triomphe datent du temps de sa construction. Celles de la nef reprennent quatre cycles de l’Histoire sacrée dans lesquels les personnages principaux, Abraham, Jacob, Moïse et Josué, témoignent de la promesse de Dieu faite au peuple hébreu d’une terre et de son aide pour la rejoindre. Ces personnages sont représentés dans une iconographie typiquement romaine. Les mosaïques de l’arc relatent la vie de Marie et de Jésus. De gauche à droite, on trouve les épisodes de l’Annonciation, des Trois Mages, du Massacres des Innocents, de la Présentation de Jésus au Temple, de la Fuite en Egypte, des Rois Mages auprès d’Hérode et de la Ville de Bethléem. Le Trône du Rédempteur domine l’arc. Ces mosaïques, qui sont d’une incroyable beauté, sont parmi les plus anciennes images de Marie et elles serviront de modèle aux futures représentations de la Vierge. Ces deux cycles tendent à concrétiser la continuité de l’Ancien au Nouveau Testament, dans laquelle les écritures hébraïques préfigurent celles chrétiennes.

Mosaïque couronnement Vierge - Author unknown

La basilique fut enrichie de nombreux ajouts de décoration dans son intérieur au cours des siècles. Le sol en mosaïque de marbre fut réalisé par les maîtres marbriers Cosma et offert au pape Eugène III au XIIe siècle par deux nobles romains, Scoto et Giovanni Paparoni. Les mosaïques de l’abside, consacrées à Marie, furent réalisées par le moine franciscain Jacopo Torriti sur ordre du pape Nicolas IV au XIIIe siècle. Le plafond à caissons en bois fut dessiné par Giuliano da Sangallo et doré avec le premier or ramené d’Amérique par Christophe Colomb et offert par la reine Isabelle de Castille et le roi Ferdinand d’Aragon. Le maître-autel est surmonté d’un magnifique baldaquin réalisé au XVIIIe siècle par Ferdinando Fuga, puis rénové par Giuseppe Valadier. Sous l’autel, la crypte de la Nativité contient le reliquaire doré et en cristal de la Confession, exécuté par Valadier, qui renferme les précieux fragments en bois du Berceau sacré, le Cunabulum, rapportés par les nombreux pèlerins revenus de la Terre Sainte. Le tombeau de saint Jérôme, le traducteur de la Bible en latin, se trouve également dans la Confession.

SMariaMaggiore - Author: Tango7174

Sur le côté droit de la nef, la chapelle Sixtine fut construite par le pape Sixte V, dans le cadre de son programme de revalorisation de la ville après le sac de Rome de 1527. Il commanda au début des années 1580, à son architecte Domenico Fontana, la construction d’une chapelle digne de représenter dans toute sa splendeur la maternité divine, l’apothéose de la Vierge, par réaction à l’hérésie protestante qui la niait. La décoration fut confiée à Cesare Nebbia et Giovanni Guerra, qui travaillèrent avec de nombreux artistes. Les peintures de la chapelle célèbrent les ancêtres du Christ, l’histoire de la Vierge et la vie de Jésus, et elles entrent dans la continuité des épisodes représentés sur les mosaïques de l’arc absidal. La chapelle accueille également la représentation de la Nativité sculptée par Arnolfo di Cambio en 1288 et les tombeaux de Sixte V et du pape Pie V. Juste à l’extérieur de la chapelle se trouve le tombeau de Gian Lorenzo Bernini et de sa famille.

Virgin_salus_populi_romani - Copyright free

De l’autre côté de la nef, la chapelle de la Vierge (aussi appelée chapelle Borghese ou chapelle Paoline) est un bijou artistique d’une rare beauté, un lieu où se fond l’art et le sentiment religieux. Sur la paroi du fond, au-dessus de l’autel, l’icône de la Salus Populi Romani, peinte par saint Luc selon la tradition, accueille ceux qui viennent se recueillir. La chapelle fut construite par le pape Paul V, d’après les dessins de l’architecte Flaminio Ponzio, et inaugurée le 27 janvier 1613. Les artistes et les maniéristes les plus célèbres de l’époque rivalisèrent pour l’orner et la chapelle offre les premiers signes d’un Baroque vibrant de joie et de vie.

Santa_Maria_Maggiore façade - Author: MatthiasKabel

La façade principale est composée de la façade datant du XIIIe siècle, couverte des mosaïques réalisée par Filippo Rusuti et quelque peu dissimulée par la façade ajoutée au XVIIIe siècle par Fuga. Celle-ci est ajourée de cinq grandes arches au rez-de-chaussée et d’une majestueuse loggia à trois arches au premier étage qui laissent entrevoir le scintillement polychrome des mosaïques. Le palais qui borde la basilique à droite fut construit par Ponzio en 1605. 138 ans plus tard, Fuga construisit celui de gauche pour uniformiser la façade. Au centre de la façade, la grande porte en bronze fut réalisée par Ludovico Pogliaghi en 1949 et représente des épisodes de la vie de la Vierge, des prophètes, des Evangélistes et des quatre femmes de l’Ancien Testament qui préfigurent la Vierge. A gauche, la Porte sainte fut offerte à la basilique par l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Elle représente le Christ renaissant et la Vierge sous la forme de la Salus Populi Romani.

sainte_marie_majeure - Author: Jahak

Le campanile, de style roman de la Renaissance, date du XIVe siècle et fut construit par le pape Grégoire XI à son retour d’Avignon. Haut de 75 mètres, il est le plus haut de Rome. Sur la place devant la façade, la colonne de la Paix, surmontée d’une Vierge à l’enfant, est l’unique élément restant des huit colonnes monolithiques de la Basilique de Maxence sur le Forum romain. Elle fut transférée sur ordre de Paul V vers 1613 et ornée, à sa base, de deux aigles et de deux dragons en bronze doré qui représentent les armes de la famille Borghese. Sur la place à l’arrière de la basilique se dresse un des deux obélisques érigés devant le mausolée d’Auguste (l’autre se trouve actuellement intégré dans l’ensemble de la fontaine des Dioscures sur la place du Quirinal). Il fut dégagé en 1527, puis érigé à l’arrière de la basilique en 1587.

En souvenir de la légende fondatrice, Sainte-Marie-des-Neiges est célébrée chaque 5 août. Pendant la célébration, des pétales blancs tombent depuis le plafond de la basilique. Au début de son pontificat, le pape Jean-Paul II ordonna qu’une lampe brûle jour et nuit sous l’icône de la Salus, en témoignage de sa grande dévotion envers la Vierge Marie. Par ailleurs, le 8 décembre 2001, il inaugura le musée qui retrace l’histoire de la basilique, la vie de Marie et de Jésus, ainsi que celles des saints qui y sont enterrés.

Roma - Author: NordNordWest

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