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Luca Pacioli

Luca Bartolomeo de Pacioli naquit vers 1445 à Borgo San Sepolcro dans une famille modeste. Nous ne savons pas grand-chose ni de son enfance, ni de son adolescence, mais il n’est pas impossible qu’il ait reçu une partie de son éducation dans l’atelier de son compatriote, le peintre et mathématicien Piero della Francesca.

Jeune homme, il partit à Venise et entra au service d’Antonio Rompiansi, un marchand vénitien. Il vivait chez lui et s’occupait, entre autres, de l’éducation de ses trois fils. Pendant cette période, il étudia les mathématiques sous la direction de Domenico Bragadino, maître de mathématiques à l’école de San Giovanni di Rialto. L’expérience qu’il acquit en s’occupant des affaires de Rompiansi et les connaissances qu’il reçut grâce à Bragadino l’incitèrent à écrire, vers 1470, un traité sur les mathématiques qu’il dédicaça aux fils Rompiansi.

A la mort de Rompiansi, l’engagement de Pacioli à Venise prit fin et il partit plusieurs mois à Rome, comme invité de l’architecte Leon Battista Alberti. Peu de temps après, il entra chez les Franciscains et devint moine au couvent San Francisco della Vigna de Venise. A la fin de ses études de théologie, il fut envoyé dans diverses villes enseigner les mathématiques. De 1477 à 1489, il résida ainsi à Perugia (où il écrivit un autre traité de mathématiques, Tractatus mathematicus ad discipulos perusinos), à Zara, à Naples, à Rome et à Urbino, où il fut l’ami du duc Federico da Montefeltro.

En1490, il retourna à San Sepolcro où il écrivit son oeuvre majeure, Summa de arithmetica, geometria, proportioni et proportionalità. Cet ouvrage représente la première version imprimée et écrite en langue vernaculaire sur l’algèbre et il résume l’ensemble des connaissances mathématiques de l’époque. Il est particulièrement impostant car il explique pour la première fois de manière claire la méthode vénitienne de tenue des comptes, maintenant connue sous le nom de comptabilité en partie double. Cette méthode était couramment utilisée depuis le XIIIe siècle par les marchants et les banques italiennes et aurait été découverte par les Egyptiens il y a 3 700 ans. Même si Pacioli n’est pas l’inventeur de ce système comptable et ne fit que l’expliquer, il est considéré comme le « père de la comptabilité », car son traité permit aux étudiants de le comprendre et de l’utiliser. Pacioli dédicaça son livre au duc Guidobaldo da Montefeltro qui fut son élève lorsqu’il enseignait à Urbino.

De Divina Proportione - Author: Luca Pacioli

En 1497, Pacioli fut invité à la cour de Ludovic Sforza, duc de Milan, pour enseigner les mathématiques. Il y rencontra Léonard de Vinci avec lequel il noua une étroite amitié et qui le consulta pour des questions relatives aux mathématiques. Entre 1496 et 1498, Pacioli écrivit De divina proportione, un traité sur les proportions mathématiques et artistiques illustré par de Vinci. L’œuvre traite aussi de l’usage de la perspective par les peintres della Francesca, Melozzo de Forlì et Marco Palmezzano. La troisième partie de l’ouvrage, Libellus in tres partiales tractatus divisus, est une traduction en italien de l’ouvrage en latin de della Francesca sur les cinq solides de Platon, De Corporibus regalaribus, mais elle n’inclut aucune référence à l’auteur originel. Giorgio Vasari traita Pacioli d’« usurpateur », pour avoir publié sous son nom les écrits de della Francesca qui étaient en sa possession depuis la mort du peintre. Il existait trois exemplaires du manuscrits. Deux nous sont restés: un à la Bibliothèque publique et universitaire de Genève; le second, dédié à Galeazzo Sanseverino, est conservé à la bibliothèque Ambrosienne de Milan. Le troisième, dédié à Pier Soderini, a disparu.

En 1499, lorsque les troupes de Louis XII de France prirent le duché de Milan et destituèrent Ludovic Sforza, les deux amis s’enfuirent à Mantoue, à Venise, puis à Florence où ils partagèrent le même appartement. Ils se séparèrent finalement en 1506. Pacioli rentra dans son village natal où il traduisit les Eléments d’Euclide. Il mourut en 1517.

De ludo scachorum - Author: Luca Pacioli

Deux ouvrages de Pacioli ne furent pas publiés de son vivant. De viribus quantitatis traite des mathématiques et de la magie. Il explique des tours de cartes et conseille sur la manière de jongler, de cracher du feu et de faire bouger des pièces de monnaie. Il est le premier ouvrage à noter que de Vinci était gaucher. La première partie contient des problèmes de mathématiques, des énigmes et des astuces. Le manuscrit fut découvert au XXe siècle par le mathématicien américain David Singmaster. Le deuxième ouvrage, De ludo scachorum, fut écrit pour la duchesse de Milan, Isabelle d’Este, et contient plus d’une centaine de problèmes d’échecs à résoudre. Ecrit à la fin du XVe siècle, au moment où Pacioli et de Vinci vivaient ensemble, il pourrait avoir été illustré par de Vinci. Le manuscrit fut retrouvé en 2006 parmi les 22 000 manuscrits de la bibliothèque du comte Guglielmo Coronini à Gorizia.

Luca Pacioli - Author: Jacopo de' BarbariLien externe

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