Étiquettes

Crociera nord-atlantica del decennale

Après le succès de la première croisière aérienne transatlantique entre l’Italie et le Brésil en 1930, le ministre de l’Aviation, Italo Balbo, décida d’organiser un deuxième vol d’escadrilles en formation de plus grande envergure, pour célébrer les dix ans de la création de la Regia Aeronautica. A l’origine, il pensait à un tour du monde, mais la situation politique en Extrême-Orient l’en dissuada. Il choisit alors comme destination Chicago où se tenait l’exposition universelle Century of Progress pour le centième anniversaire de la ville.

Crociera nord-atlantica del decennale01

Balbo prépara minutieusement le voyage. Il choisit des vétérans de la croisière Italie-Brésil et fit passer des tests très sévères aux jeunes postulants. L’entraînement dura plus d’une année. Chaque hydravion avait quatre ou cinq membres d’équipage: un pilote, un co-pilote, un mécanicien et un radio, soit une centaine d’hommes. La flotte était composée de 25 hydravions, les mêmes qu’en 1930, des Savoia-Marchetti SM-55X, mais avec des moteurs à dix-huit cylindres en W Isotta Fraschini Asso 750. Le « X » après le nom de l’avion se référait à la célébration de la décennie de la Regia Aeronautica. Pour assurer un maximum de sécurité lors de la traversée, Balbo obtint le soutien de la Regia Marina qui positionna plusieurs bâtiments le long du parcours.

Le vol devait se faire en formation en V de huit escadrilles de trois appareils chacune (avec un vingt-cinquième maintenu en réserve) volant à 500 mètres les unes des autres. Chaque escadrille portait une des quatre couleurs italiennes (noir, rouge, blanc ou vert) avec une, deux ou trois étoiles ou un, deux ou trois cercles. De plus, chaque avion portait en grand le nom abrégé du pilote précédé d’un « I ». Ainsi, l’hydravion de Balbo, qui commandait l’ensemble de la croisière, s’appelait I-BALB et était marqué d’une étoile sur fond noir.

Crociera nord-atlantica - Author: Emanuele Mastrangelo

Les avions décollèrent d’Orbetello le 1er juillet 1933 en direction d’Amsterdam (1 450 km) en passant par-dessus les Alpes. A l’arrivée, le I-DINI rata son amerrissage provoquant la mort du sergent Ugo Quintavalla. L’hydravion de réserve, le I-Mari, prit la place du I-DINI le lendemain matin pour la seconde étape, jusqu’à Londonderry en Irlande du Nord (1 300 km). A cause du mauvais temps, les escadrilles ne purent partir pour Reykjavik (1 530 km) que le 5 juillet, où elles attendirent le 12 juillet pour la grande traversée de 2 400 km jusqu’à Cartwright au Canada. Le plus dur était fait. De Cartwright, la croisière continua sur Shediac (1 200 km) le 13 juillet, puis Montreal (800 km) le 14, avant d’atteindre le lac Michigan à Chicago (1 400 km) le soir du 15 juillet, après un total de 47 heures et 30 minutes de vol.

L’accueil fut triomphal. Au moment de l’amerrissage, trente-neuf avions de la marine aérienne des Etats-Unis survolèrent la baie en formant dans le ciel le mot « ITALY ». Des dirigeables volaient au-dessus de la ville en trainant des banderoles avec des mots de bienvenue écrits en italien et le drapeau italien flottait au-dessus du quai de la Marine. Les quais étaient noirs de monde. Benito Mussolini envoya un message de félicitations à Balbo par T.S.F. et le pape Pie XI télégraphia au cardinal George Mundelein de transmettre aux aviateurs une bénédiction particulière. Le consul d’Italie à Chicago, le maire de Chicago, le commissaire des Etats-Unis à l’exposition universelle, le gouverneur de l’Illinois et bien d’autres personnalités accueillirent Balbo à l’arrivée. L’ambassadeur italien à Washington avait même fait le déplacement jusqu’à Montréal pour accompagner Balbo dans son avion jusqu’à Chicago.

Balbo - Author: Time Magazine

Les aviateurs restèrent jusqu’au 19 juillet à Chicago, avant de reprendre la route jusqu’à New York (1 600 km). L’accueil fut encore plus grandiose qu’à Chicago. Balbo et ses coéquipiers défilèrent sur Broadway sous une pluie de confettis. 60 000 personnes les acclamèrent. Les Italiens se rendirent également en train à la Maison Blanche à Washington où ils furent reçus par le tout nouveau président, Franklin D. Roosevelt.

Le 25 juillet, ils repartirent en direction de Shediac (1 200 km). A cause du mauvais temps, il avait été décidé qu’ils ne retraverseraient pas l’Atlantique nord, mais passeraient par les Açores. Le 26, ils se posèrent à Shoal Harbour (800 km) où ils restèrent bloqués deux semaines. Le 8 août, ils traversèrent l’océan jusqu’à Ponta Delgada aux Açores (2 700 km). Lors du décollage le lendemain en direction de Lisbonne (1 440 km), le I-RANI chavira provoquant la mort du lieutenant Enrico Squaglia. Le 12 août, les 23 hydravions arrivaient triomphalement à l’embouchure du Tibre à Ostie où Mussolini lui-même attendait les aviateurs.

Ce fut la dernière croisière aérienne d’escadrilles. L’Italie se lança dans d’autres conquêtes et, même s’il y eut encore beaucoup d’exploits individuels de la part des aviateurs italiens, aucun ne surpassa en gloire et en prestige la fameuse armada du général Balbo.

Crociera nord-atlantica del decennale02

Lien externe

Publicités