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Porta santa apertura

Lorsque Jésus dit: « Je suis la porte: si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » (Jean 10:9), il entend que personne ne peut accéder à la présence de Dieu et au salut sinon par lui et qu’il est de la responsabilité de tout croyant de franchir le seuil de cette porte. La passer signifie professer que Jésus-Christ est le Seigneur et vivre la vie nouvelle qu’il a donnée à ses fidèles.

San Giovanni in Laterano

San Giovanni in Laterano

Quatorze siècles plus tard, cet enseignement fut mis en pratique pour la première fois dans l’histoire des années jubilaires par le pape Martin V qui inaugura symboliquement l’année sainte 1423 en ouvrant la Porte sainte de la basilique Saint-Jean-de-Latran et la mura une année plus tard. Les papes suivants suivirent cette tradition et, lors de l’année jubilaire 1500, le pape Alexandre VI décida de l’étendre aux trois autres basiliques majeures de Rome: Saint-Pierre du Vatican, Saint-Paul-hors-les-Murs et Sainte-Marie-Majeure.

San Pietro in Vaticano

San Pietro in Vaticano

Ce fut également Alexandre VI qui définit les cérémonies d’ouverture et de fermeture. La composition des rites fut confiée à Johannes Burckardt, maître des cérémonies pontificales, et à l’exception de certaines modifications introduites en 1525 par son successeur, Biagio de Cesena, ils furent pour la plus grande partie suivis lors de tous les jubilés postérieurs. Un grand changement intervint en 1975, lors de la fermeture des portes: elles furent murées pour la première fois à l’intérieur des basiliques et non à l’extérieur comme il était de coutume.

Santa Maria Maggiore

Santa Maria Maggiore

Lors des cérémonies d’ouverture jusqu’en 1975, le pape se rendait en procession à la Porte Sainte de Saint-Pierre en chantant le Iubilate Deo ou le Veni Creator Spiritus, puis prononçait la prière Deus qui per Moysem. Il recevait ensuite le marteau, prononçait les versets Aperite mihi portas iustitiæ et frappait trois coups symboliques sur le mur qui cachait la Porte Sainte. Il prononçait la prière Actiones nostras, puis le coeur chantait le Psaume Iubilate Deo omnis terra, pendant que les maçons détruisaient le mur. Le pape passait le premier la Porte sainte, après s’être agenouillé sur son seuil, pendant que le choeur chantait le Te Deum laudamus. La procession se dirigeait alors vers l’autel pour la célébration des Vêpres.

San Paolo fuori le mura

San Paolo fuori le mura

Lors des cérémonies de fermeture avant 1975, le pape entrait en procession dans la basilique Saint-Pierre à travers la Porte Sainte et présidait les Vêpres. Il se rendait ensuite vers les reliques, puis vers la Porte Sainte au milieu des choeurs. Venait alors la présentation des reliques du Suaire et de la Lance. Le pape passait en dernier la Porte Sainte et bénissait les briques et les pierres. Il étendait de la chaux sur le seuil de la Porte Sainte avec une truelle et y déposait trois briques, ainsi que quelques pièces symboliques en or et en argent. Ensuite, deux cardinaux plaçaient deux petites briques, l’une en or et l’autre en argent, dans le mur et les pièces du pape étaient mises, avec un parchemin qui attestait la fermeture de la Porte sainte, dans un coffre métallique scellé dans le mur. Lorsque les maçons avaient fini la construction de ce dernier, le choeur entonnait l’hymne Caelestis Urbs Ierusalem, puis le pape prononçait la prière Deus qui in omni loco et montait sur la Loggia des bénédictions pour donner la Bénédiction apostolique solennelle.

Lors de l’année sainte 1975, le pape Paul VI changea la cérémonie de fermeture des Portes saintes en faisant construire le mur à l’intérieur des basiliques. Il ne participa plus à la construction du mur, mais referma simplement les battants de la Porte sainte de Saint-Pierre. De cette manière, il déplaça l’attention du mur sur la porte et celle-ci fut enrichie par le profond sens biblique, théologique, liturgique et pastoral que revêt la porte dans l’histoire du salut et dans l’histoire de l’Eglise en devenant l’un des signes forts du Jubilé.

Porta Santa interior - Author unknown

Le rite de l’ouverture des portes de l’année jubilaire suivante, l’année sainte 1983, fut alors changé. La cérémonie officielle fut précédée du rite de la « recognitio », pendant lequel le mur fut démoli en préparation de l’ouverture de la Porte sainte, le coffre métallique extrait et son contenu examiné. Lors de la cérémonie officielle, le rite du marteau fut donc abandonné et le pape Jean-Paul II ouvrit lui-même les battants de la porte de Saint-Pierre.

Par ailleurs, Jean-Paul II qui avait commencé son pontificat par cette demande: « N’ayez pas peur! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ! », accomplit personnellement les rites d’ouverture et de fermeture des Portes saintes des quatre basiliques lors de l’année jubilaire 2000, alors que la tradition était que le pape n’ouvrit que celle de Saint-Pierre et délégua ce pouvoir à un cardinal pour les trois autres. Dans la lettre apostolique Tertio millennio adveniente du 10 novembre 1994 sur la préparation du jubilé de l’an 2000, il souligna l’importance de la porte en déclarant:

« La Porte sainte du Jubilé de l’An 2000 devra être symboliquement plus large que les précédentes car l’humanité, arrivée à ce terme, laissera derrière elle non seulement un siècle mais un millénaire. Il est bon que l’Église franchisse ce passage en étant clairement consciente de ce qu’elle a vécu au cours de ces dix derniers siècles. Elle ne peut passer le seuil du nouveau millénaire sans inciter ses fils à se purifier, dans la repentance, des erreurs, des infidélités, des incohérences, des lenteurs. Reconnaître les fléchissements d’hier est un acte de loyauté et de courage qui nous aide à renforcer notre foi, qui nous fait percevoir les tentations et les difficultés d’aujourd’hui et nous prépare à les affronter. »

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