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San Gregorio al Celio

L’église de Saint-Grégoire-à-Celio est un élégant édifice situé entre le Palatin et le Celio, à proximité de la Basilique Santi Giovanni e Paolo. Elle se trouve sur l’ancienne route romaine, le clivus Scauri, qui partait du Circus maximus et se terminait au sommet du Celio, à la porte Caelimontane. A l’époque impériale, la zone était peuplée d’artisans avec des échoppes, mais elle s’est peu à peu transformée, vers la fin du IIIe siècle, en un lieu résidentiel pour les riches familles romaines. Les insulae laissèrent la place à de grandes demeures familiales, dans lesquelles des lieux privés de culte chrétien furent construits dès le début du IVe siècle.

La famille romaine des Anicii possédait une telle domus sur le Celio. Au VIe siècle, un de ses descendants, le futur pape Grégoire Ier, adopta la vie monastique et transforma la demeure familiale en un monastère dédié à saint André. A sa mort, le monastère fut abandonné, mais au VIIIe siècle, le pape Grégoire II le fit restaurer et construisit une petite église dédiée à son prédécesseur. C’est dans cette église que fut élu le pape Innocent II, le matin qui suivit la mort du pape Honorius II, élection qui provoqua le schisme de l’antipape Anaclet II.

Façade San_Gregorio - Author: Luc.

Au XVIIe siècle, le cardinal Scipione Caffarelli-Borghese commandita Giovanni Battista Soria pour restaurer l’église. L’architecte construisit le bel escalier qui monte depuis la via di San Gregorio vers la façade extérieure de l’église. Celle-ci est en travertin et ressemble par son style à l’église Saint-Louis-des-Français de Rome, construite un demi-siècle plus tôt. Cette façade libre conduit par un péristyle au porche de l’église qui abrite quelques tombeaux et est décoré d’un cycle de fresques.

L’intérieur est de forme classique en croix latine avec trois nefs séparées par des colonnades en granit. Sa décoration fut confiée au peintre Francesco Ferrari. La nef centrale a un pavement dans le style cosmatesque et son plafond est orné d’une fresque du XVIIIe siècle réalisée par Placido Costanzi et représentant Le Triomphe de Grégoire le Grand. Le maître-autel est surmonté d’une Madonna con i santi Andrea e Gregorio d’Antonio Balestra. Les deux autres autels sont décorés de fresques de Pompeo Batoni et Luigi Capponi.

Dans le jardin attenant à l’église, il y a trois oratoires dédiés à saint André, sainte Sylvie et sainte Barbara, commandés par le cardinal Cesare Bariono au début du XVIIe siècle pour commémorer le monastère crée par Grégoire. Ils furent construits sur des ruines datant du début de notre ère que certains archéologues pensent être un ancien lieu de baptême chrétien.

Aphrodite Menophantos - Author: Jastrow

Dans les fondations du monastère de Grégoire, on retrouva une Aphrodite portant la signature de Menophantus, un sculpteur grec du Ier siècle av. J.-C. Elle ressemble à la Vénus de Médicis de la même période, à la différence près qu’elle tient dans sa main gauche une draperie qui recouvre partiellement une boîte sur laquelle on peut « Apo tis en troadi Afroditis minofantos epoiei « . Elle est actuellement conservée au Musée national romain.

Actuellement, l’église appartient à la branche camaldule de l’ordre de saint Benoît. A l’occasion du mille centième anniversaire de sa fondation le 10 mars 2012, le pape Benoît XVI y célébra une messe commémorative conjointement avec l’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, en présence des prélats des Eglises catholique et anglicane. C’est en effet alors qu’il était prieur dans cette église qu’Augustin de Cantorbéry partit sur ordre de Grégoire Ier évangéliser l’Angleterre en 596.

Roma - Author: NordNordWest

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