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Arco di Costantino01

L’arc de Constantin à Rome, construit entre 312 et 315 pour célébrer la victoire de Constantin sur l’empereur Maxence à la bataille du pont Milvius, est peut-être le plus célèbre des arcs de triomphe romains. C’est le dernier grand arc de la période impériale et sa structure à trois baies est très proche de celle de l’arc de Septimius Severus sur le Forum romain construit cent ans plus tôt.

Arco di Costantino02

Situé entre le Colisée et le Palatin, il enjambait la Via Triumphalis qu’empruntaient les empereurs victorieux pour rejoindre le Capitole. L’arc mesure 21 mètres de haut, 25 de large et 7 de profondeur. La baie centrale est haute de 11 mètres et large de 6, et les baies latérales mesurent 7 mètres par 4. La partie inférieure est construite en blocs de marbre et certains historiens pensent qu’elle remonte à un monument antérieur, probablement de l’époque d’Hadrien. L’attique est en brique recouvert de marbre, on y accède par un escalier aménagé dans l’épaisseur de l’arc. La corniche de l’attique est soutenue par huit colonnes libres de style corinthien en marbre jaune de Numidie, mais l’une d’elles fut déplacée pour être utilisée à la basilique Saint-Jean-de-Latran et remplacée par une colonne en marbre blanc.

Constantine datation - Author: Marsyas

Les bas-reliefs datent de plusieurs époques. Certains proviennent de monuments des empereurs Trajan (98-117), Hadrien (117-138) ou Marc-Aurèle (161-180). Sur l’attique, seule l’inscription principale au centre, identique des deux côtés, est contemporaine de Constantin. Elle célèbre la victoire de l’empereur sur le « tyran » (le nom de Maxence n’est pas utilisé). Elle est encore parfaitement lisible, grâce aux cavités dans le marbre qui enserraient les lettres en bronze, aujourd’hui perdues. Toujours sur l’attique, au-dessus des deux arcs latéraux, des panneaux rectangulaires provenant d’un monument à la gloire de Marc-Aurèle après sa victoire de 176 sur les peuples germaniques furent retaillés pour représenter Constantin. A côté de ces panneaux, des statues de prisonniers de Dacie datent de l’époque de Trajan. Sur les petits côtés, les grands panneaux sont de la même époque et représentent Trajan pendant la guerre contre les Daces. A nouveau, le visage de l’empereur fut retravaillé pour représenter celui de Constantin.

Au-dessous de la corniche de l’attique, une frise commémorant la prise de pouvoir de Constantin faisait le tour de l’arc, mais elle a aujourd’hui disparu. Par contre, celle juste au-dessus des baies latérales existe toujours. Elle raconte les épisodes de la guerre de Constantin contre Maxence et se déroule dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en partant du petit côté à l’ouest. L’épisode du pont de Milvius est au-dessus de la baie latérale de droite lorsqu’on regarde le côté sud de l’arc.

Frise - Author: Radomil

Les bas-reliefs circulaires au-dessus de la frise sur les grands côtés datent de l’époque d’Hadrien et représentent l’empereur dans diverses scènes de chasse. Ils furent retaillés pour représenter Constantin et son père Constance Chlore. Ceux sur les petits côtés de l’arc datent de l’époque de Constantin et représentent l’un les chariots du Soleil levant, l’autre les chariots de la Lune. Les derniers éléments décoratifs de Constantin sont les écoinçons et la base des colonnes. Les écoinçons de la baie centrale représentent une Victoire portant un trophée, alors que ceux des baies latérales montrent des personnifications de fleuves. Les bases des colonnes sont ornées de Victoires et de prisonniers barbares.

Arc Constantin - Author: FEXX

Il y a plusieurs explications sur la présence des bas-reliefs des empereurs de l’Age d’Or impérial. Le manque de temps d’abord: Constantin était revenu en 312 de la guerre contre Maxence et en 315 déjà, le monument fut inauguré. Même s’il existait une base datant de l’époque d’Hadrien, trois ans sont très courts pour construire la structure actuelle et travailler l’ensemble des bas-reliefs qui devaient l’orner. D’autres historiens mettent en avant l’incapacité technique des ateliers romains de sculpture du IVe siècle de produire des oeuvres d’une qualité comparable à celles du IIe siècle. La dernière explication, peut-être en combinaison avec les deux premières, est que les éléments empruntés au passé évoquaient les vertus intemporelles que chaque empereur pratiquait pour justifier son pouvoir.

Arco di Costantino03

Actuellement, le monument est légèrement différent de ce qu’il était à l’époque. L’attique était surmonté par un quadrige avec Constantin, comme il était de coutume à l’époque, mais il n’en reste aucune trace de nos jours. De même que certaines parties du revêtement de l’attique ont disparu avec les ans. Devant l’arc se trouvait une fontaine monumentale, la Meta Sudans. Les gravures anciennes, ainsi que les vieilles photographies, la montrent réduite à son noyau central en brique, dépouillée de tout ornement. Elle fut détruite dans les années 1930 pour faciliter les défilés fascistes à travers l’arc de Constantin. Depuis, les fondations restantes ont été fouillées et mises en valeur dans un espace reservé. En 1960, lors des jeux olympiques, le marathon masculin se termina au pied de l’arc, une première dans l’histoire des Jeux, la coutume voulant que l’arrivée se passe dans le stade olympique.

Roma - Author: NordNordWest

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