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Tempio Maggiore01

L’émancipation des juifs en Italie commença en 1848 dans le royaume de Piémont-Sardaigne, lorsque le roi Charles-Albert accorda aux juifs l’égalité complète des droits religieux et civils. Elle se répandit dans toute la péninsule lors de la création du royaume d’Italie en 1860, mais n’atteignit Rome qu’en 1870, à la dissolution des Etats pontificaux et à la réunification de la ville au royaume. Le roi Victor-Emmanuel II fit démolir les murs du ghetto romain et les juifs reçurent la citoyenneté italienne.

A l’époque, sur l’emplacement actuel de la Grande Synagogue, un édifice à l’architecture complexe était composé de cinq petites synagogues (les Cinque Scole: la Castillane, la Catalane et la Sicilienne de rite sépharade et la Nouvelle et la synagogue du Temple de rite romain) qui avaient été rassemblées lors de la création du ghetto en 1555. Cet édifice fut détruit pour faire place au grand temple d’aujourd’hui, construit entre 1901 et 1904 par les architectes Vincenzo Costa et Osvaldo Armanni. C’est un bâtiment imposant dont le style éclectique lui permet de se démarquer, même dans une ville connue pour ses remarquables palais et églises. L’attention portée aux détails fut un choix délibéré de la communauté juive qui voulait que le temple soit une célébration visible de sa liberté. De même, le dôme est le seul carré de la ville, ce qui rend le rend facilement reconnaissable, même à distance.

Great_Synagogue - Author: Ekki01

L’intérieur est séparé en deux niveaux. Le rez-de-chaussée abrite la synagogue principale, composée d’une grande pièce centrale et de deux ailes latérales. Celles-ci sont ornées de deux arches saintes provenant des Cinque Scole. La grande salle a une gallerie sur trois côtés pour les femmes et une imposante arche sainte contre le mur du fond. Tout l’intérieur, dont le dôme, est richement décoré de motifs orientaux.

Le sous-sol accueille une petite synagogue, appelée le Tempio Spagnolo, où sont réunies les plus belles pièces des Cinque Scole. Le reste de l’étage est consacré au Musée juif qui contient des objets sacrés, encore utilisés dans les différentes synagogues de Rome pour les offices du shabbat et des fêtes. A Sim’hat Torah par exemple, cérémonie au cours de laquelle on sort tous les rouleaux de Torah de l’arche sainte, le musée se vide complètement de ses couronnes de Torah et de ses pointeurs de lecture.

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Le musée fut fondé en 1960 à la demande du Grand rabbin Emilio Toaff. Il fut financé par les fonds versés par l’Allemagne en dédommagement des milliers de livres anciens qui furent volés par les Allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il reflète l’histoire de la communauté juive de Rome à travers les siècles. Il est par exemple intéressant d’observer les ornements pour les Toroth. Comme les métiers de l’orfèvrerie étaient interdit aux juifs dans le ghetto, les couronnes, plaques, clochettes ou pointeurs étaient commandés chez les orfèvres chrétiens qui les réalisaient en les décorant des blasons ou des symboles des familles mécènes. On peut ainsi suivre toute la généalogie des grandes familles juives de Rome.

Le Tempio Maggiore accueille également le Centre de culture hébraïque dont les buts les plus importants sont la diffusion de la culture et des traditions juives, le développement des relations amicales avec Israël, le combat de l’antisémitisme et la transmission de la mémoire historique.

rouleau d'Esther - Author unknown

Le 9 octobre 1982, à la sortie de la célébration du shabbat, la Grande Synagogue fit l’objet d’une attaque terroriste par un groupe armé palestinien, provoquant un mort et 37 blessés. L’attentat ne fut pas revendiqué et le seul terroriste identifié fut arrêté en Grèce, mais les autorités grecques choisirent de l’expulser en Libye plutôt que de l’extrader en Italie, où il avait été jugé par contumace.

Le 13 avril 1986, le pape Jean-Paul II effectua une visite inattendue à la Grande Synagogue. Cet événement marqua la première visite connue par un pape dans une synagogue depuis le début de l’histoire de l’Eglise catholique romaine. Ce fut considéré par beaucoup comme une tentative d’améliorer les relations entre le catholicisme et le judaïsme. Le 17 janvier 2010, le pape Benoît XVI se rendit également à la synagogue et visita le musée.

Roma - Author: NordNordWest

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