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Piramide Caio Cestio

Au sud de la Rome antique, deux monuments remarquables se côtoient le long du mur d’Aurélien: la Porta San Paolo et la Pyramide de Cestius.

La pyramide fut construite entre 18 et 12 avant J.-C. comme monument funéraire pour le préteur et tribun du peuple, Caius Cestius. Elle est faite de briques reconvertes de plaques de marbre blanc sur une base carrée en travertin de 100 pieds romains de large (29,5 mètres) et elle mesure 125 pieds romains (36,4 mètres) de haut. A l’intérieur, la chambre funéraire est une simple cavité rectangulaire avec une voûte en berceau mesurant 5,95 mètres de long, 4,10 de large et 4,80 de haut. Lorsqu’il fut découvert en 1660, le caveau était décoré de fresques qui ont été recopiées par le peintre Pietro Santi Bartoli, mais dont il ne reste que de vagues traces de nos jours. Il était vide, les pillards de l’Antiquité l’ayant dépouillé de tout son contenu.

Piramide_Cestia - Author: Jimmy P. Renzi

A l’époque de sa construction, comme les tombes étaient interdites à l’intérieur des murs de la ville, la pyramide se trouvait en rase campagne. Elle était entourée d’une enceinte fortifiée et flanquée de statues et de colonnes. Avec l’expansion de la ville, elle se retrouva au milieu de nouvelles constructions et, lors de la construction du mur d’Aurélien entre 271 et 275, elle fut intégrée dans les remparts pour former un bastion triangulaire. Les origines de la pyramide furent oubliées pendant le Moyen Age et les habitants de Rome en vinrent à croire, selon Pétrarque, que c’était le tombeau de Rémus et que la pyramide située dans la Plaine vaticane (démolie au début du XVIe siècle) était le tombeau de son jumeau Romulus. L’identité de son véritable occupant ne fut révélée qu’en 1660 lorsque le pape Alexandre VII fit défricher la végétation qui avait envahi les façades et y découvrit les inscriptions latines qui nommaient Caius Cestius.

Au XVIIIe et XIXe siècles, la pyramide fut l’une des destinations du Grand Tour des jeunes Anglais et le poète Thomas Hardy en fit la source de son inspiration dans son poème Rome at the Pyramid of Cestius near the Graves of Shelley and Keats, dans lequel il se demande: « Who, then was Cestius, and what is he to me? »

Porta_San_Paolo - Author: Giuseppe Vasi

Juste à côté se trouve la Porta San Paolo. Elle fut construite au début du IVe siècle de notre ère, à l’époque de l’empereur Maxence. Quelques années auparavant, en 272, l’empereur Aurélien avait entrepris la construction d’une nouvelle enceinte autour de la ville pour la protéger contre les incursions des barbares, le mur servien construit au début de la République étant devenu hors d’état de défendre la capitale qui s’étendait largement au-delà de son périmètre. A l’origine, la porte s’appelait Porta Ostiensis, car elle s’ouvrait sur la route qui conduisait à Ostia, le port antique de Rome. Cette porte avait la caractéristique d’avoir été conçue comme un petit fortin dans lequel une garnison pouvait se tenir pour percevoir les taxes sur les marchandises ou pour la défense de la ville. Au début du Ve siècle, l’empereur Honorius fit ajouter les deux tours crénelées. Lors du premier siège de Rome par les Ostrogoths, en 537, le général Bélisaire renforça la porte en détruisant les deux ouvertures de la façade extérieure et en ne reconstruisant qu’une seule arche au milieu, plus facile à défendre. Mais douze ans plus tard, lors du troisième siège de Rome par le roi Totila, la garnison trahit Bélisaire en ouvrant la porte à l’ennemi. Bien mal lui en prit: elle fut massacrée malgré les promesses de Totila.

Porta San Paolo - Author unknown

A la fin de l’Empire romain, l’activité commerciale et portuaire d’Ostie ralentit, alors que dans le même temps la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, située à deux kilomètres au sud de la porte, prenait de plus en plus d’importance. La porte changea alors de nom et fut appelée Porta San Paolo.

Le 10 septembre 1943, deux jours après l’annonce de l’armistice de Cassibile, la porte fut le théâtre de violents affrontements entre les grenadiers de Sardaigne, soutenus par la population civile, et les forces allemandes. Malheureusement, en l’absence d’ordres cohérents de la part de leurs supérieurs, les soldats italiens furent rapidement submergés par l’ennemi qui parvint à occuper Rome dès le lendemain. Deux plaques sur le monument commémorent les 570 morts de ce jour-là.

Roma - Author: NordNordWestLiens externes

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