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Ara Pacis

De 133 à 27 av. J.-C., la République romaine fut secouée par une série de conflits provoqués par l’ambition des grands généraux et qui culminèrent autour de la personne de Jules César, puis de son héritage, jusqu’à ce qu’Octavien parvienne, en vainquant Marc Antoine et Cléopâtre à Actium, à ramener la paix et l’unité au sein de l’Etat romain. Cette victoire marqua le début de la Pax Romana, la plus longue période de paix et de stabilité que connut le bassin méditerranéen, et Octavien devint l’homme le plus puissant du monde romain, seul détenteur du pouvoir. Le 16 janvier 27 av. J.-C., le Sénat lui accorda le nom d’Augustus et lui céda les pleins pouvoirs, scellant ainsi la fin de la République et le début de l’Empire.

En 13 av. J.-C., au retour de l’expédition de pacification en Gaule et en Hispanie d’Auguste, le Sénat fit construire sur le Champ de Mars un monument, appellé Ara Pacis, afin de célébrer la « paix d’Auguste » qui régnait désormais sur les territoires romains. Le monument fut inauguré le 30 janvier 9 av. J.-C. dans une grande cérémonie en présence de l’empereur, de sa famille, des sénateurs et des dignitaires de la société romaine.

RomeAraPacis - Author: Guglielmo Gatti

L’autel est entouré d’une enceinte à ciel ouvert de six mètres de hauteur, formant un rectangle de onze mètres par douze, en marbre blanc finement sculpté de bas-reliefs représentant des scènes de la piété romaine traditionnelle. L’ensemble est universellement reconnu comme un chef-d’oeuvre, l’exemple le plus célèbre de la sculpture augustéenne. En effet, les personnages en grandeur nature des processions ne sont pas des représentations idéalisées, comme habituellement dans la sculpture grecque, mais plutôt des portraits d’individus dont certains sont reconnaissables aujourd’hui.

arapacis énée - Author unknown

En plus de leur valeur décorative, les bas-reliefs comportent une importance symbolique manifeste. A droite de l’entrée principale, un bas-relief représente Enée préparant un sacrifice. Enée était considéré par les Romains comme le père fondateur de leur civilisation et les gens Iulia, dont faisait partie Auguste, traçaient leur origine généalogique de son fils, Ascagne. Le panneau de gauche, très endommagé, représente Mars et le berger Faustulus lors de la découverte des jumeaux Romulus et Rémus. Auguste voulait ainsi souligner le parallélisme entre l’histoire de Rome et celle du monde alors connu et la continuité historique entre la fondation de la civilisation romaine et sa propre arrivée au pouvoir.

Saturnia tellus - Author unknown

A l’arrière du monument, deux bas-reliefs encadrent la petite entrée. Celui de droite est presque complètement détruit, mais on peut distinguer une personnification de Rome assise sur un tas d’armes. Celui de gauche, par contre, est pratiquement intact et représente une matrone entourée d’enfants, d’animaux, de fruits et de graines avec deux nymphes chevauchant un cygne et un monstre marin, symboles de l’air et de la mer. Le personnage central pourrait être Tellus, la déesse mère, la divinité de la Terre, ou Vénus Génitrix, déesse de la maternité et du foyer, ou la déesse Pax, ou même l’allégorie de l’Italie. Toutes ensembles, elles symbolisent la paix en association avec la personnification de Rome dont les armes sont à terre sur le panneau de droite.

Ara pacis lato est - Author: Sailko

Les côtés latéraux de l’enceinte sont décorés de la procession d’inauguration du monument. Sur un des côtés, l’empereur est entouré des prêtres et des magistrats. Sur l’autre, il est avec sa famille.

L’Ara Pacis se trouvait au nord du Champ de Mars, dans une plaine facilement inondable par le Tibre, où il fut enseveli sous quatre mètres de limon au cours des siècles. Les premiers fragments du monument furent découverts en 1568 sous la basilique San Lorenzo in Lucina et furent dispersés dans les différents musées de Rome. En 1859, d’autres fragments furent trouvés sous le palais Peretti. En 1903, lorsqu’il fut confirmé que les fragments appartenaient à l’Ara Pacis, le gouvernement commença des fouilles pour extraire le monument, mais le palais menaçait de s’écrouler et les fouilles durent être arrêtées. En 1937, pour célébrer le deuxième millénaire de la naissance d’Auguste, Benito Mussolini intervint pour qu’elles reprennent en utilisant les technologies les plus avancées. Le sol sous le palais fut gelé et le monument put être extrait. L’année suivante, Mussolini fit construire un abri de protection un peu plus au nord, près du mausolée Auguste, pour placer l’Ara Pacis. Ce dernier fut reconstitué en y ajoutant les fragments trouvés aux XVIe et XIXe siècles, mais son orientation fut tournée de 90°. En 2006, un nouvel abri fut construit en remplacement de celui de 1938.

Roma - Author: NordNordWest

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