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Fantasmi a Roma

Le vieux prince Annibale di Roviano vit seul dans le vieux palais familial en face de l’église Santa Maria della Pace au centre de Rome. Il cohabite avec un groupe de fantômes, des membres de sa famille qui sont tous décédés de morts violentes. ll y a Poldino, son frère, mort lors d’une explosion dans son enfance; Reginaldo, son arrière-grand-père, tombé d’un balcon pour fuir un mari jaloux; Père Bartolomeo, l’aîné de la troupe, mort empoisonné; et Donna Flora qui s’est suicidée par amour. Personne ne peut les voir, sauf au moment de sa mort, mais le prince est convaincu de leur présence. Il leur parle régulièrement et passe pour un fou auprès de son entourage. Ses journées monotones ne sont interrompues que par les visites fréquentes d’un agent immobilier qui aimerait acquérir le palais pour le démolir et construire à sa place un grand supermarché moderne.

Cette vie tranquille est brutalement interrompue lorsque le prince meurt, comme son frère, dans l’explosion d’une chaudière qu’il tentait de réparer. L’héritier, son neveu Federico di Roviano, est prêt à vendre le palais pour entretenir sa fiancée Eileen, une petite actrice de boulevard. Alors, pour sauver leur demeure, les fantômes demandent à Caparra, un fantôme excentrique et malheureux rival du Caravaggio, de peindre une magnifique fresque dans la chambre à coucher. L’expert, venu apprécier le palais avant sa démolition, se trompe et déclare la fresque du Caravaggio, à la grande fureur de Caparra. Le palais est sauvé: il est déclaré monument historique.

La vie reprend comme avant: le prince Federico, débarrassé d’Eileen qui n’en voulait qu’à son argent, vit dans le palais de ses ancêtres en compagnie de la petite troupe de fantômes qu’a rejointe son oncle Annibale.

Fantasmi a Roma fut l’un des premiers manifestes italiens contre les spéculations immobilières, mais le réalisateur Antonio Pietrangeli sut en faire une comédie fantastique à l’humour subtil et léger. Ce conte merveilleux date de 1961 avec une distribution impressionnante: Ettore Scola et Ennio Flaiano au scénario, Nino Rota la musique et Giuseppe Rotunno à la photo, avec des acteurs de premier plan de l’époque comme Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman, Sandra Milo et Belinda Lee.

Le film et son réalisateur, mort prématurément lors du tournage de Come, quando e perché, sont presque oubliés de nos jours. Ils furent dépassés par les succès des comédies italiennes classiques, le cinéma visionnaire de Federico Fellini et les thèmes existentiels typiques de cette époque. Pourtant, les connaisseurs voient dans Fantasmi a Roma un film sensible et personnel où Pietrangeli touche avec subtilité les thèmes de la solitude et de la nostalgie des grandeurs fanées dans un monde vénal et corrompu.

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