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Palazzo del Laterano

A l’époque romaine, la famille patricienne des Plauzi Laterani habitait sur le site où se trouve actuellement le palais du Latran et la basilique Saint-Jean-de-Latran. En 66 apr. J.-C., un certain Plauzio Laterano, consul désigné, fut accusé d’avoir pris part à la conspiration contre Néron et ses biens furent confisqués. En 226, l’empereur Settimio Severo restitua une partie de leurs possessions aux Laterani et leur nom resta attaché à ce quartier.

Au IVe siècle, l’empereur Constantin Ier entra en possession de la Domus Laterani. Comme la zone était à l’intérieur des murs de la ville et non loin du palais impérial (l’actuelle basilique Saint-Croix-de-Jérusalem), il autorisa la construction d’une basilique chrétienne monumentale et d’un baptistère à proximité de la domus. On ne sait pas exactement quand l’empereur donna cette dernière à l’évêque de Rome, mais on pense que cela pourrait être en 313, durant le pontificat de Miltiade, afin que le synode contre le donatisme puisse s’y tenir. La première référence officielle de l’Eglise concernant ce palais date de 324, lors de la consécration de la basilique par le pape Sylvestre Ier.

Les deux édifices furent gravement endommagés au Ve siècle lors des invasions barbares, puis à nouveau en 896, lors d’un tremblement de terre. Le pape Serge III restaura le palais qui fut, au XIIe siècle, magnifiquement embelli par le pape Innocent III, à tel point que Dante Alighieri le décrivit comme supérieur à toutes les réalisations humaines. A cette époque, le centre de la place devant le palais (où se trouve aujourd’hui l’obélisque) était partiellement occupé par le palais et la tour de la famille Annibaldi. Entre le palais et la basilique se trouvait la statue équestre de Marc Aurèle (que l’on croyait être Constantin Ier) qui fut déplacée en 1538 sur la place du Capitole. l’Aula Concilii, la salle du Concile, occupait le devant du palais. C’était une magnifique salle composée de 10 absides secondaires décorées de fresques représentant les Apôtres et d’une abside principale avec une fresque du Christ et de la Vierge, flanqués de saint Pierre et de saint Paul. C’est dans cette salle que se tinrent les fameux conciles du Latran.

Palais du Latran - Author unknown

Entre le clergé de la basilique Saint-Pierre et celui de Saint-Jean-de-Latran se développa très vite une rivalité dans laquelle chaque partie affirmait posséder les mêmes reliques et revendiquait la prépondérance de son église sur l’autre. Les religieux du Vatican n’hésitèrent pas à traiter ceux du Latran de juifs infidèles. Cependant, comme la basilique Saint-Pierre, avec le tombeau du saint, restait le lieu de dévotion favorisé par les fidèles, le Latran acquit au cours des siècles un nombre incroyable de reliques de l’Ancien et du Nouveau Testaments, telles que l’Arche d’alliance, les Tables de la Loi et le sang du Christ. Par ailleurs, tous les papes depuis Miltiade habitèrent le palais du Latran jusqu’au début du XIVe xiècle, lorsque le pape Clément V transféra le Saint-Siège à Avignon.

Cette décision eut des conséquences désastreuses sur la vie du palais qui fut partiellement abandonné par le clergé. Deux incendies le dévastèrent en 1308 et en 1361 et, malgré les grosses sommes envoyées d’Avignon pour sa reconstruction, il ne connut plus son ancienne gloire. Lorsque le pape Grégoire XI revint à Rome en 1377, il jugea le palais du Latran en trop mauvaise condition pour s’y installer et choisit d’abord la basilique Sainte-Marie-du-Trastevere, puis la basilique Sainte-Marie-Majeure, avant de se fixer à la basilique Saint-Pierre. Au XVe siècle, le pape Nicolas V commença la construction du palais du Vatican qui devint la résidence officielle des papes afin de souligner plus clairement, avec la proximité de la tombe de saint Pierre, leur vocation de guide universel.

En 1586, le pape Sixte V fit détruire l’ancien palais du Latran pour construire le palais actuel. Il choisit l’architecte Domenico Fontana, alors engagé sur le chantier de la rénovation de la basilique. Fontana s’inspira du style régulier et harmonieux que Jacopo Barozzi da Vignola avait choisi pour le palais Farnese. En 1589, le nouveau palais, plus petit que le médiéval, fut inauguré par le pape. La façade est fut achevée sous le pape Clément XII qui la fit décorer de son blason.

TricliniumLeoninum - Author italico

Trois monuments de l’ancien palais survécurent. Le premier est le Triclinium Leoninum, un des murs de la salle des banquets. Il date du VIIIe siècle et donne maintenant à l’air libre. La mosaïque sur la partie supérieure est composée de trois parties: au centre, le Christ et les Apôtres; sur la gauche, le Christ assis entre Constantin et Sylvestre agenouillés; et sur la droite, saint Pierre assis entre le pape Léon III et l’empereur Charlemagne. Ce mur fut intégré dans le Santuario della Scala Santa, construit à la même époque que l’actuel palais du Latran.

Le sanctuaire abrite l’église de San Lorenzo in Palatio, le Sancta Sanctorum, la chapelle privée des papes jusqu’à leur déménagement à Avignon, qui contenait les reliques les plus précieuses. On y accède par la Scala Santa, l’escalier du prétoire de Jérusalem que, selon la tradition, Jésus gravit lors de son jugement par Ponce Pilate. D’autres lieux prétendent conserver cet escalier, mais celui de Rome est le plus célèbre. Il fut démantelé lors de la destruction de l’ancien palais du Latran et reconstruit dans le sanctuaire sans que les ouvriers ne le foulent de leurs pieds. Les pénitents ne peuvent le gravir qu’à genoux et il est actuellement protégé par des lattes de bois pour en ralentir l’usure.

scala-santa - Author unknown

Le nouveau palais sert encore de résidence secondaire aux papes, mais certaines salles accueillent le Musée historique du Vatican, le Musée Missionaire-éthnologique et le Musée d’antiquités chrétiennes. En 1929, les fameux accords du Latran entre le Saint-Siège et le royaume d’Italie y furent signés, mettant fin à la « question romaine » en suspens depuis 1870.

L’obélisque devant le palais date du XVe siècle avant J.-C. Il provient du temple d’Amon à Karnak et est le plus grand obélisque égyptien connu. En 337, Constantin Ier le fit transporter de Thèbes à Alexandrie dans l’intention de l’ériger à Constantinople, mais sa mort, la même année, arrêta ce projet. Son fils, Constance II, préféra l’acheminer vers Rome en 357 et le plaça sur la spina du Circus Maximus, en pendant à l’obélisque d’Auguste (actuellement sur la piazza del Popolo). Il fut retrouvé en 1587, brisé en trois morceaux. Sixte V le fit restaurer et ériger à sa place actuelle.

Roma - Author: NordNordWestLien externe

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