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Tarquinia

Tarquinia est une très ancienne cité étrusque. Elle faisait certainement partie du dodécapole étrusque dont l’un des fondateurs, Tarchon roi de Lydie, lui donna son nom. C’était déjà une cité florissante lorsque le noble Démarate de Corinthe s’y installa en 655 av. J.-C., fuyant des troubles politiques en Grèce. Démarate amena avec lui toute sa fortune et introduisit la culture et la poterie grecques dans la région. Il donna deux rois à Rome, son fils Lucius Tarquinius Priscus qui devint Tarquin l’Ancien et son petit-fils, Lucius Tarquinius Superbus, Tarquin le Superbe.

Après le renversement de la monarchie romaine en 509 av. J.-C., Tarquinia entra plusieurs fois en conflit avec la nouvelle république. Elle fut définitivement soumise vers 295 av. J.-C., pendant la troisième guerre samnite. Dès lors, elle fit partie du territoire romain et devint une municipalité.

tarquinia-Piazza-Cavour - Author unknown

Au Ve siècle, Tarquinia passa sous le domination du roi ostrogoth Théodoric le Grand. Au milieu du VIe siècle, elle fut impliquée dans la guerre des Goths et, dans la seconde moitié du siècle, elle entra dans le duché de Lucca. A partir de cette période, la cité se dépeupla pour n’être réduite plus qu’à un château fort sur une colline. La forteresse, appelée Torre di Corgnitu, donna naissance à un petit noyau urbain qui devint le centre médiéval de Corneto dans les XIe et XIIe siècles.

VitelleschiTarquinia - Author: louis-garden

En 1144, Corneto reçut le statut de commune et fut libre de conclure des pactes commerciaux avec Gênes (en 1165) et Pise (en 1177). Au XIIIe siècle, elle résista efficacement au siège de l’empereur Frédéric II. Également opposée à la domination de l’Eglise, elle fut finalement soumise, en 1355, aux Etats pontificaux auxquels elle resta attachée jusqu’à leur dissolution. En 1435, le pape Eugène IV l’éleva au rang de cité épiscopale. La ville retrouva son nom original en 1922.

Chaque année, Tarquinia célèbre le lundi de Pâques par une grande procession du Christ Ressuscité.

Etruscan_Painting - copyright free

Tarquinia a une très jolie vieille ville, avec quelques monuments datant du XIIe siècle, mais elle est surtout connue pour sa nécropole étrusque de Monterozzi qui contient 6 000 tombes creusées dans la roche et accessibles par un couloir en pente ou par escalier. La plupart d’entre elles, aménagées pour un couple, se composent d’une seule chambre funéraire avec une voûte à deux pentes. La nécropole est célèbre pour ses 200 tombes peintes, dont les peintures murales de grande taille sont exceptionnelles, à la fois par leurs qualités formelles et par leur contenu qui révèle des aspects de la vie, de la mort et des croyances religieuses des Etrusques.

Certaines peintures témoignent d’une relation étroite avec l’art grec et l’on suppose que, dans certaines tombes, les fresques furent réalisées par des artistes grecs en adaptant le goût, la couleur, les coutumes aux traditions du peuple étrusque.

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Les plus anciennes peintures sont du VIIe siècle av. J.-C., mais ce n’est qu’au siècle suivant que cet usage se généralisa et que les peintures couvrirent toutes les parois de la tombe. Avec leurs représentations de la vie quotidienne, de festivités ou de pratiques rituelles, les tombes, dont certaines sont des chefs-d’œuvre de la peinture antique, offrent un témoignage exceptionnel sur des aspects de la civilisation étrusque.

Le musée archéologique national de Tarquinia expose les objets trouvés dans la nécropole et présente certaines fresques détachées et transférées dans des reconstitutions de tombes.

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Les premières preuves d’un intérêt « moderne » pour ces sépultures remontent à la Renaissance. L’intérêt alla ensuite croissant au XVIIe et XVIIIe siècles, époque à laquelle érudits et artistes commencèrent à dépeindre et à peindre les tombes. La plupart des tombes connues aujourd’hui furent découvertes pendant la première moitié du XIXe siècle. En 1834, Louis Ier de Bavière visita le site et ordonna la reproduction des peintures pour décorer la nouvelle Alte Pinakothek de Munich. La nécropole fait partie du patrimoine mondial de l’humanité depuis 2004 avec celle de Bantitaccia.

Tarquinia - Author: NordNordWestLiens externes

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