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Processione del cristo risorto - Tarquinia

La petite ville de Tarquinia commémore le lundi de Pâques par une magnifique procession en l’honneur du Christ Ressuscité. Dans les rues de la célèbre ville étrusque, une belle statue en bois du Christ, conservée pendant l’année dans l’église Saint-Joseph, est transportée à un rythme soutenu par seize porteurs.

La tradition veut que la statue fut commandée par la corporation des charpentiers (les porteurs sont encore habillés du bleu qui caractérisait cette profession). La légende, quant à elle, raconte que l’artiste sculpta une statue supérieure en beauté à toutes celles qui existaient déjà. Lorsqu’il eut terminé, pour empêcher qu’il ne la copie ou n’en fasse une encore plus belle, il fut impitoyablement aveuglé.

Les premières mentions de la procession datent de 1778, dans un manuscrit trouvé dans les archives de la Société de Tarquinia d’Art et d’Histoire. Il est cependant probable que les premières cérémonies autour d’une image sainte remontent vers 1635, lorsque l’église de Saint-Joseph fut achevée. La sculpture actuelle date de 1832, selon une date inscrite sous son socle, et coûta la somme de 122 écus à la Confrérie de Saint-Joseph qui l’avait commandée. L’artiste serait un certain Bartolomeo Canini qui l’aurait sculptée selon un modèle en plâtre du sculpteur Pietro Tenerani.

Cristo-Risorto - Author unknown

L’analyse en détail de la statue permet de voir le symbolisme complexe des différents éléments qui la composent: elle repose sur un nuage d’argent qui représente l’idée même de la Résurrection, lorsque le Christ entra dans la gloire. Derrière la statue des grands rayons d’or symbolisent la lumière divine qui rayonne sur l’humanité. L’aspect du Christ est celui d’un homme plutôt grand pour l’époque, en pleine force, le bras droit levé en signe de salut et de bénédiction. Le geste rappelle l’ouverture des bras du prêtre dans la célébration de l’Eucharistie. Le corps est partiellement recouvert d’un tissu rouge pourpre attaché sur son épaule gauche. La couleur a une signification particulière, le rouge symbolisant le sang versé par les martyrs, tandis que le pourpre symbolise la royauté et le sacerdoce. Le drapeau, tenu dans la main gauche, est comme agité sous l’action d’un vent invisible qui semble porter le message de paix de Jésus-Christ dans les contrées lointaines.

Le Christ est sculpté dans un bois lourd de 520 kilogrammes. Les seize porteurs sont dirigés par un « chef » qui orchestre leur position, le rythme à suivre en fonction de la musique jouée par la fanfare et les manoeuvres à effectuer lors de la marche. Leur tâche est une combinaison de puissance et de précision, qui se transmet généralement de père en fils, de telle sorte que se sont formées des dynasties de porteurs.

Le cortège est ouvert par le « drapeau de saint Joseph », réalisé en 1903 par les soeurs passionistes de Tarquinia, puis restauré en 1935 par les bourgeois de la ville. Il est de couleur azur et représente en son centre un portrait de saint Joseph portant l’Enfant-Jésus dans ses bras.

Suivent six lampadaires qui symbolisent la lumière qui entoure le Christ Ressuscité, sa victoire sur la mort et le péché, une lumière qui illumine le chemin de chaque homme et qui représente l’espoir pour toute l’humanité.

I Tronchi - Author Bruno Ciuffatelli

La procession continue avec 9 grandes croix, surnommées I Tronchi, pesant entre 75 et 95 kilogrammes et mesurant jusqu’à cinq mètres. Les porteurs doivent être particulièrement habiles pour les maintenir droites, ce d’autant plus dans une foule parfois indisciplinée qui ne respecte pas les distances de sécurité. Les croix sont décorées de couronnes de lauriers et de fleurs qui représentent la renaissance de la vie après la mort. Les porteurs qui supportent le poids de la croix symbolisent l’humanité qui accepte la croix de la vie et ne désespère pas grâce au message d’espoir de la résurrection.

La caractéristique la plus unique de la manifestation est la présence de l’équipe de tireurs qui accompagne la procession par des salves de confettis. Le bruit des tirs est considéré comme le signe des bouleversements célestes qui eurent lieu à la mort du Christ, mais aussi, après les jours de silence de la Semaine Sainte, comme une explosion de joie débordante de la Résurrection. Les coups de feu remontent à l’origine même de la procession et étaient alors tirés avec de la poudre noire.

La procession du Christ Ressuscité est l’événement majeur de Tarquinia, un moment où les habitants se rassemblent dans la foi, le partage et la fraternité.

Tarquinia - Author: NordNordWestLien externe

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