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San Benedetto

Le futur saint naquit vers 480 à Nursie en Ombrie dans une famille patricienne. On connait peu de choses sur sa vie, mais quelques informations biographiques (sans date comme il était de coutume dans les hagiographies de l’époque) nous ont été rapportées par le pape Grégoire Ier dans ses Dialogues.

Vers l’âge de 14 ans, Benoît partit à Rome faire ses études, mais au bout de quelques années, vers 500, écoeuré par les vies dissolues de ses compagnons et par la corruption qui régnait dans la ville, il préféra renoncer à la vie privilégiée qui lui était offerte pour se retirer à Affile, une bourgade à une cinquantaine de kilomètres de Rome. Il y vécut quelque temps en compagnie d’hommes pieux qui partageaient son mode de vie.

Un jour que Benoît se rendait dans les montagnes à quelques kilomètres d’Affile, à Subiaco où se trouvaient les vestiges d’une ancienne villa romaine, il rencontra un moine, Romanus, à qui il raconta son histoire. Ce dernier lui conseilla de devenir ermite et lui donna un habit de moine. Pendant trois ans, Benoît vécut dans une grotte au-dessus d’un lac, visité seulement par Romanus qui lui apportait de la nourriture. Il murit, acquit une connaissance de lui-même et de ses semblables et gagna le respect de ceux qui le connaissaient au point qu’à la mort de l’abbé du monastère de Vicovaro, la communauté vint lui demander de le remplacer. Connaissant les moeurs dissolues des moines, Benoît commença par refuser avant de se laisser convaincre. L’expérience se solda par un échec: les moines tentèrent de l’empoisonner et seul un miracle le sauva.

Subiaco - Author: Orarossa

Benoît retourna dans sa grotte à Subiaco. A partir de cette époque, ses miracles devinrent plus fréquents, et beaucoup de gens, souvent nobles et attirés par sa sainteté, vinrent à Subiaco pour être sous sa direction. En l’espace de vingt-cinq ans, il fonda treize communautés monastiques, dont celle qui prendra plus tard le nom de sainte Scolastique, soeur de Benoît et moniale elle-même.

Vers 529, Benoît quitta Subiaco et s’installa à Montecassino. Il fonda un monastère sur les vestiges d’un temple païen dédié à Apollon avec deux oratoires en l’honneur de saint Jean-Baptiste (considéré comme un modèle de pratique ascétique) et de saint Martin de Tours (fondateur des premiers monastères en Gaule).

Montecassino - Author: blog dentrodabota

Vers 540, Benoît établit, à l’intention des moines, une règle de vie, s’appuyant sur la tradition monastique et s’inspirant de Jean Cassien, de saint Augustin et saint Basile. Le modèle de sa règle est la famille dont l’abbé est le père et où tous les religieux sont frères. Benoît organisa la vie des moines à travers trois activités principales: la prière commune huit fois par jour (Opus Dei ou liturgie des Heures), la lecture priante de l’Écriture Sainte ou d’auteurs spirituels (lectio divina) et le travail manuel. Il encouragea également les vertus monastiques traditionnelles: l’obéissance conduit à l’humilité, qui conduit à la charité. Et il imposa le respect de quatre principes essentiels: la modération, la gravité, l’austérité et la bonté. En fait, Benoît indiqua à ses disciples comme objectif fondamental et même unique de l’existence, la recherche de Dieu.

San Benedetto01

Au cours des siècles qui suivirent, cette règle fut progressivement adoptée par un nombre croissant de monastères en Occident; au-delà de son influence religieuse, elle eut une grande importance dans la formation de la société médiévale, grâce aux idées qu’elle amenait: l’idée d’une constitution écrite, du contrôle de l’autorité par la loi, et de la désignation du détenteur de cette autorité par élection, Benoît ayant voulu que l’abbé soit élu par les frères. Encore aujourd’hui, plusieurs milliers de moines et moniales à travers le monde s’inspirent de la règle de Saint Benoît et, à ce titre, Benoît est considéré comme le patriarche des moines d’Occident. Cette performance est d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans une société en décomposition où la paix romaine a depuis longtemps cédé la place aux guerres entre barbares. Il s’agit du legs spirituel le plus important que la période mérovingienne laissa aux siècles suivants.

Benoît mourut en 547, peu de temps après sa soeur, et est enterré à ses côtés à Montecassino. Même si on trouve ses reliques un peu partout en France, surtout à Fleury-sur-Loire, les moines de Montecassino savent que les reliques authentiques reposent toujours chez eux.

Saint_Benedict_Medal - copyright free

Saint Benoît est le plus souvent représenté portant l’habit noir des Bénédictins avec sa règle de vie et une crosse d’abbé. Sur les médailles à son effigie, le verso représente la croix dite de saint Benoît où figurent en abrégé les inscriptions suivantes:

  • C S P B : Crux Sancti Patris Benedicti : Croix du saint Père Benoît.
  • C S S M L : Crux Sacra Sit Mihi Lux : La croix sacrée doit être ma lumière.
  • N D S M D : Non Draco Sit Mihi Dux : Le dragon ne doit pas être mon guide.
  • V R S N S M V : Vade Retro Satana, Numquam Suade Mihi Vana : Arrière Satan, ne me tente jamais par la vanité.
  • S M Q L I V B : Sunt Mala Quae Libas, Ipse Venena Bibas : Ce que tu offres, ce n’est que du mal, bois toi-même tes poisons.
  • PAX est parfois remplacé par IHS : Iesus Homo Salvator (Jésus Sauveur des hommes).

Si l’on en croit la légende, la médaille de saint Benoît est la seule protection efficace contre le cheval Mallet, un cheval fabuleux et maléfique mentionné dans le folklore français du Poitou.

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