Mots-clefs

Les origines de Viterbe sont incertaines, mais on pense qu’une commune romaine fut construite au-dessus des ruines d’un village étrusque. La première mention officielle d’une bourgade appelée Castrum Viterbii date du VIIIe siècle, lorsque le roi lombard Didier fortifia la ville dans sa lutte contre Charlemagne. Plus tard, des documents pontificaux datant de 852 montrent que Viterbe appartenait à l’Eglise.

Au XIe siècle, le bourg s’agrandit et reçut le statut de commune libre avec l’élection d’un consul à la tête de son conseil municipal. Au XIIe siècle, il passa alternativement sous la protection des papes et celle des empereurs. Juste après son élection, en 1145, le pape Eugène III s’y réfugia pour fuir l’hérésiarque Arnaud de Brescia qui contrôlait alors Rome et souhaitait accroître le rôle du laïcat, cantonner le pape à son rôle religieux et lui supprimer son pouvoir temporel. Mais en 1164, la ville devint le siège de l’antipape Pascal III, favori de l’empereur Frédéric Ier Barberousse contre le pape Alexandre III. Avec le soutien de l’empereur, elle conquit les terres avoisinantes et devint riche et prospère.

PalPapiViterbo - Author: K.Weise

Sous l’empereur Frédéric II, la ville se rallia au parti gibelin, mais elle finit par expulser les troupes impériales et se rallia au parti guelfe auquel elle resta, à partir de cette époque, fidèle. Au milieu du XIIIe siècle, sous l’influence du sénateur Brancaleone degli Andalò, le peuple et la bourgeoisie romaine devinrent hostiles à la papauté et se rapprochèrent du parti gibelin. En 1257, le pape Alexandre IV établit alors la curie pontificale à Viterbe et ses successeurs y demeurèrent jusqu’en 1281.

Viterbo_Papi - Author: Kanchelskis

Lors de la vacance du Siège apostolique qui suivit la mort de Clément IV et qui dura du 29 novembre 1268 au 1er décembre 1271, les habitants décidèrent d’enfermer les cardinaux assemblés dans la Salle du conclave du palais des Papes en ne leur laissant que du pain et de l’eau et ôtèrent le toit du bâtiment afin de permettre aux influences divines de descendre plus librement sur leurs délibérations. Quelques années et papes plus tard, lors du conclave qui suivit la mort du pape Nicolas III en 1280, Charles Ier d’Anjou, avec l’aide des habitants, fit emprisonner deux cardinaux opposés à l’élection d’un pape non romain et ce fut le français Simon de Brion qui fut élu sous le nom de Martin IV. Au lieu d’être reconnaissant de l’aide qu’il avait reçue, le nouveau pape jeta un interdit sur la ville et partit s’installer avec sa cour à Orvieto. Ainsi prit fin l’apogée de Viterbe.

Dans les siècles qui suivirent, la ville fut sujette à des luttes intestines entre la famille Di Vico et les papes, jusqu’en 1396, quand le pape Boniface IX établit fermement le pouvoir pontifical. Viterbe devint alors une ville de province dont le destin suivit celui des Etats pontificaux. Au XVIe siècle, elle connut une brève période d’effervescence culturelle et spirituelle lorsque le cardinal anglais Reginald Pole y trouva refuge pendant son exil et y créa un cercle où se réunissaient des personnalités telles que Vittoria Colonna, Giulia Gonzaga, le cardinal Giovanni Gerolamo Morone ou Michel-Ange.

Loggia - Author: Ely Lamb

Le centre historique est un des mieux préservés des villes médiévales de l’Italie centrale et offre de nombreux monuments. Le plus prestigieux est le palais des Papes. Lorsqu’Alexandre IV se réfugia à Viterbe, il fit rénover et agrandir le palais épiscopal de la ville pour en faire le palais des Papes. Les travaux furent confiés à Raniero Gatti, appartenant à une vieille famille influente de la ville. Il construisit entre autres une grande salle pour les audiences connue sous le nom de Salle du conclave, en raison du fait qu’elle accueillit le premier (et le plus long) conclave de l’histoire lors de l’élection de Martin IV. En 1267, Andrea Gatti construisit la célèbre loggia, dite des bénédictions, qui s’ouvre sur le côté de la place entre le palais et la curie. Elle est composée de six arcs en plein cintre qui s’entrecroisent, produisant l’effet de sept ouvertures ogivales s’appuyant sur six colonnes avec des arcs trilobés. Tout au long de la partie supérieure des arcs court un entablement dont la face inférieure est décorée de panneaux carrés portant les armes de la ville, de l’empereur et du pape. La partie de la loggia du côté opposé de la place était originellement dotée du même ensemble d’arcades et de colonnes et couverte d’un toit, mais en 1325, l’ensemble s’effondra et la loggia resta à ciel ouvert.

Chaque année, la ville célèbre sa patrone, sainte Rose, par une grande procession où une centaine de porteurs portent la Macchina di Santa Rosa à travers les rues de la ville.

Viterbe - Author: NordNordWestLien externe

Publicités