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San Felice Circeo est un petit village au bord de la mer méditerranée, au pied du mont Circé. Les premiers habitants venaient du Néandertal, comme l’attestent les nombreuses découvertes d’ossements humains et d’outils dans les grottes du petit massif calcaire. Vers 1000 av. J.-C., les Etrusques et les Sabins s’installèrent le long de la côte et fondèrent des agglomérations, dont Circé qui devint un important centre de commerce. On pense que les Phocéens utilisaient régulièrement le port et auraient raconté les légendes qui entouraient Ulysse, Circé et leurs fils aux habitants qui donnèrent le nom de la magicienne au plus haut sommet du promontoire.

Pendant la période romaine, au VIe siècle av. J.-C., le roi de Rome Tarquin le Superbe fonda une colonie sur les flancs du mont, mais elle devint immédiatement un des enjeux de la guerre qui opposa les Romains aux Volsques. En 393 av. J.-C., les Romains reprirent la ville et édifièrent des murailles pour la fortifier. Cependant, pendant plusieurs décennies, Circeo se joignit aux autres villes de la région pour former la Ligue latine et se révolter, sans succès, contre la puissance de Rome. Un dernier affrontement eut lieu au IIIe siècle avant J.-C., lors de la Deuxième Guerre punique. Rome, finalement, soumit la région et Circeo devint une colonie florissante dont la situation géographique était stratégique. Plusieurs ruines de villas romaines attestent de l’attrait qu’exerçait ce port sur les patriciens romains.

Dans le grand vide qui suivit la chute de l’Empire romain, Circeo fut certainement attaquée et pillée par les barbares, puis par les Sarrasins. Aucun document officiel ne nous est parvenu de cette époque, mais elle dut subir le même sort que les autres villes de la Via Appia. La ville romaine disparut pendant cette période et l’agglomération qui fut reconstruite à la fin du premier millénaire s’appela Rocca Circea. Pendant le XIIe siècle, la ville tomba successivement sous la domination de la famille Formosa, puis des Normands, puis de la famille Frangipane. En 1207, le pape Innocent III acheta le fief de Rocca Circea qui devint un important point stratégique pour la défense des Etats pontificaux. En 1239, lors du conflit entre le pape Grégoire IX et l’empereur Frédéric II, le pape ordonna aux Templiers de fortifier la ville. Les chevaliers rebaptisèrent la ville en Castrum Sanctis Felicis et construisirent des monuments et des fortifications qui sont encore visibles de nos jours dans la vieille ville. En 1301, le fief passa aux mains de la famille Caetani qui la gouverna pendant plus de 400 ans.

Le XVIe siècle commença extrêmement mal pour la ville. Après le traité de Grenade en 1500, le roi Frédéric II de Naples se retrouva dépouillé de ses biens et de sa couronne et partit en exil en France. Alors qu’il faisait étape à San Felice, il rasa la ville des Caetani, farouches ennemis depuis toujours de la couronne d’Aragon. Elle fut reconstruite dans les décennies qui suivirent, surtout grâce à Guglielmo Caetani qui s’engagea à payer de sa poche la reconstruction à la condition que les habitants participassent à la défense de la ville contre les agressions extérieures. C’est de cette époque que datent les tours côtières qui surplombent le littoral.

En 1720 et pour les cent cinquante années suivantes, le fief fut repris par la Chambre apostolique. De 1808 à 1822, il fut loué par le prince Stanisłas Poniatowski, neveu du roi Stanislas II de Pologne. Le prince développa le réseau routier qui reliait la ville au reste de la région, planta des vignes et des vergers et améliora les rives des lacs pour faciliter la pêche. En ville, il fit monter une horloge sur la tour des Templiers, édifia des palais dans le centre historique et construisit une magnifique villa sur les hauteurs. Pendant ces quatorze années, la ville changea de visage et les habitants connurent une véritable période d’aisance.

En 1870, la ville de San Felice Circeo fut rattachée au royaume d’Italie avec le reste des Etats pontificaux. Après la Seconde Guerre mondiale, elle devint un des lieux de prédilection des célébrités de Rome qui y construisirent de magnifiques villas sans que le tourisme de masse n’atteigne la ville. Dans son cimetière, on peut voir les tombes de personnalités comme l’actrice Anna Magnani ou l’américain George Weller, un des premiers journalistes à visiter Nagasaki après l’explosion de la bombe atomique. Depuis 1934, une partie de la commune se trouve dans le parc national du Circé.

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