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Bosa est la seule ville de Sardaigne à avoir été fondée à l’embouchure d’un fleuve. Ses origines sont très anciennes, car on a retrouvé des traces de sépulture datant de la préhistoire. A l’époque romaine, la ville obtint le statut de municipe avec un ordre décurional. A la chute de l’Empire, la Sardaigne entra dans l’exarchat d’Afrique de l’Empire byzantin, mais la lutte permanente contre les Sarrasins finit par l’isoler et provoqua une autonomie croissante des quatre judicats qui composaient l’île. Bosa faisait partie du judicat de Logudoro, dont le chef-lieu était Porto Torres. Au début du XIIe siècle, les habitants quittèrent le bord de mer pour se réfugier quelques kilomètres plus en amont du fleuve Temo, sur les flancs de la colline Serravalle au sommet de laquelle la famille Malaspina avait construit le château qui porte son nom, et fondèrent ce qui est actuellement la vieille ville. A partir du XIIIe siècle, les judicats perdirent peu à peu leur indépendance en raison de la présence croissante sur l’île des Pisans et du royaume d’Aragon et, Bosa se retrouva mêlée aux querelles qui opposèrent les Aragonais et le judicat d’Arborée. Pendant plusieurs années, le château de Serravalle passa successivement aux mains des uns et des autres, jusqu’à la chute d’Arborée en 1420, date à laquelle Bosa entra dans le Regnum Sardiniae et Corsicae.

La ville devint très prospère après l’obtention de plusieurs privilèges commerciaux et du statut de ville royale (bien qu’encore inféodée à la famille Villamarina) de la part du roi Ferdinand II d’Aragon et elle s’agrandit au détriment de sa rivale, Alghero. Mais en 1527, lors de la guerre entre le roi François Ier de France et l’empereur Charles Quint, la Sardaigne fut saccagée par les troupes françaises. Pour se protéger, les habitants de Bosa bouchèrent le fleuve Temo avec d’énormes rochers, préservant ainsi leur ville, mais provoquant le déclin de son activité portuaire et l’arrivée d’une longue période d’innondations et de maladies infectieuses. Lorsque la lignée des Villamarina s’éteignit au XVIe siècle, la féodalité fut abolie et la ville passa directement sous l’autorité royale de Philippe II d’Espagne, mais elle ne connut plus la prospérité d’antan. La population évolua très faiblement, même au XXe siècle, mais c’est grâce à ce manque de vitalité qu’elle réussit à préserver une physionomie historique unique qui fait aujourd’hui son attrait touristique.

On peut voir sa splendeur passée tout au long de ses rues principales et dans son centre historique, riche en églises et en monuments. La cathédrale dell’Immacolata Concezione, le château dei Malaspina, la petite église Notre Dame de Sos Regnos Altos et ses fresques franciscaines, l’église extra muros di San Pietro, le quartier médiéval de Sa Costa ou les anciennes tanneries sont autant de raisons de s’arrêter dans cette petite bourgade sarde dont les côtes ont été classées « cinq voiles » par le guide italien Legambiente. Sans parler de son petit vin blanc doux et liquoreux, la Malvasia di Bosa, le premier vin à dénomination protégée en Sardaigne, et sa gastronomie à base de langouste. Chaque année, Bosa célèbre pendant une semaine le carnaval et, le premier dimanche d’août, elle organise une spectaculaire procession de bateaux sur le fleuve Temo en l’honneur de Sainte Marie de la Mer.

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