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L’université de Ferrare fut fondée en 1391 par le marquis Alberto V d’Este avec l’autorisation du pape Boniface IX. Elle était composée de trois facultés (art, théologie et droit) et eut des professeurs prestigieux, tel que Bartolomeo da Saliceto, Guarino Guarini, Amato Lusitano et Domenico Maria Novara da Ferrara. Elle compta parmi ses plus illustres élèves Nicolas Copernic, Jérôme Savonarole, Giovanni Pico della Morandela, Ludovico Ariosto et Giannangelo Braschi, le futur pape Pie VI.

En 1497, l’université fut le siège de la célèbre dispute de Ferrare qui opposa médecins et humanistes. Suite à une épidémie de syphilis qui avait frappé la ville, Ercole Ier d’Este avait lancé le débat sur les origines de la maladie. Certains, menés par le médecin de la cour, Corradino Gillino, identifiaient la maladie avec le mal des ardents (ou le feu de Saint-Antoine) et en voyaient les origines dans une conjoncture astrologique défavorable, pour ne pas parler de punition divine. D’autres, comme Sebastiano dall’Aquila, professeur de médecine et de philosophie, pensaient que la syphilis était parente à l’éléphantiasis identifié par Claude Galien au IIe siècle apr. J.-C et pouvait être soignée avec du mercure. Enfin, Niccolò Leoniceno, également professeur de médecine et de philosophie à l’université, établissait les origines de l’épidémie dans des conditions climatiques particulières, notamment l’humidité de l’air provoquée par les inondations, et déclarait que la maladie n’avait pas encore été identifiée et, par conséquent, ne pouvait pas être soignée selon les remèdes déjà connus. Le débat s’élargit ensuite pour opposer les partisans de l’héritage grec venant de Pline l’Ancien, ceux qui soutenaient l’enseignement arabo-islamique d’Avicenne et ceux qui recherchaient une voie nouvelle. Ce qui partit d’une simple dispute s’étendit bientôt à toute l’Europe, en particulier en Allemagne, en France et en Espagne, et provoqua ainsi une approche plus scientifique des maladies.

Lors de l’incorporation de Ferrare dans les Etats pontificaux en 1598, l’université se retrouva au rang d’université secondaire. Elle reprit son essor au XIXe siècle pour devenir une des meilleures universités publiques italiennes avec 500 étudiants à la veille de la Première Guerre mondiale. De nos jours, elle compte 12 000 élèves et 600 professeurs. Elle est divisée en huit facultés (architecture, économie, ingénierie, lettres/philosophie, droit, mathématiques/physique/sciences naturelles, médecine/chirurgie, et pharmacie) et comprend des départements de recherches en littérature, histoire, philosophie, biologie, physique, géologie et médecine. Elle entretient des liens étroits avec, entre autres, l’université de technologie de Guangdong et la faculté de médecine de Beijing.

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