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De toutes les grandes villes italiennes, Ferrare est la seule dont le plan d’origine ne dérive pas d’une ville romaine antérieure. Elle ne s’est pas développée à partir d’un espace central, mais selon des axes linéaires, le long des rives du Pô, avec des rues longitudinales et de nombreux carrefours autour desquels était organisée la ville médiévale. Le trait le plus caractéristique de l’histoire urbaine de Ferrare est que la ville s’y est développée à partir du XIVe  siècle et, pour la première fois en Europe, sur la base de principes de planification qui sont encore appliqués aujourd’hui dans toutes les villes modernes. Ce type de développement y est connu sous le nom d’addizione. Ferrare en connut trois: la première en 1386 sous Nicolas II d’Este qui agrandit le territoire de la ville en repoussant les murs d’enceinte vers le nord et organisa cet espace libre en un quartier, traçant un axe routier longitudinal sur lequel vinrent se greffer des rues perpendiculaires qui assuraient le lien avec le réseau existant; Nicolas III renouvela l’expérience en 1450 en organisant une deuxième addizione au sud-est de la ville, sur le modèle de la précédente; et en 1492, Ercole Ier entreprit l’addizione la plus importante en étendant les murs d’enceinte au nord de la ville dont la superficie fut doublée. Grâce à cette dernière extension, Ferrare est la seule ville planifiée à avoir été achevée lors de la Renaissance. Depuis 1995, la ville de Ferrare est classée sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le magnifique Palazzo dei Diamente dans lequel se trouve la pinacothèque nationale de Ferrare fut construit lors de l’addizione de 1492. Véritable chef-d’oeuvre de l’architecte urbaniste Biagio Rossetti, il présente un style de revêtement mural appelé bugnato qui consiste en 8 500 bossages carrés de marbre blanc veiné de rose, taillés en pointe de diamant. Les facettes capturent au mieux la lumière qui se reflète sur les murs, créant ainsi des surprenants effets de perspective scintillants.

Depuis 1866, ce palais héberge dans son piano nobile la pinacothèque nationale de Ferrare, fondée en 1836 pour rassembler et mettre en évidence le patrimoine culturel local, en particulier les oeuvres des grands représentants de l’école de peinture de Ferrare (Cosmè Tura, Vicino da Ferrara, Ercole de’ Roberti, Benvenuto Tisi, Dosso Dossi, Il Bastianino et Carlo Bononi). Une des plus anciennes peintures est le Sogno della Madonna de Simone dei Crocifissi datant de 1355. On trouve également une tempera sur bois d’Andrea Mantegna datant de 1460: Cristo con l’animula della Madonna. Au rez-de-chaussée, la pinacothèque accueille de nombreuses expositions temporaires dédié à l’art moderne.

La peinture représentée sur le timbre est d’Ercole de’ Roberti, aussi appelé Ercole Ferrarese. Elle est intitulée Madonna col Bambino tra due vasi di rose et date de la fin de la vie de l’artiste, entre 1486 et 1496. Cette oeuvre marque un passage vers une forme plus douce et plus naturelle de la peinture liturgique que celles représentées par Tura par exemple. Les roses en particulier sont peintes avec un souci du détail presque botanique pour rejoindre la Rosa Mystica des Litanies de Lorette, tandis que les épines préfigurent le sang de l’enfant qui sera versé lors de la Passion.

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