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Giorgio Morandi naquit à Bologne en 1890. Très tôt, il développa un intérêt dans les arts visuels et il réussit à convaincre ses parents de le laisser étudier à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne. Cependant, sa véritable formation se fit en découvrant les peintres classiques (lors d’un voyage à Florence en 1910) et contemporains (lors de sa visite à la IXe Biennale de Venise en 1911). A la fin de ses études, en 1913, il fut engagé comme enseignant de dessin dans les écoles élémentaires de Bologne, une position qu’il garda jusqu’en 1929. En 1930 il devint titulaire de la chaire de gravure à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne. Politiquement, il fit partie du mouvement Strapaese et son attitude à l’égard du régime de Benito Mussolini fut plutôt positive, mais il fut un des rares artistes italiens qui échappa, après la guerre, au reproche d’avoir été fasciste. Pendant la guerre, en mai 1943, il fit un bref séjour en prison à cause de ses fréquentations avec des partisans du Partito d’Azione. La gloire arriva en 1948, lorsqu’il reçut le premier prix de peinture à la Biennale de Venise. En 1953, il fut récompensé par le grand prix de gravure de la IIe Biennale de São Paulo. Il mourut en 1964, à Bologne.

Lors de ses deux dernières années aux Beaux-Arts, il s’exerça à la gravure en étudiant des reproductions de Rembrandt, puis trouva son propre style en peinture en sortant des canons classiques alors enseignés. A cette époque, ses oeuvres étaient marquées par une forte influence de Cézanne. En 1914, il exposa aux côtés des futuristes, puis se rapprocha de la peinture métaphysique après sa rencontre avec Carlo Carrà et Giorgio de Chirico en 1918. Il suivit Carrà lorsque ce dernier amorça son « retour à l’art classique » qui aboutira au mouvement Novecento.

Pendant toute sa carrière, Morandi se consacra principalement aux natures mortes, composée d’objets habituels comme des pots, des flacons, des bols et principalement des bouteilles, posés sur une table. Avec une grande sensibilité dans les tonalités, les couleurs et l’équilibre de la composition, il peignit les mêmes bouteilles encore et encore dans des oeuvres remarquables par la simplicité de leur exécution. Ses tableaux sont des invitations à la méditation sur ce qui peut et ne peut pas se produire lorsque les trois dimensions sont transposées en deux. Sur l’ensemble de sa vie, il peignit environ 1 350 peintures à l’huile. Parallèlement à ses natures mortes, il peignit des paysages et quelques autoportraits. Il effectua également une centaine de gravures avec une excellente maîtrise du trait.

Il mena une vie tranquille auprès de sa mère et de ses soeurs, sans jamais se marier. A part un voyage en Suisse en 1956, il ne quitta jamais l’Italie et ne voyagea que rarement dans la péninsule. Le seul lieu qu’il fréquenta régulièrement en dehors de sa ville natale fut le petit village de Grizzana (appelé depuis Grizzana Morandi), dans les montagnes près de Bologne, où il passa tous ses étés depuis 1913 et où il peignit ses représentations de paysage. Un peu à l’image de ses natures mortes, il vécut une vie très intériorisée dans une recherche de dépasser la réalité quotidienne jusqu’aux limites de l’abstrait.


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